Prenez n’importe quel produit ou service en forte demande, rendez-le illégal et qu’est-ce qui se passe ? Vous créez une économie fantôme. Vocativ.com, 24 mars –

Dans la plupart des pays, ces marchés subversifs gèrent les transactions de produits comme le sexe, la drogue ou les médias piratés. Mais en Iran, un des censeurs les plus agressifs de l’Internet, les acteurs du marché noir font aussi des affaires sur la vitesse de transmission des données sur le net.

Ces techniciens délinquants aident les Iraniens ordinaires à contourner les interdits du gouvernement sur tous les types de sites, de l’art aux actualités jusqu’aux médias sociaux. Ils fournissent également aux internautes des connexions plus rapides, puisque internet légal ne peut être consulté qu’à une vitesse limitée et imposée de 128 Kbps par le gouvernement, juste deux fois plus rapide qu’un appel téléphonique, et environ 50 fois plus lente qu’une connexion classique américaine à haut débit.

En cherchant à mieux comprendre comment le marché illégal de transmission des données de l’Iran travaille, Vocativ a noté les erreurs d’un employé de la compagnie iranienne du téléphone, Hamid, qui travaille au noir comme l’un des gardiens officieux du monde d’Internet.

Hamid se fait de l’argent en vendant des accès par serveurs proxies qui marquent une nouvelle adresse IP sur n’importe quel appareil qui communique avec ses serveurs. Et puisque le gouvernement cible seulement des adresses IP locales, les utilisateurs employant les services de Hamid sont libres de surfer sur le web à leur guise. Cependant, alors que les censeurs de l’Iran sabotent en permanence le net pour des sites comme le sien, il doit changer d’hôte tous les mois pour rester en avance sur les autorités.

Pour couvrir ses coûts d’hébergement et compléter le revenu de son travail de jour, Hamid facture 15, 40 ou 400 rials iraniens pour respectivement une semaine, un mois ou une année d’accès. Au taux de change actuel, ça équivaut environ à 0,0006 ; 0,002 ; et 0,02 $. Pourtant, ces sommes minuscules reflètent l’isolement de l’Iran du système financier international, et non pas la valeur réelle des revenus de Hamid en Iran. Avec une base de clientèle qui varie entre 1.000 et 2.000 personnes, et une prise annuelle d’environ 60 millions de rials, Hamid peut vivre bien. « Je peux à 34 ans mener une vie que beaucoup souhaiteraient», claironne-t-il.

Heureusement pour Hamid, il est en mesure de profiter du butin de son commerce sans le fort sentiment d’insécurité qu’éprouvent la plupart des hommes d’affaires qui opèrent en dehors de la loi. « Si je me fais prendre, j’aurai quelques problèmes avec le gouvernement, mais rien de très sérieux, pour la plupart, seulement des amendes », dit-il. Il peut également se rassurer du fait que de nombreux responsables gouvernementaux iraniens accèdent régulièrement à des sites interdits comme Facebook et Twitter, où, ironiquement, le pouvoir iranien est présent. « Je n’ai pas peur parce que le gouvernement fait la même chose que moi ».

La seule menace existentielle à laquelle fait face Hamid est la perspective d’un Internet libre et ouvert. En janvier dernier, le ministre iranien de la Culture Ali Jannati a s’est à nouveau étendu sur la futilité des efforts de censure du gouvernement, notant que 4 millions d’Iraniens utilisent déjà Facebook. Jannati a même fait allusion à la levée de l’interdiction du site plus tôt que tard, déclarant que les tentatives de maintenir l’interdiction étaient «ridicules ».

Lorsque nous avons soulevé cette question avec Hamid, il semblait imperturbable. Il croit que les Iraniens continueront à utiliser ses proxies si le gouvernement arrêtait de filtrer : « Ils ne font pas confiance au gouvernement et savent que sans un proxy, le gouvernement piratera leurs comptes et surveillera leurs activités. C’est pourquoi les gens préfèrent payer pour obtenir un disjoncteur de filtre afin d’avoir un accès sécurisé à leurs comptes de médias sociaux ».

Créé le jeudi 27 mars 2014 17:05

vocativ.com Article original

iranmanif.org Article original

La rédaction de JForum, retirera d'office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.

S’abonner
Notification pour
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

0 Commentaires
Le plus récent
Le plus ancien Le plus populaire