Une députée arabe israélienne sanctionnée par le Parlement pour avoir embarqué sur une flottille internationale qui tentait de briser le blocus de Gaza a demandé lundi à la Cour suprême de rétablir ses prérogatives d’élue.
Hanine Zouabi, députée du parti nationaliste arabe de gauche « Balad », a qualifié la suspension de ses prérogatives de « persécution politique », selon les médias israéliens.
Des militants de droite ont scandé devant la Cour des slogans hostiles à la députée, la sommant d' »aller rejoindre (le dirigeant libyen Mouammar) Kadhafi » et l’accusant de « trahison », a rapporté la radio publique.
La date de la décision de la Cour suprême n’était pas connue dans l’immédiat.
A la suite d’un débat houleux, la Knesset (Parlement israélien) a voté en juillet 2010 la suspension du passeport diplomatique de Mme Zouabi et de la couverture de ses frais de justice. Il a également révoqué son droit en tant que députée à sortir du pays même si elle fait l’objet de poursuites.
Le recours déposé en son nom par l’association d’assistance judiciaire arabe israélienne Adalah et l’Association pour les droits civiques en Israël (ACRI) accuse le Parlement d’avoir outrepassé ses droits, dénonçant un « précédent qui pourrait saper les fondations du droit à la liberté d’expression politique ».
« Révoquer les droits de la députée Zouabi créerait un dangereux précédent permettant aux représentants de la majorité de punir ceux de la minorité pour des activités politiques avec lesquelles ils sont en désaccord », ont fait valoir les deux ONG dans un communiqué.
L’assaut israélien contre la flottille pour Gaza le 31 mai dans les eaux internationales avait coûté la vie à neuf passagers turcs, provoquant une grave crise dans les relations israélo-turques et soulevant une vague de réprobation internationale.
JERUSALEM, 28 mars 2011 (AFP) –
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