Ou est-elle devenue congénitale, à chaque nouvel échec, depuis la décolonisation?
Elle montre, en tout cas, les limites du pouvoir de ses dirigeants actuels. PS : comme beaucoup d’auteurs arabes, le rédacteur ci-dessous semble relater une sorte « d’âge d’or » d’une cohabitation tolérée avec la minorité juive discriminée par le statut de Dhimmi, mais ayant, néanmoins une sorte de rôle traditionnel en monde arabe (guérisseur, médiateur, intermédiaire, bref toutes sortes de fonctions propices au rôle tout désigné de bouc-émissaire intermittent-), qui s’opposerait aux périodes coloniales de l’émancipation, puis au « traumatisme » de l’indépendance politique de l’Etat Juif, où les leaders populistes ont pu s’exonérer de leurs échecs successifs en désignant le « coupable ». Un détour par l’ouvrage de Paul Fenton et le regretté David Littman : L’Exil au Maghreb. La Condition Juive sous l’Islam Article original, relativiserait grandement cette vision idyllique. Le texte est, néanmoins, instructif sur un certain nombre de traits de mentalité, qui, non seulement, persistent, mais redoublent d’intensité, à la lumière de la déroute des révolutions arabes. Il ne dit pas comment ce paysage culturel tout tracé pourrait changer, dans un proche avenir.

Le « Printemps Arabe » aurait pu constituer une occasion de se débarrasser de l’antisémitisme adopté du temps des colonialistes. Mais il ne fait qu’empirer.
Dans son best-seller de 1886, La France Juive, Edouard Drumont– le père spirituel de l’antisémitisme français- écrivait : “Tout survient à cause des Juifs, tout retombe sur les Juifs”. Selon cette vision, le mal n’est pas propre aux sociétés, mais on en remonte toujours les traces jusqu’à l’action néfaste d’une force extérieure commune – (selon Drumont) : le collectif juif mythique . Plus d’un siècle plus tard, la même idée, aujourd’hui incarnée par l’Etat d’Israël, est de plus en plus envahissante dans le monde arabe, et devient récurrente, avec le Printemps Arabe.
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Dans les rues du Maroc, du Bahrein, du Yémen, d’Arabie Saoudite, de Tunisie, autant que dans celles d’Egypte, de Syrie, d’Irak et du Liban, l’une des représentations les mieux partagées et les plus persistantes, entre les libéraux et les Islamistes, les Chi’ites et les Sunnites, demeure leur croyance ancrée en un complot juif à l’origine du chaos social, économique et politique, visant à briser la concorde entre les villes et les Etats arabes, saper les fondements de leur solidarité islamique, et menacer de détruire leurs économies fragiles. Les Juifs ont, majoritairement, disparu du monde arabe, mais ceux qui se cherchent un bouc-émissaire, comme le faisait Drumont, ont trouvé un bon moyen de ranimer le spectre du « Collectif juif tout-puissant » , imaginant par là, une main juive invisible qui conspire pour pousser leurs villes et leurs pays dans la tourmente. Des Tweets, des messages Facebook, des commentateurs radio et TV, des graffitis et des affiches circulent à travers tous les paysages virtuels et réels, soulignant de quelle infâme façon les Juifs renversent les gouvernements arabes et les remplacent par des alliés serviles.

Un Marocain déguisé en Juif, assis sur un comparse déguisé en âne pour symboliser les régimes Arabes, alors qu’ils participent à une manifestation contre la présence d’une délégation israélienne à la 8ème session du parlement de l’Union pour la Méditerranée, face au parlement de Rabat, le 25 mars 2012. (Aida/AFP/Getty Images)
Mais c’est une idée relativement récente. En fait, les Juifs ont souvent été utilisés comme des médiateurs essentiels et une classe-intermédiaire dans les sociétés du Moyen-Orient traditionnel et en Afrique du Nord. Dans la plupart des villages et des villes, des résidents locaux tenaient les Juifs pour être des gens de bonne foi. Même les Sultans s’entouraient de grands commerçants, conseillers et d’ambassadeurs juifs, et s’appuyaient sur leurs conseils pour revigorer l’économie et établir des relations avec des puissances étrangères.
