Objectif : inclure des accords libano-syriens dans le pacte nucléaire iranien.

L’initiative du dirigeant palestinien Mahmoud Abbas, de signer un pacte d’union avec les extrémistes du Hamas, la semaine passée, n’est pas arrivée à l’improviste. Elle s’est inspirée des contacts directs qu’entretient secrètement l’Administration Obama avec le Hezbollah libanais. Abbas a raisonné en se disant que si Washington peut se permettre de lancer le dialogue avec une organisation terroriste, alors il n’y a aucune raison pour que son propre OLP et Fatah ne le fasse pas.

Les sources de Debkafile à Washington révèlent que l’Administration Obama apparaît avoir transféré sur le Liban la doctrine mise au point par Richard Holbrooke pour l’Afghanistan, par laquelle le dialogue avec les Taliban devrait constituer la pièce maîtresse de la stratégie de Washington en vue du retrait des troupes américaines. L’influence d’Holbrooke sur le Secrétaire d’Etat John Kerry remonte à l’époque de sa candidature pour la présidence, en 2004.

Selon le modèle dupliqué en termes libanais, le Hezbollah d’Hassan Nasrallah devient l’équivalent des Talibans du Mollah Omar. Le Hezbollah obtient un score élevé dans la guerre civile syrienne. Son intervention militaire, aux côtés du Président Bachar al Assad, l’an dernier, est créditée pour avoir fait basculer la situation de l’armée syrienne, d’un état de quasi-défaite, en 2013, en triomphe partiel dans des régions-clés de Syrie, cette année. Nasrallah peut se vanter que l’engagement de son mouvement dans le conflit syrien est devenu sa mission centrale et qu’il en demeurera ainsi jusqu’à ce que les forces rebelles et d’Al Qaeda soient finalement vaincues.

Le message que tente de faire passer le chef du Hezbollah, selon la doctrine Holbrooke, c’est que, tout comme le Mollah Omar en Afghanistan, lui, Nasrallah, détient les clés de la résolution de la guerre civile syrienne.

L’Administration Obama a accepté ce principe et décidé de le mettre en oeuvre, afin d’élargir le dialogue qui progresse rapidement avec Téhéran, sur les régions concernées. Le Plan développé à Washington était de profiter de l’élan déclenché par les pourparlers nucléaires et de s’y atteler, dans le cadre d’une vaste entente américano-iranienne, qui comprenne un accord nucléaire complet avec Téhéran, ainsi que des points d’accord afin de résoudre les questions syriennes et libanaises.

Les responsables de l’Administration envisagent que Nasrallah ne tient compte de personne sauf des Ayatollahs à Téhéran. Il peut parler fort, mais il sait que son sort est entre les mains de ses maîtres iraniens. Si l’Iran décide qu’il est temps qu’il s’en aille, alors le rideau retombera sur lui. Son engagement en Syrie est perçu comme totalement contingent des décisions stratégiques prises par les dirigeants iraniens (il était beaucoup moins confiant à l’hiver 2013, alors que les bases intérieures du Hezbollah au Liban étaient percutées de plein fouet par des attentats-suicide meurtriers).

L’Iran détermine également quelles armes seront fournies aux unités du Hezbollah combattant en Syrie, dans quels secteurs ils doivent combattre et comment répondre à ses demandes de renforts.

Selon le point de vue régnant à Washington, l’implication du Hezbollah en Syrie a accru la dépendance de son dirigeant à l’égard de Téhéran. De ce fait, il a peu de marge de manœuvre dans ses contacts avec les représentants américains et s’il se montre rétif, ils sont sûrs de pouvoir se tourner vers Téhéran pour le contraindre à s’aligner.

On pense aussi, dans les cercles de l’Administration, que les échanges secrets saoudiens avec Téhéran finiront par déboucher sur le fait que Riyad accepte le Hezbollah comme un facteur prédominant en Syrie et au Liban.

Cependant, de nombreux experts du Moyen-Orient trouvent que la façon dont les Etats-Unis entreprennent le Hezbollah est aussi naïve que simpliste et ils doutent fortement que la voie choisie amènera Nasrallah –ou Téhéran – au point de servir la volonté ou les objectifs de l’Amérique. Ils établissent un parallèle avec les hypothèses américaines sous-jacentes qui ont, en définitive, surtout réussies à faire dérailler les négociations palestino-israéliennes.

Mais les attentes, quant à cette tentative vis-à-vis du Hezbollah, sont élevées et elles guident fortement les actions du Président Obama, de John Kerry, de la Conseillère Susan Rice à la Sécurité Nationale et du Directeur de la CIA, John Brennan. Ainsi, au début mars, le premier rendez-vous secret s’est déroulé à Chypre entre des officiers de la CIA et des agents des renseignements et de la sécurité du Hezbollah.

Selon un certain nombre de sources des renseignements du Moyen-Orient, deux rencontres de ce style ont été menées et des accords américano-Hezbollah atteints, concernant les situations volatiles en Syrie et au Liban.

Nos sources des renseignements ajoutent que l’Ambassadeur américain à Beyrouth, David Hale, est en charge de préparer ces réunions et de mettre en œuvre les accords obtenus.

DEBKAfile Reportage exclusif 29 avril 2014, 9:12 AM (IDT)

debka.com Article original

Adaptation : Marc Brzustowski.

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