Comme le montre le site jewpop dans un article publié le 10 juin, nous voilà confrontés à des soupçons d’irrégularités dans l’élection du Grand Rabbin de France. Déjà en novembre 2013, des milliers d’adhérents avaient été troublés parce qu’ils avaient été privés de vote aux élections du Conseil d’administration du Consistoire de Paris.Ensuite, il a fallu rappeler par l’intermédiaire de la presse et d’une pétition publique les règles pour que l’élection du Grand Rabbin de France soit fixée au 22 juin prochain ainsi que le prévoient les statuts de l’Institution.

A deux semaines de l’élection pour le choix du Grand Rabbin de France, il est procédé sans concertation, en catimini et en contradiction avec les statuts des modifications dans les listes de votants. Des électeurs sont exclus et remplacés par d’autres sans critère, sans raison par le « Fait du Prince » qui croit pouvoir le faire en toute impunité. L’opacité de l’Institution, l’absence de débat et de contrôle par des personnes indépendantes viennent encore de se traduire par de graves irrégularités.

L’Institution Consistoriale obéit aux mêmes règles que toute institution nationale. Une liste d’électeurs est établie selon des règles statutaires et ne peut être modifiée avant une nouvelle élection.

Or que prévoient les Statuts du Consistoire Central en la matière ?
L’article 9 des Statuts fixe précisément comment la liste des délégués de chaque association adhérente à l’Assemblée Générale du Consistoire Central est établie :

A partir du moment où cette modalité est la seule indiquée par les Statuts, aucune décision ne lui est opposable.

Le nouveau Conseil d’Administration de l’Association Consistoriale Israélite de Paris a été constitué par l’élection de 14 de ses 26 membres le 24 novembre 2013.

Le 8 janvier 2014, conformément à ses statuts et ceux du Consistoire Central, le Conseil du Consistoire de Paris n’a pas seulement arrêté des « principes généraux » pour savoir comment seraient désignés les représentants de l’ACIP à l’A.G. du Consistoire Central, il a arrêté pour la mandature des quatre ans à venir la liste définitive de ses représentants à l’A.G. du Central.

Ci-joint une liste fournie par l’administration du Consistoire Central et demeurée constante entre le 8 janvier et le 19 mai 2014 (et pour cause, elle aurait dû être constante jusqu’en décembre 2016 ! ).
Cette liste datée du 19 mai est-elle bien celle qui est mentionnée à l’article 9 des Statuts ? Oui. Il suffit de vérifier que des personnes non élues le 24 novembre ont été retirées de cette liste (par exemple : Yves Kamami, Michèle Rotman, Alberto Gabai, etc.) et que de nouveaux élus le 24 novembre y apparaissent (Alexandre Elicha, Sarah Télouk, Yoann Boccara, etc.).

Etait-il possible de la modifier ou d’en établir une nouvelle entre le 19 mai et la date de l’élection du Grand Rabbin de France ? La réponse est dans le fameux article 9, cité plus haut, oui si « l’élection d’un nouveau Conseil d’Administration » s’était produite entretemps !

Est-ce le cas ? Non.

Dès lors était-il conforme aux Statuts que par exemple les noms de Georges Benazera, Gilles Bouchara, Claude Nataf, etc. comme titulaires ou celui de Dorothy Benichou-Katz, Lazare Kaplan, Marc Djebali, etc. comme suppléants disparaissent de la liste définitive datant d’après le 19 mai. Bien sûr que non !

Comme nous l’avons dit, ce sont les pratiques électorales qui ont cours en France qui servent de modèle au fonctionnement des Consistoires. Or le changement de liste électorale pour l’élection du Grand Rabbin de France, que représente la modification de l’Assemblée Générale du Consistoire Central ne pouvait pas intervenir, alors que des candidats avaient pris connaissance de ladite liste et fondé sur elle leur campagne électorale. N’est-ce justement pas ces pratiques qui décrédibilisent l’institution consistoriale ?

On sait par ailleurs qu’au mépris des Statuts du Consistoire Central (Article-27 extraits ci-dessous), un cahier des charges limitant les prérogatives du Grand Rabbin de France a été imposé aux candidats à l’élection du GRF, le personnel du Consistoire Central, exigeant de leur part la signature dudit cahier des charges avant leur entrée pour être auditionnés !

Les modifications de dernière minute des listes des électeurs viennent s’ajouter à l’accumulation des dysfonctionnements commis par les dirigeants du Consistoire.

Cela a déjà largement entamé la crédibilité de l’institution. On peut s’inquiéter que l’absence de respect des règles statutaires dans cette élection jette le trouble sur la validité de leurs résultats, portant ainsi définitivement atteinte à la légitimité et à l’autorité même de la fonction de Grand Rabbin de France.

Avenir du Judaïsme

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Rolandcahen

je me répète mais la culture occidentale disparait le juif n’a plus sa place en occident et notre institution
archaïque le consistoire s’amuse encore avec des petits Mergui des grands Mergui des petits Rabbins des grands Rabbins de France alors que la France en parlant de cet espace terrestre là n’existe plus.
Si le juif raisonne comme les non juifs ce n’est plus la peine d’être juif. Où est la hochma?

david c

Les antisémites ont hélas toujours existé ! par contre si le « grand nettoyage » était accéléré au lieu de s’éterniser , ce serait une bonne chose pour mieux respirer !

kravi

Et qui se frotte les mains ? Les antisémites patentés et ceux qui ne demandent qu’à le devenir.
La démission du grand rabbin Berneim et récemment l’affaire du guet sont de magnifiques carburants pour faire tourner ce moteur obscène.