De graves erreurs auraient été commises par l’armée israélienne lors l’assaut contre la flottille humanitaire en direction de Gaza, selon une enquête interne.
JERUSALEM, 12 juillet 2010 (AFP)

L’armée israélienne reconnaît, dans les conclusions de sa propre enquête interne, avoir commis des erreurs sérieuses lors de la préparation et l’exécution de l’assaut contre la flottille pour Gaza, qui a fait neuf morts fin mai, rapportent lundi les médias locaux.

Selon le rapport de 150 pages de la commission Eiland présenté dimanche au chef d’état-major, le général Gaby Ashkenazi, et qui doit être rendu public lundi après-midi, ces erreurs ont été commises « à tous les niveaux de commandement », affirme le quotidien Yediot Aharonot.

Les enquêteurs ont notamment conclu que la marine avait négligé la possibilité que les soldats rencontrent une résistance violente au cours de l’opération visant à empêcher la flottille de forcer le blocus de Gaza. Des extraits vidéo de l’incident survenu le 31 mai montrent les membres du commando israélien pris physiquement à partie lors de leur abordage. Les affrontements sur le navire amiral de la « Flottille de la liberté », le ferry turc Mavi Marmara, ont entraîné la mort de neuf militants pro-palestiniens turcs, et entraîné de nombreuses protestations dans le monde.

L’investigation de l’armée affirme aussi que ces violences auraient pu être mieux maîtrisées si la marine israélienne avait déployé davantage de troupes sur le pont du Mavi Marmara.

Toujours selon les médias israéliens, elle estime enfin que la collaboration entre les agences de renseignements et l’armée a été insuffisante dans la planification du raid, mais aussi que certaines informations étaient erronées.

Outre celle de l’armée, deux autres enquêtes israéliennes sont en cours. Une « commission publique indépendante » comprenant deux observateurs étrangers travaille sur les aspects juridiques, tandis que le contrôleur de l’État a annoncé le 15 juin l’ouverture de sa propre enquête.

Israël s’est opposé à la création d’une commission internationale. L’État hébreu est actuellement confronté à une nouvelle tentative visant à briser le blocus maritime de la bande de Gaza. Parti de Grèce, un bateau affrété par une association libyenne et chargé d’aide humanitaire fait route vers l’enclave palestinienne. À la suite de l’incident du 31 mai, Israël a allégé son strict blocus contre Gaza.

COMPLEMENT D’INFORMATION

Tsahal reconnaît des «erreurs»

La commission du général Eiland n’a examiné que les aspects purement militaires de l’abordage. Crédits photo : AFP
La commission d’enquête militaire exonère les membres du commando mais critique leur hiérarchie.

L’armée israélienne a reconnu que des «erreurs» avaient été commises dans l’abordage sanglant de la flottille internationale à destination de Gaza le 31 mai dernier, sans pour autant critiquer l’opération sur le fond. La commission d’enquête militaire, dirigée par le général de réserve Giora Eiland, a rendu directement son rapport au chef d’état-major, mais a cependant rendu publiques certaines conclusions de son enquête. «Des fautes professionnelles ont été commises dans la collecte et l’analyse du renseignement et dans le processus de décision, y compris à un échelon relativement supérieur, qui ont contribué à un résultat que nous n’avions pas souhaité», a dit le général dans une conférence de presse.

Il a notamment souligné le défaut de communication entre les différentes agences de renseignement israéliennes, qui n’ont pas prévu qu’un «comité de réception» armé pourrait attendre les commandos à bord du navire. Il a aussi critiqué la préparation opérationnelle pour n’avoir pas envisagé d’autres scénarios qu’un abordage. Cela met en cause sans les nommer les responsables militaires de l’opération, en particulier l’état-major de la marine. Le général a en revanche exonéré les soldats du commando, saluant leur courage et leur professionnalisme pour n’avoir ouvert le feu qu’en dernier recours, «lorsque leurs vies étaient menacées».

La commission du général Eiland n’examinait que les aspects purement militaires de l’abordage. L’échelon politique, qui a pris la décision d’intercepter la flottille, et de le faire dans les eaux internationales, pourrait en revanche être mis en cause par une autre commission, dirigée par le juge Turkel.

Un autre navire en vue

Ce panel de cinq personnes, comprenant deux étrangers, a été nommé par le cabinet israélien sous la pression des États-Unis. Il ne dispose normalement que d’un mandat limité, et n’est chargé d’enquêter que sur la conformité de l’opération au droit international. Mais le juge Turkel souhaite pouvoir convoquer des témoins militaires et faire appel à des experts extérieurs. Il pourrait recevoir de la Haute Cour de justice israélienne une extension de son mandat, lui permettant même d’interroger les membres du gouvernement.

Ces enquêtes se déroulent alors qu’un autre navire fait route vers Gaza. Ce cargo, affrété par la fondation de Seif Al-Islam, le fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, était hier au large de la Crète, et pourrait arriver en vue de Gaza demain s’il n’est pas dérouté entre-temps.

Les autorités israéliennes ont cette fois tenté de jouer la carte diplomatique, multipliant les pressions, contactant même la Libye via un intermédiaire, pour que le navire débarque sa cargaison dans le port égyptien d’el-Arish.

Le ministre de la Défense Ehoud Barak a conseillé aux organisateurs d’éviter des «provocations superflues», et de laisser le navire se faire escorter jusqu’au port israélien d’Ashdod ou de se rendre directement à el-Arish.

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Irene_gilpin

Prouesse de ces valeureux soldats qui ont réussi à séparer les agresseurs de ceux qui étaient en arrière, d’avoir ramené leurs camarades au bercail !
Ils se sont limités au danger imminent, en légitime défense, sans faire un bain de sang de l’ensemble de la Flotille, comme cela a été déjà fait dans l’Histoire ailleurs, comme l’espéraient les provocateurs manipulateurs médiatiques.

Quand on voit, tous les jours, un attentat suicide faire au moins 30 morts en pays musulmans, mieux vaut se dire que les 9 Jihadistes de moins du Marmara, équivalent à 270 victimes en moins, plutôt que regretter d’avoir sacrifié les nos héros pour sauver une bande de suicidaires.

Et pendant ce temps médiatique, que font les policiers Turcs sur les Kurdes ? Ils les estropient !
Où sont donc les humanitaires?

On peut toujours faire mieux,certes, mais surement, on peut faire moins bien.

Alainlvy

«  » »La commission du général Eiland n’a examiné que les aspects purement militaires de l’abordage. Crédits photo : AFP La commission d’enquête militaire exonère les membres du commando mais critique leur hiérarchie » » » »
Et comme a l’habitude!!!!
Rappel du Liban 2 et sa catastrophique « gestion »
Je dirais toujours:
A BAS LES CONS
Alain Levy
Marseille