L’Irak a reçu de la Russie une première livraison d’avions de combat Sukhoi pour l’aider dans sa contre-offensive face à la progression des insurgés.
Les Su-25, des avions d’attaque au sol, devraient être mis en service aussi rapidement que possible, afin de renforcer l’aviation irakienne. Jeudi, le Premier ministre Nouri al-Maliki avait annoncé que Bagdad allait acheter plus d’une douzaine d’avions à la Russie, un accord estimé à plus de 500 millions de dollars (368 millions d’euros). 
Lors d’une visite à Damas samedi, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Ryabkov, a affirmé que son pays ne resterait pas «les bras croisés» face à l’offensive des jihadistes en Irak, sans détailler néanmoins l’aide que son pays comptait apporter. «La situation est très dangereuse (…) et menace les fondements de l’Etat irakien» a-t-il déclaré, insistant sur le fait qu’en Syrie comme en Irak, la solution ne pouvait venir que d’un «véritable dialogue national».
L’annonce par Bagdad de cette livraison survient alors que les forces gouvernementales, appuyées par l’aviation, tentent de reprendre la ville de Tikrit, ancien fief de Saddam Hussein, à 160 km au nord de Bagdad. Samedi, des milliers de soldats, appuyés par des chars, des équipes de déminage et des raids de l’aviation, ont lancé l’offensive sur cette ville tombée le 11 juin aux mains des insurgés sunnites. Dans la soirée, des combats ont eu lieu à l’ouest de Tikrit, de même qu’à 20 km au sud, à Dejla, selon des témoins et une source militaire.
Jeudi, l’armée avait repris l’université de Tikrit, sur la route menant vers Baïji (au nord), principale raffinerie de pétrole en Irak. Selon le général Qassem Atta, porte-parole du premier ministre pour la sécurité, l’armée contrôle également désormais la route menant de Bagdad à Samarra, au sud de Tikrit. Outre Tikrit et d’autres secteurs de la province de Salaheddine (nord), les insurgés ont mis la main sur Mossoul, deuxième ville d’Irak, une grande partie de sa province Ninive (nord), d’autres secteurs des provinces de Diyala (est), Kirkouk (nord) et Al-Anbar (ouest).
Une coordination sur le terrain avec les Etats-Unis
L’Irak réclame depuis plusieurs semaines des frappes aériennes américaines contre les insurgés, et des responsables irakiens ont exprimé leur frustration que les accords prévoyant la livraison d’avions F-16 et d’hélicoptères Apache n’aient pas encore été mis en oeuvre. Le général Qassem Atta fait état d’une coordination avec les Etats-Unis «sur le terrain pour étudier les cibles importantes».
Les Etats-Unis, qui se sont retirés militairement du pays fin 2011 après huit ans d’occupation, se sont contenté de déployer des drones pour survoler la capitale irakienne –afin de «protéger» le cas échéant les militaires et diplomates américains– et d’envoyer 300 conseillers militaires. Washington a aussi annoncé un plan de 500 millions de dollars pour armer et entraîner des rebelles modérés en Syrie voisine afin qu’ils participent à la lutte contre l’EIIL, qui ambitionne d’établir un califat islamique à cheval sur l’Irak et la Syrie.
L’offensive fulgurante lancée le 9 juin par les insurgés sunnites, menés par les jihadistes de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), a fait plus d’un millier de morts, selon l’ONU, et poussé à la fuite des centaines de milliers d’habitants.
Les Kurdes mobilisent des troupes
Depuis l’offensive des jihadistes de l’Etat islamique en Irak et au Levant, les autorités de la région autonome du Kurdistan irakien ont autorisé le déploiement d’un nombre sans précédent de Peshmergas, leurs forces de sécurité. Le président de la région, Massoud Barzani, a même appelé les combattants à la retraite à reprendre du service.
Sur une base à quelques kilomètres d’Erbil, la capitale de la région, les recrues ont droit à 45 jours d’entraînement, mélangeant cours de combats –kickboxing, attaque– et maniement d’armes. Quand elles sortiront, elles intégreront les rangs des forces kurdes, réputées excellentes, au moment où leur région doit faire face à un énorme défi militaire, selon Jabbar Yawar, le secrétaire général du ministère kurde en charge des Peshmergas. «On parle d’affronter des terroristes sur un territoire de 1.500 kilomètres, explique-t-il. Nous avons de charmants voisins maintenant….»
Les nouveaux soldats, dont la solde sera de 600 dollars par mois, devront se battre contre des ennemis dont l’expérience du terrain s’est forgée en Syrie et en Irak, alliés à d’anciens soldats de l’armée de Saddam Hussein, avec plus d’une guerre derrière eux.
AFP-LE PARISIEN Article original
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