Des drones Predator armés américains au-dessus de Bagdad, Saoudiens et Jordaniens déploient leurs tanks. Israël reste entraîné par une fixation sur 2 kidnappeurs qui ont pris le large, 6 heures avant que l’alerte ne soit donnée et qui mobilisent toute l’émotion et toutes les ressources des renseignements…

L’Administration Obama a annoncé vendredi 27 juin que des drones survolant Bagdad seraient armés dans le but de défendre l’Ambassade américaine dans la Zone Verte. L’Ambassade était, à l’origine affectée à la mission d’être le gardien du gouvernement central irakien et le symbole de l’unité nationale de l’après-Saddam. Ces fonctions se sont avérées hors de portée, depuis toujours, dès le moment où les américains ont envahi l’Irak en 2003. Aujourd’hui, ces drones armés en sont réduits à retenir l’Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL) et ses alliés sunnites locaux pour les empêcher de prendre possession de la Zone Verte et d’envahir l’Ambassade, dont la plupart des 5.000 membres ont dû être évacués par mesure de précaution.

Le Président Barack Hussein Obama a, de nouveau, décrété qu’aucun soldat américain ne prendrait part aux combats en Irak. Par conséquent, le personnel militaire américain au sol ne serait présent que pour guider les drones vers leurs cibles. Ces cibles ont été définies, samedi 28 juin, par le Général américain Martin Demsey, de l’Etat-Major conjoint des armées, comme devant frapper les chefs de l’EIIL et défendre les installations stratégiques de l’Irak, sans en dire plus, à ce stade.

Debkafile rapporte qu’il faisait référence au barrage d’Haditha sur l’Euphrate. Les combattants de l’EIIL ont pris d’assaut la ville d’Haditha, en l’encerclant ça et là, depuis quelques jours.

Ce barrage est déterminant pour le contrôle des réserves d’eau de la majorité de l’Irak, principalement de Bagdad. Par sa conquête, les groupes affiliés à Al Qaïda consolideraient leur contrôle des raffineries de pétrole et des réseaux de pipeline du Nord de l’Irak

Le Secrétaire d’Etat américain John Kerry, en Jordanie vendredi, a exposé un autre angle de l’imbroglio irako-syrien. Il a estimé que les recrues rebelles syriennes enrôlées parmi les quelques un million de réfugiés syriens, hébergés en Jordanie, pourraient être déployés en Irak pour y combattre l’EIIL.

Ses paroles s’accompagnaient de la demande de l’Administration Obama d’un demi-million de dollars au Congrès, pour armer et entraîner une telle force.

Le Président Obama est, par conséquent, au beau milieu d’un nouveau virage à 180° concernant le théâtre conflictuel irako-syrien et celui-là impliquerait directement Israël, également.

Jusqu’à présent, les rebelles syriens poursuivant un entraînement sous l’égide d’instructeurs américains en Jordanie, étaient envoyés dans le Sud de la Syrie, pour tenir une ligne de front jusque dans les faubourgs de Damas et agir à la façon d’une milice tenant une zone de sécurité entre l’avancée des unités syriennes, iraniennes, des milices du Hezbollah et chi’ites irakiennes et les deux frontières israélienne et jordanienne.

Leur présence dans ce secteur du front de guerre syrien consistait à fournir à Washington un moyen de marchandage et de pression contre le régime Assad.

Cette opération était dirigée depuis une chambre forte souterraine partagée par des officiers américains, jordaniens et israéliens, non loin de la capitale jordanienne, Amman.

La dernière déclaration de Kerry a donné une nouvel objectif de guerre à ce bunker de commandement, devant détourner ces forces rebelles syriennes basées en Jordanie de leur mission préalable, dans le Sud de Damas, pour, maintenant, faire front à l’avancée rapide des Islamistes sunnites d’Irak.

Mais nos sources militaires soulignent à quel point ces forces – bien que bénéficiant d’un appui logistique et des renseignements américano-jordano- israéliens – n’ont jamais connu de succès franc et massif au cours de leur mission syrienne et qu’ils ne devraient guère s’avérer meilleures ni plus efficaces en Irak.

Ailleurs au Moyen-Orient, l’armée libanaise et la milice du Hezbollah se démènent contre le dernier cycle d’attentats-suicide organisés par l’EIIL, lancé la semaine dernière, par deux explosions à Beyrouth, dont l’une menée par une bombe humaine féminine.

Au Sud, les représailles israéliennes relativement et inhabituellement modérées contre des “cibles terroristes” à Gaza, à cause de la « grêle » de roquettes intermittentes qui frappent Ashkelon, Hof Ashkelon, Sderot et le District d’Eshkol, jour après jour, semble souligner la décision du gouvernement et de l’Etat-Major d’éviter, pour le moment, de se laisser entraîner dans le chaudron qui bout tout autour de ses frontières.

Les forces armées israéliennes et trois services de renseignement, le Shin Bet, le Mossad et l’AMAN, sont, en fait, en train de soigner leur blessure d’amour-propre et leur prestige atteint, à cause de l’échec, dans leur chasse massive, tous azimuts, depuis deux semaines, afin de découvrir où se trouvent les 3 adolescents kidnappés le 12 juin.

Une sérieuse introspection est en cours pour examiner la “sagesse” qu’il y avait à envoyer toutes les forces dissuasives de Tsahal contre les kidnappeurs, identifiés depuis comme étant deux agents du Hamas, qui se sont montrés plus malins que toutes les ressources les plus puissantes d’Israël pour disparaître de la surface de la terre avec leurs otages. La conduite d’Israël au cours de cet épisode apparaît, rétrospectivement, plus guidée par les émotions que par le bon sens.

Le Premier Ministre Binyamin Netanyahou s’est laissé distraire et dérouter par sa fixation à en découdre avec le Hamas et l’Autorité Palestinienne de Mahmoud Abbas, afin de le contraindre à traiter ce groupe extrémiste ou à s’en séparer, malgré leur absence presque totale de pertinence et d’enjeu réel, quant aux courants puissants qui balaient et agitent la région toute entière, au même moment.

A peine trois mois après que l’Estimation des Renseignements Nationaux a jugé les perspectives de guerre conventionnelle pratiquement nulles, les cohortes d’al Qaïda s’emparent de vastes zones de territoires en Irak, et frappent aux portes de la Jordanie et de l’Arabie Saoudite.

L’Iran, le Hezbollah – et maintenant l’EIIL – doivent se demander ce qui motive exactement Israël, dans cet étrange comportement. Les Jihadistes d’Abu Bakr Al Bagdadi combattent sous le drapeau de l’Etat Islamique en Irak et au Levant. Et pour eux, le Levant n’est pas juste constitué de la Syrie, du Liban et de la Jordanie, mais aussi de la « Palestine », soit d’Israël. Jérusalem, que l’EIIL considère comme sa destination finale, ferait bien de se réveiller d’urgence ! La Jordanie et l’Arabie Saoudite ont déployé des divisions de tanks à leurs frontières contre les empiètements successifs tentés sur des postes-frontières, par l’EIIL. Ces deux royaumes voisins ne sont plus que la prochaine porte avant des tentatives d’infiltrations en Israël, par l’Est et le Sud.

DEBKAfile Article original Analyse Exclusive 28 juin 2014, 8:23 PM (IDT)

Adaptation : Marc Brzustowski.

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david c

Encore un « article » ….disons « bizarre » …pour ne pas éffaroucher M BRZ ! Comme si Israël ne pouvait pas s’occuper de plus d’une chose à la fois …et naturellement prendre soin de bien le faire savoir !