Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach.
A l’occasion du festival du film « eye on Palestine » qui se déroule en Belgique au cours du mois d’avril 2014, Lia Tarachanski a, le 1er avril, projeté son film (qu’elle dit être documentaire) intitulé : « on the side of the road » (sur le côté de la route). 
Ce film, sorti lors du festival du film sur la Nakba Article original qui s’est tenu à Tel Aviv le 28 novembre 2013, traite des soit disant «
Pour Lia Tarachanski (qui vit à Jaffa après avoir passé son enfance dans l’implantation d’Ariel), Israël s’est construit sur un

Comme pour les palestiniens, la naissance d’Israël correspond, selon elle, à la « nakba » (c’est-à-dire la catastrophe), elle indique avoir construit le film sur la notion de retour, non pas du point de vue des réfugiés mais des auteurs, à travers le témoignage de soldats qu’elle dit responsables de « l’expulsion et du massacre des palestiniens ». En somme, pour la journaliste israélienne, Israël s’est construit, lors des évènements de 1948 et 1967, sur un « projet continu de dépossession » (sic), ce qu’elle essaye d’illustrer dans son film.
Insistant sur le fait qu’Israël serait fondé sur « une idéologie », lorsque son point de vue en serait totalement indemne (?), elle partage l’idée selon laquelle l’Etat d’Israël découlerait d’une pure « mythologie » à l’instar de la thèse développée dans le livre de
Cette présentation de la situation n’est, en réalité, qu’une vision idéologique tronquée des évènements historiques, sans pour autant que la journaliste israélienne en ait parfaitement conscience. En effet, sa perception (qui est également celle d’un ensemble de juifs politiquement orientés à gauche, voire à l’extrême gauche), occulte en réalité la responsabilité arabe pleine, entière et exclusive dans cet évènement que les palestiniens appellent « catastrophe ».
En effet, la guerre d’indépendance lancée par les juifs en novembre 1947, est la conséquence du refus arabe de respecter la résolution 181 concernant le plan de partage de la Palestine du 29 novembre 1947, approuvé par l’Assemblée Générale de l’ONU, à New York qui proposait une partition de la Palestine en trois États, l’un juif (comprenant des juifs et des arabes), l’autre arabe (comprenant également des juifs et des arabes), et Jérusalem sous contrôle international.
Concernant, les lieux saints sous contrôle international, il était prévu qu’il ne serait porté aucune atteinte aux droits existants avec une liberté d’accès, de visite et de transit garantie, à tous les résidents ou citoyens de l’autre État et de la Ville de Jérusalem, ainsi qu’aux étrangers, sans distinction de nationalité.
Le projet international était ainsi équilibré en 1947 : les juifs avaient vocation à être souverains sur une partie des terres (14 500 km2), vivant harmonieusement avec les arabes (550 000 juifs et 450 000 arabes), tout comme dans l’Etat arabe (11 500 km2) qui devait également comprendre une population juive moindre (804 000 arabes pour 10 000 juifs). Enfin, la zone internationale devait être assise sur Bethléem et Jérusalem et comprendre les lieux saints avec une population arabe de 104 000 âmes pour 100 000 juifs.
Les pays arabes et les arabes de Palestine n’ont pourtant pas accepté ce plan, refus qui fut le point de départ de ce qui s’est appelé dans un premier temps conflit « israélo arabe », avant de devenir « israélo-palestinien », lors de la création du peuple palestinien en 1968. Il fallait donner une noblesse à la haine des juifs, en justifiant le différend territorial par le principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
La Nakba est donc la conséquence exclusive du refus arabe de respecter la décision internationale de 1947, non des actes de violence juifs commis sur les populations arabes. En réalité, non seulement les pays arabes ont refusé cette organisation géopolitique du Proche Orient, mais en outre, lorsque la Transjordanie a envahi (avant d’annexer) la Cisjordanie et la vielle ville de Jérusalem en 1949, l’armée arabe a essayé d’effacer toutes les traces de présence juive dans la vielle ville, et a interdit aux juifs d’y accéder, contrairement aux préconisations internationales.

Lia Tarachanski ne doit donc pas occulter cette étape historique majeure de novembre 1947, à l’origine de la fondation de l’Etat juif. Israël ne s’est pas construit sur le départ des palestiniens et la dépossession de leurs terres, mais sur le refus arabe de partager l’ancienne terre ottomane, passée sous contrôle Britannique.
De même, lorsque Israël a engagé la guerre éclair, le 4 juin 1967, il s’agissait de contrer la coalition arabe qui entendait une nouvelle fois anéantir l’Etat juif, opération répétée en 1973, lors de la guerre du Kippour.
S’agissant du droit au retour des palestiniens, rappelons que la résolution 194 du 11 décembre 1948 de l’Onu prévoyant le droit au retour des personnes arabes dans leur foyer, le plus rapidement possible, (pour ceux qui désiraient vivre en paix avec leur voisin) a été respecté et appliqué. A défaut il était prévu des compensations financières pour ceux qui ne souhaitaient pas rentrer chez eux et pour les biens détruits. Il suffit pour s’en convaincre de reprendre le témoignage de la famille d’Emile Shoufani, « curé de Nazareth », parti au Liban lors de la guerre d’indépendance en 1948 avant de revenir dans son village de Galilée au début de l’année 1949.
La journaliste du « The Real News Network Article original » (qui se dit être un témoin de la situation) peut donc se rassurer et cesser de communiquer sur l’absence de retour des palestiniens en Israël (comme le suggère le mensonge international entretenu).
Elle n’est pas non plus obligée d’intérioriser le discours des ennemis d’Israël et se l’approprier : le peuple juif n’a commis aucun crime, qui serait devenu par la suite le plus grand tabou de ce qu’elle dit être « notre culture qui continue de suppurer comme une blessure ouverte que nous refusons de regarder ». Il n’y a, en effet, aucun conflit qui puisse se résoudre pacifiquement par la culpabilisation d’un seul camp et le blanchiment total de l’autre. Si solution il doit y avoir, elle ne se trouvera que dans le partage et la répartition des responsabilités, quant à son déclenchement. Ou la victoire définitive d’un camp sur l’autre. Qu’elle cesse également de lutter contre la « Loi anti-Nakba » du 22 mars 2011, qui interdit le financement public des structures qui organisent des événements marquant la Journée de la Nakba et qui inflige une amende aux autorités locales et autres organismes qui soutiennent le terrorisme, la « résistance armée » ou encore le racisme contre Israël. La Nakba ne fait pas partie de la culture juive. Elle doit donc rester un évènement exclusivement interne au monde arabe, à charge à lui de reconnaître, ou pas, les fautes et erreurs commises par intransigeance irrédentiste, ou logique du “tout ou rien”, toujours en vigueur.
Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach.
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L’extrême gauche version Tarachanski rejoint l’extrême droite représentée par l’antisémite fou Gilad Atzmon.