Effectivement, alors que les Juifs pouvaient incarner des forces menaçantes dans la vision du monde de beaucoup de traditions moyen-orientales, leur identité culturelle, dans les sociétés arabes tendait à être associée au même genre de danger que représentaient les femmes – ce qui signifiait qu’aussi longtemps que les Juifs pouvaient être sous contrôle, comme les femmes, alors leurs patrons musulmans n’en avaient rien à craindre. Les Juifs, aussi bien que les femmes se voyaient, par exemple, interdire d’entrer dans les greniers ou les jardins et de s’approcher des ruches, parce qu’on pensait que leur présence serait une menace pour la récolte annuelle.
Cette équivalence explique pourquoi il était largement accepté, dans beaucoup de régions du monde arabe, de laisser un homme juif seul en présence de femmes musulmanes, sans être accompagné de membres masculins du foyer : on supposait qu’il était faible et sous contrôle, donc inoffensif. En pratique, cela voulait dire que les colporteurs juifs avaient accès aux foyers musulmans, alors que les commerçants musulmans se voyaient refuser un tel accès.
On croyait aussi que les Juifs étaient des faiseurs de pluie et qu’ils pourraient apporter une bonne récolte, en garantissant la fertilité des sols. Des récits populaires des tribus arabes et berbères, à travers l’Afrique du Nord, déclaraient que le Prophète Mahomet et ses compagnons priaient pour que la pluie tombe, après une grave sécheresse et qu’ils n’y sont parvenus que lorsqu’un vieux Juif est entré dans un cimetière, y a pris un os, et a commencé à prier avec ses coreligionnaires juifs : au beau milieu de leurs prières, la pluie a commencé à tomber. Aussi bien les Arabes que les Berbères attribuaient ce pouvoir au fait que les Juifs sentaient mauvais et qu’ainsi, donc, D.ieu gratifiait leurs demandes d’obtenir des douches grâce à la pluie – mais que néanmoins, en période de sécheresse, on appelait les Juifs afin qu’ils prient pour avoir de la pluie, même s’ils n’étaient pas autorisés, de façon typique, à s’approcher de la source du village, par crainte qu’ils puissent la contaminer.
Le pouvoir de soigner les maladies étaient, en de nombreuses occasions, la prérogative exclusive de Rabbins juifs et de saints hommes. Les femmes musulmanes stériles se tournaient vers des « saints » juifs locaux, dans l’espoir de tomber enceintes ; les familles allaient, parfois, quérir les bénédictions des Rabbins pour soigner l’infertilité, la maladie mentale, la paralysie et l’épilepsie. Des femmes, et aussi parfois des hommes, faisaient pèlerinage près des sanctuaires juifs de leur village local, en y déposant des bougies ou des pièces de monnaie sur le site, et parfois, en accrochant des bouts de vêtement à un arbre ou une plante près de la tombe à laquelle ils confiaient leurs demandes. (En certains endroits, ces traditions persistent encore : des visiteurs de la région autour d’Errachidia, dans le sud du Maroc, aussi connu sous le nom de Ksar Souk, accrochent des piles de vêtement, des poils, des colliers et parfois des soutien-gorge et des sous-vêtements de femmes sur un arbrisseau autour des tombes de trois Rabbins connus localement comme étant : Yihia Lahlou, Moul Tria, et Moul Sedra.)
Pourtant les Juifs et, parfois les Chrétiens – leurs homologues en marginalité, dans le monde musulman – pouvaient aussi être associés au mal, dans certains contextes. On pensait que la malédiction d’un Juif était bien plus redoutable que celle de coreligionnaires musulmans ; les pèlerinages religieux faisaient de grands détours pour éviter de croiser des Juifs avant de voyager vers la Mecque. On demandait aux Juifs d’apporter des formules de prévention pour se protéger contre le mauvais œil et les mauvais esprits, mais l’on croyait aussi que lorsqu’un Juif entrait dans une maison musulmane, les anges la désertaient.
