Netanyahu rompt les négociations, du fait du pacte de l’OLP avec le Hamas.
Les Etats-Unis pourraient suspendre la reconnaissance de l’OLP. 
Le Premier Ministre Binyamin Netanyahu a annoncé mercredi soir, du 23 avril, qu’Israël rompt les pourparlers de paix avec les Palestiniens, à la suite du pacte d’unité signé par Mahmoud Abbas avec le Hamas à Gaza. Les Etats-Unis ont informé Abbas que si le Hamas et le Jihad Islamique, tous deux inscrits sur la liste des organisations terroristes, étaient cooptés au sein de l’Organisation de Libération de la Palestine, Washington interromprait sa reconnaissance annuelle (et donc ses subventions à destination) de l’OLP. Ou, pire, comme l’évoque Jonathan Schanzer, dans un Tweet : la réinscription de l’OLP sur la liste des organisations terroristes des Etats-Unis…

Les membres du Fatah-OLP de Cisjordanie, conduits par Azzam al-Ahmad, et le Hamas, mené par le Premier Ministre de Gaza, Ismaïl Haniyeh et l’adjoint du dirigeant du mouvement, Mussa Abu Marzouk, ont signé un pacte à Gaza-City, mercredi 23 avril, afin d’instaurer un gouvernement d’unité nationale « dans les cinq semaines » et tenir des élections présidentielles et législatives, dans les six mois.
Ils ont laissé de côté, par prudence, les sujets qui fâchent, tels que le choix du Premier Ministre, l’arsenal de missiles du Hamas et la stratégie politique du gouvernement unifié.
Ce n’est pas le premier pacte de partage du pouvoir que le Fatah et le Hamas ont signé et ce n’est probablement pas le dernier. Un des signes évidents qu’il s’agit d’un nouveau mouvement tactique, c’est que l’accord signé ne prévoit, à ce stade, la moindre libération d’un seul des prisonniers que détiennent, respectivement, chacun des deux groupes, le Fatah en Cisjordanie et le Hamas à Gaza. Pas plus que l’accord ne contient aucune indication sur la refonte des « services de sécurité », sous quelle gouvernance, alors qu’Abbas doit ses services de sécurité aux Etats-Unis et à la formation américano-jordanienne sous l’égide du Général Dayton, alors que les troupes sécuritaires du Hamas sont liées au bras armé terroriste des Brigades Izz Ed Din al Qassam.
Netanyahu et le Ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman ont mis en garde, par avance, Mahmoud Abbas (Abu Mazen) qu’il devait choisir entre les négociations de paix avec Israël et un accord d’unité avec le Hamas radical, qui est totalement opposé aux négociations avec Israël et refuse de renoncer à la l’usage de la violence (terrorisme).
Pourtant, Netanyahu n’a rien fait pour empêcher la délégation du Fatah de se rendre de Ramallah à Gaza-City, en passant par Israël. Pas plus qu’il n’a fait suite à sa menace de sanctions contre les responsables palestiniens de haut-rang du fait de leur candidature à des organismes de l’ONU, en violation de leurs promesses à Israël et à leur médiateur de paix, le Secrétaire d’Etat américain John Kerry. La simple mise en œuvre d’une sanction relative à leurs déplacements, par exemple, aurait suffi à stopper Assam et Ahmad et à les empêcher de se rendre à Gaza-City.
Ces questions, posées par Debkafile trahissent l’état ridicule de l’actuel processus de paix au Moyen-Orient et les mesures confuses, illogiques, poursuivies par Abbas, qui semble tirer frénétiquement dans tous les sens à la fois.
Il y a deux mois, après avoir transmis des demandes d’adhésion palestinienne à 15 organismes de l’ONU, Abbas a envoyé l’un de ses hommes de confiance, Jibril Rajoub, à Téhéran, pour entamer un dialogue entre l’Autorité Palestinienne et l’Iran. Il en est revenu avec un assortiment de perles : « Si les Palestiniens avaient la bombe atomique, il y a longtemps qu’ils l’auraient larguée sur Israël » et « Hitler aurait pu prendre des leçons d’Israël sur la façon de construire des camps de concentration ».
Pourtant, il a continué à se rendre en Israël, grâce à son laisser-passer VIP et s’est vu invité à s’exprimer à la télévision et à la radio, où il a pu répandre un message de modération et de tolérance, au nom de son maître. Mardi 22 avril, Abu Mazen a invité les reporters israéliens à son bureau à Ramallah, pour déposer de nouvelles conditions en vue de prolonger les négociations durant trois mois, au-delà de la date-butoir du 29 avril, alors même que ses représentants étaient en route vers Gaza-City. Une de ces conditions stipulait qu’il faudrait consacrer toutes les discussions futures à la question des frontières.
Il a aussi annoncé qu’il était prêt à dissoudre l’Autorité Palestinienne et à rendre les clés à Israël, une menace qui s’est vite avérée infaisable.
Kerry et l’émissaire de Netanyahu dans les négociations, Yitzhak Molcho, ont affirmé que des centaines d’heures avaient été dépensées autour de la table, en tournant autour de chaque détail des futures frontières de l’Etat palestinien, y compris Jérusalem et à concevoir les secteurs qui devraient être échangés.
