Le « congrès de la dissidence » prévu dimanche après-midi à Bruxelles et où sont conviés Dieudonné et Alain Soral a été interdit dimanche par les autorités.

Le congrès antisémite à Bruxelles, où est convié le polémiste français Dieudonné, a été interdit dimanche à la dernière minute, mais les organisateurs ont saisi le Conseil d’État pour faire annuler cette décision, qui pourrait donner lieu des débordements.

À Anderlecht, une commune déshéritée de l’agglomération bruxelloise où devait avoir lieu ce congrès, environ 200 personnes étaient massées en début d’après-midi, a indiqué la police, qui leur a demandé de se disperser. Certains manifestants étaient venus avec des ananas, en référence à une vidéo où Dieudonné détourne la chanson Chaud cacao d’Annie Cordy en Shoah nanas, et qui lui a valu une amende de 8 000 euros en France. « Ce n’est pas un geste antisémite, mais on en a marre de cette communauté qui fait de l’argent avec ça » (la Shoah), a expliqué un participant, qui a refusé de donner son identité. « C’est un rassemblement antisémite, sexiste et misogyne et c’est juste intolérable », a réagi de son côté Axel Farkas, un contre-manifestant.
Dieudonné et l’essayiste d’extrême droite Alain Soral n’étaient pas encore sur les lieux. Ils devaient arriver vers 16 heures. Kemi Seba, de l’organisation noire radicale Tribu Ka aujourd’hui dissoute, était lui déjà sur place, a constaté un journaliste de l’AFP.
La tenue du « congrès européen de la dissidence » a été annoncée en fin de semaine par une librairie bruxelloise et le groupuscule d’extrême droite Debout les Belges ! du député Laurent Louis, coutumier des déclarations incendiaires contre les Roms, les Juifs et les médias.
« Une journée de la haine »
Vendredi, la Ligue belge contre l’antisémitisme (LBCA) a déposé plainte auprès du procureur du roi de Bruxelles, pour faire interdire ce qu’elle qualifie de « journée de la haine qui servirait de cadre au pire rassemblement d’auteurs, de théoriciens et de propagandistes antisémites que notre pays aura connu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ».
Outre Dieudonné et Alain Soral, de nombreux polémistes aux positions antisémites sont attendus, ils devaient initialement faire une signature de leurs ouvrages avant de participer à une conférence en début de soirée.
Pour éviter une interdiction, les organisateurs n’ont révélé le lieu de l’événement qu’au dernier moment. Mais aussitôt prévenu, le maire d’Anderlecht a pris un arrêté interdisant le rassemblement et toute manifestation de soutien ou de réprobation. Il a reçu l’appui de la ministre belge de l’Intérieur, Joëlle Milquet. « Nous avons des informations assez inquiétantes (concernant) un certain nombre d’autobus venant de France pour contre-manifester. Il y a manifestement des risques de troubles de l’ordre public », a-t-il expliqué. L’interdiction concerne tant l’organisation que les orateurs et les participants. Elle court jusqu’à ce soir minuit. Un périmètre a été défini autour du lieu où devait se tenir l’événement.
Riposte
Le député Laurent Louis s’est toutefois rendu sur place dimanche. Il en a profité pour dénoncer cette décision et a promis de « ne pas baisser (son) pantalon devant les dictateurs de ce pays ». « Le bourgmestre (maire) se prend pour Adolf Hitler », a-t-il déclaré devant les journalistes, avant d’assurer du caractère non antisémite du rassemblement. « Tout geste déplacé n’a pas sa place », a-t-il avancé, excluant toutefois la quenelle popularisée par Dieudonné de cette liste.
« Il y a des gens qui viennent de Suisse, du sud de la France, de Strasbourg, d’un peu partout, je ne tiens pas à les recevoir comme des chiens. Il y a un minimum de politesse à avoir. Je serai là pour les accueillir et s’il faut nous embarquer, on nous embarquera », avait-il déclaré un peu plus tôt sur la chaîne de télévision RTBF.
Sur le plan judiciaire, les organisateurs n’ont pas tardé à réagir : l’avocat de Laurent Louis a saisi le Conseil d’État afin d’obtenir une annulation de l’interdiction. La décision devrait tomber rapidement. Si l’interdiction est confirmée, les organisateurs affirment « avoir un plan B ».

ce 4 mai, à Bruxelles qui devait servir de cadre au
Dans son communiqué de presse, la LBCA soutenue par le BNVCA citait » les noms de quelques invités à cette première «Foire du Livre antisémite» – Alain Soral, Hervé Ryssen, Kémi Séba, Jo Le Corbeau, etc. ainsi que la participation de Dieudonné M’bala M’bala.
Tous ont été ou sont encore l’objet de poursuites judiciaires en France sur plaintes du BNVCA.
Le BNVCA avait saisi l’Ambassadeur de Belgique en France et requis aussi par écrit l`intervention de Mr Laurent Fabius Ministre francais des affaires étrangères afin qu’ils transmette notre réprobation et notre inquiétude aux autorités belges.
Il etait inadmissible que la Belgique permette que soient tenus, à notre frontière,des discours discriminatoires et que soient présentés ou vendus des manuscrits incitant à la haine raciste en général et antijuive en particulier.
L`antisémitisme violent qui réapparaît en Belgique, est relayé par certaines personnalités politiques.
Par cette décision les autorités belges ont mis un frein aux projets pervers et antisémites de ces négationnistes, révisionnistes que le BNVCA pourchassera et poursuivra en justice, jusqu’à leur totale neutralisation.
Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme
8 Boulevard Saint Simon 93700 Drancy 06 63 88 30 29
Le Président
Sammy GHOZLAN
06 68 56 30 29
Drancy le 4/5/14
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