L’idée qu’Israël fournit en abondance des renseignements sur l’Etat Islamique aux USA sert surtout d’appât pour que les Arabes se joignent à la coalition.

Un diplomate occidental anonyme a confié à Reuters, lundi 8 septembre « qu’Israël aurait fourni des images satellite et d’autres types de renseignements pour soutenir la campagne de frappes aériennes menée par les Etats-Unis contre l’Etat Islamique en Irak ». Il a ajouté qu’après qu’on en ait gommé toute preuve de ses origines israéliennes, ces informations seraient fréquemment partagées avec des alliés arabes et turcs »

Les sources des renseignements et du contreterrorisme de Debkafile révèlent que ces boniments font partie d’un jeu bien plus vaste. Bien qu’Israël soit tout-à-fait désireux de partager des renseignements sur al Qaïda et l’EI avec les Etats-Unis, Israël ne transmettrait pas de l’imagerie satellite ni aucune autre forme (essentiellement humaine) de renseignements, en sachant qu’ils pourraient finir entre les mains de la Turquie et, probablement aussi, de l’Iran. L’imagerie satellite est bien trop sensible pour s’en départir et faire cadeau de précieux secrets, comme le trajet du satellite, ses capacités, ses capteurs, le type de résolution et les angles de balayage de ses caméras. Un tel matériel, si on le confie à qui que ce soit, ne peut l’être qu’à un chef d’Etat ami, un ministre de la défense ou un maître-espion, chef d’un grand service ami, dans des circonstances exceptionnelles.

Il y a aussi la possibilité éloignée que ce “reportage” soit destiné à servir comme un signal d’alarme pour attirer l’attention d’Israël sur le fait que ses mécanismes de partage d’information peuvent faire l’objet de fuites sans son autorisation.

Le contenu le plus farfelu des propos de ce « diplomate occidental » serait que « les satellites d’espionnage israéliens survolant l’Irak, selon des angles et des fréquences que ne possèdent pas les satellites américains (?), auraient fourni au Pentagone les moyens de compléter ses informations et de s’assurer de recueillir de meilleures évaluations des dégâts provoqués par ses frappes » après avoir touché des cibles de l’Etat Islamique.

Cela n’a vraiment aucun sens. Tous les satellites espions du monde volent à la même altitude et enregistrent le même type d’angles. Les satellites américains peuvent accomplir n’importe quelle mission dont est capable un satellite israélien. A moins qu’un parti impliqué fasse délibérément allusion au fait que les satellites israéliens n’espionnent pas seulement sur l’action des Américains en Irak, mais aussi sur ce qui se passe en Iran, à la porte d’à côté.

Le diplomate occidental poursuit en avançant l’idée qu’Israël partagerait aussi ces informations « en récoltant des bases de données internationales sur les citoyens occidentaux soupçonnés de rejoindre les rangs de l’Etat Islamique… »

Il commente, admiratif : “Les Israéliens sont très bons sur les données des passagers et l’analyse des réseaux sociaux en Arabe, ce qui permet de se faire une bien meilleure idée pour savoir qui sont ces gens”, dit-il.

Israël aurait certainement été heureux de pouvoir se passer de ce genre de “compliment”.

Cette petite chansonnette dansante a été mise au point par ce “diplomate occidental”, à peine quelques heures avant que le Secrétaire d’Etat John Kerry ne doive atterrir au Moyen-Orient, dans une tentative urgente pour faire monter à bord de sa coalition, dirigée par les Etats-Unis, des partenaires arabes, particulièrement l’Arabie Saoudite et les Emirats, mais aussi l’Egypte et la Jordanie.

Il sait pertinemment qu’il est là pour vivre des moments difficiles. Dimanche 7 septembre, seulement, la réunion des Ministres des affaires étrangères arabes au Caire a décidé de ne pas coordonner ses actions visant à combattre les groupes extrémistes, dont Al Qaïda et l’Etat Islamique avec les Etats-Unis, mais plutôt de poursuivre leur « propre stratégie nationale et régionale contre le terrorisme ».

La Jordanie, le plus proche allié des Etats-Unis, a catégoriquement annoncé qu’elle ne rejoindrait pas la coordination menée par les Etats-Unis. Kerry va donc tomber sur un obstacle de poids, particulièrement au moment où il reste très peu de temps avant mercredi, jour où le Président Barack Obama promet de dévoiler sa propre stratégie visant à ce que sa coalition inflige une défaite à l’Etat Islamique.

Ce diplomate occidental tente donc de faire miroiter la possibilité de renseignements sensibles offerts par les Israéliens, dans la lutte contre le terrorisme – renseignements qui ne peuvent être mis à disposition que par Washington – comme un appât afin de faire réfléchir les puissances arabes réticentes et les amener à soutenir le plan Obama. Washington peut aussi trouver une deuxième sorte d’intérêt à cette tactique de « fuite organisée » : briser l’alliance entre l’Arabie Saoudite, l’Egypte et les Emirats qui a appuyé Israël durant la guerre à Gaza contre le Hamas.

DEBKAfile Article original Analyse Exclusive 9 septembre 2014, 1:13 AM (IDT)

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Arie

Bien vu…