Les exigences, conditions, stipulations et décisions s’échappaient, tour à tour, du bureau d’Abu Mazen, au cours du dernier mois, à tel point qu’elles ont convaincu quiconque concerné par ces questions que l’esprit du dirigeant palestinien était en pleine confusion. Personne à Washington ou Jérusalem ne pouvait savoir précisément ce qu’il veut. Et même ses lieutenants les plus proches pensent qu’il ne sait pas ce qu’il veut et craignent ce qu’il va pouvoir imaginer ensuite.
A Gaza-City, pendant ce temps, son propre mouvement Fatah et son rival Hamas ont célébré leur énième pacte d’unité en neuf ans, bien que pas la moindre clause d’aucun des documents précédents n’ait jamais été instaurée.
Celui-ci est différent pour au moins une bonne raison cruciale. Même en laissant de côté son impact délétère sur le processus de paix avec Israël, il signifie qu’Abu Mazen s’est publiquement allié avec le Hamas , et son propre parti avec le Hamas fondamentaliste, dont le dominion de Gaza est sous la pression du siège de l’armée égyptienne pour complicité et dissimulation des Frères Musulmans fugitifs. Les dirigeants du Hamas à Gaza ont offert aux Frères Musulmans une base pour diriger leurs réseaux terroristes implantés au Caire et dans d’autres villes égyptiennes.
En tant que partie intégrante des Frères Musulmans , le Hamas est aussi condamné en tant qu’ennemi de l’Arabie Saoudite et des Emirats Arabes Unis. Chaque jour, les rapports des renseignements militaires égyptiens Article original s’accumulent sur l’aide logistique et l’entraînement offerts par le Hamas à la nébuleuse des Frères.
Comment, alors, expliquer la logique du recours de Mahmoud Abbas, à de telles extrémités potentiellement dangereuses, pour éviter les négociations de paix avec Israël, en plaçant la totalité du mouvement palestinien en opposition à l’ensemble des gouvernements arabes dominants ?
En réalité, Mahmoud Abbas-Mazen, en qui personne ne croyait, si ce ne sont ses mentors américains et européens qui ont tout fait pour gonfler cette bulle d’illusion imbue d’elle-même, histoire de donner une vie artificielle au « processus », inflige une véritable gifle à ses bonnes fées, en retournant aux sources du terrorisme. Ce faisant, il profère une insulte cinglante aux grandes pays arabes qui cherchent à se débarrasser de, ou, au moins, à marginaliser les Frères Musulmans, comme s’ils étaient les seuls vers lesquels se tourner pour faire valoir la « cause palestinienne »…
De ce point de vue, Abu Mazen a, certainement, redonné une ligne de vie et redoré une nouvelle légitimité à un Hamas pris en tenaille et aux abois, mais cela ne se fera qu’à son détriment, en faisant pâlir sa propre image déjà fort déclinante et décriée, au profit d’une « lutte armée » qui s’exercerait, sans discrimination, autant contre « l’ennemi sioniste » que contre le probable futur Président d’Egypte dans le Sinaï et ses bailleurs de fonds du Golfe. Ce pour quoi Abbas et ses bons sentiments de recomposition « nationale » devra rendre des comptes à d’autres, moins patients, que John Kerry.
Le Hamas est donc le grand vainqueur de cet accord de dupes, puisqu’il subit une crise économique sans précédent, incapable de faire face aux besoins des 1, 5 millions de résidents de Gaza. Grâce à cette relégitimation toute neuve, il va pouvoir recevoir des aides supplémentaires de ses deux parrains internationaux, le Qatar et la Turquie, au moment où ces deux pays sont scrutés à la loupe, pour leur soutien au Jihadisme international et, concernant Ankara, pour l’absence de toute perspective démocratique, et les affaires de corruption et de privations de liberté qui défraient la chronique.
A ce stade, par contre, Israël n’a rien à regretter, puisqu’Abbas lui offre les arguments pour une victoire diplomatique, qui se solde par le retour de « l’agneau palestinien » sous ses vrais atours de loup terroriste prêt à en revenir aux vieilles méthodes qui ont toujours échoué.
Par contre, au moindre tir de missile Grad ou Qassam sur le Sud d’Israël, Abu Mazen, siégeant confortablement à Ramallah, en sera tenu pour le premier et seul responsable, pour l’ensemble des Palestiniens censés vivre sous sa férule. Le Hamas tentera, effectivement, d’importer sa guerre de harcèlement, de Gaza jusqu’en Judée-Samarie, entraînant le genre de répliques dont étaient, jusqu’à présent, épargnés les habitants de la région nord. Ce qui ne fera que renforcer la validité des attentes sécuritaires d’Israël, même si et quand les négociations devaient, ultérieurement reprendre, sous l »insistance des Etats-Unis. Puisqu’Abu Mazen ne sera pas capable de les contrôler, il perdra le peu de vernis qui lui restait, en tant que « partenaire » pour un quelconque « accord ». Il vient donc de rendre un immense service à ceux des Israéliens qui, déjà, à l’origine, n’envisageaient aucune concession, car se doutant de la façon dont ces négociations vides de sens devaient, immanquablement, se terminer, du fait des orientations idéologiques du gouvernorat palestinien.
Sur le plan intérieur israélien, Abbas vient de donner du grain à moudre à tous ses détracteurs, à droite du spectre de la Knesset, qu’il s’agisse de Naftali Bennett, ou d’Avigdor Lieberman, Tsipi Livni devant, maintenant, prendre une retraite bien méritée…
DEBKAfile Reportage Spécial 23avril 2014, 9:11 PM (IDT)
debka.com Article original
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