Le roi Abdallah II de Jordanie s’est déclaré inquiet dimanche au sujet du statu quo entre Israël et les Palestiniens qui selon lui pourrait mener à un nouveau conflit dans la région.
« A chaque fois que nous acceptons le statu quo, nous le faisons jusqu’à ce qu’il y ait une nouvelle guerre. C’est donc une immense inquiétude pour moi », a déclaré le souverain dans une interview à la chaîne ABC diffusée dimanche.
« Si j’en crois mon expérience des 12 dernières années, si nous ignorons la question israélo-palestinienne quelque chose va éclater », a estimé le roi qui précise que « tous les deux ans et demi, il y a soit une intifada, soit une guerre ».
Abdallah II s’exprimait sur ABC au surlendemain d’une rencontre à Washington entre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président américain Barack Obama.
M. Netanyahu a rejeté vendredi la proposition de Barack Obama — lancée jeudi dans un discours au département d’Etat — d’un futur Etat palestinien sur la base des lignes d’armistice de 1967, les qualifiant d' »indéfendables » face au président qui le recevait dans son Bureau ovale.
Interrogé sur le refus d’Israël d’entamer des négociations de paix avec des organisations comme le Hamas qui a signé un accord avec le dirigeant Mahmoud Abbas président du Fatah, le souverain a répondu: « Abbas a clairement indiqué que le Hamas ne ferait pas partie du gouvernement ».
« Il est toujours facile de trouver une excuse pour ne pas faire ce qui est bon », a-t-il dit. « Nous avons besoin de dirigeants courageux pour prendre les décisions difficiles et résoudre cela une fois pour toutes », a ajouté le roi de Jordanie.
Dimanche, le président Obama a assuré Israël lors d’un discours devant une organisation juive américaine de l’engagement « inébranlable » des Etats-Unis envers la sécurité de l’Etat hébreu. Visiblement satisfait, M. Netanyahu a indiqué qu’il « apprécie » l’appel à la paix au Proche-Orient du président américain.
Par ailleurs, Abdallah II dans son entretien à ABC, a estimé que la vague de révoltes contre les pouvoirs en place au Moyen-Orient et en Afrique du Nord — notamment en raison des difficultés économiques — étaient une « piqûre de rappel ».
Le roi Abdallah doit faire face lui-même à des mouvements de protestations en Jordanie depuis le débat de l’année, mais qui n’ont pas pris la même ampleur qu’en Syrie.
Le roi a estimé que les élections prévues à la fin de l’année en Jordanie seraient « le début d’une nouvelle démocratie dans notre pays ».
Il a ajouté qu’il ne se faisait « aucun souci » quant à une éventuelle prise de contrôle du pouvoir par des extrémistes en Jordanie.
WASHINGTON, 22 mai 2011 (AFP)
![]() |
![]() |








