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Bien que l’antisémitisme français soit arrivé en Algérie avec les colons du 19ème siècle, l’antisémitisme de type européen a pris racine bien plus tôt en Syrie et au Liban, où il a été importé par les membres de certaines communautés chrétiennes. Mais, alors que le colonialisme français s’établissait à travers le Levant et l’Afrique du Nord, il a profondément changé le statut des Juifs, de celui d’hôtes tolérés sous conditions, à personnes disposant de la pleine citoyenneté, et la perception culturelle des Juifs a été bouleversée, de la perception de voisins faibles à celle de collaborateurs auxquels on ne pouvait pas faire confiance – et d’ennemis potentiels.
Aujourd’hui, les perceptions encore relativement positives des Juifs dans le monde arabe sont remplacées par un discours anti-juif totalement intégré, qui mélange les interprétations chrétiennes et islamiques de ce que l’on croit être un mal inné chez les Juifs , qui pénètre tous les secteurs de la vie. Au cours des 70 ans passés, l’indépendance politique des Juifs, dans le cadre de l’existence d’Israël, n’a fait que renforcer la superstition en une conspiration juive mondiale. Au Maroc, Hamid Chabat, le Secrétaire-Général du Parti Istiqlal, a déclaré que le movement du 20 février et le Printemps Arabe sont la conséquence d’une conspiration sioniste, comme celle imaginée dans Les Protocoles des Sages de Sion. En Tunisie, les militants salafistes ont prétendu que des universitaires, comme Habib Kazdaghli, sont des Juifs dissimulés et ont crié des slogans appellant à “ Tuer les Juifs! C’est notre devoir ! »En Libye, la rumeur a circulé que Mouammar Kadhafi était d’origine juive et, quand les Libyens se sont dressés contre lui, ils ont couvert les murs de Benghazi et Tripoli de graffitis décrivant Kadhafi avec l’étoile de David. Une chanson de rap arabe s’intitulant : « Cette Révolution », contenait les paroles suivantes : « Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, soulevons-nous, soulevons-nous ! La colère jamais ne tarira, celui qui mourra c’est Kadhafi, et tous ses partisans et les Juifs ! ».
En Egypte, de nombreux manifestants du Square Tahrir tenaient des pancartes avec la photo de l’ancien homme fort, Hosni Moubarak – qui a maintenu l’accord de paix de Sadate avec Israël – où était imprimée l’étoile de David et criaient : “Dégages, Dégages, Moubarak ! Tel Aviv t’attend ! ”. Mais, actuellement, une autre rumeur lancée par ses adversaires, circule sur le successeur de Mubarak, le Général Abdul Fattah el –Sissi, prétendant que c’est un Juif. En Syrie, la famille de Bachar al Assad et ses partisans alaouites sont confrontés aux mêmes cris et chuchotements : dans les zones rurales de Dera’a, les manifestants syriens criaient que la famille Assad et ses partisans alaouites sont des Juifs. La famille royale saoudienne et d’autres chefs d’Etat du Golfe, comme au Bahrein, au Qatar et dans les Emirats ont aussi été dépeints périodiquement – comme les descendants des tribus juives pré-islamiques qui vivaient dans la Péninsule Arabe. Même l’ancien président d’Iran, Mahmoud Ahmadinedjad, s’est vu affubler de la dénomination de “Juif” par ses détracteurs.
Ces exemples et bien d’autres sont tapies dans les recoins de la conscience de différents cercles du monde arabe. Cette prévalence redécouverte, aussi bien parmi des groupes populistes qu’intellectuels, illustre le chaos conceptuel qui règne à la suite des soulèvements du Printemps Arabe. La carence de gouvernance au sein des mouvements du Printemps Arabe, qui aurait pu traduire cette colère en réseaux constructifs ayant un agenda viable et clair, en matière d’économie, de social et de politique, a laissé un vaste champ ouvert à la propagation des théories de la conspiration, renforçant l’idée trompeuse sur la façon dont les Juifs seraient responsables d’avoir changé les « printemps » arabes en « hivers ».
Mais c’est aussi, l’histoire tout juste capable de bégayer : durant l’ère postcoloniale, chaque fois que des populations arabes ont échoué à réaliser leurs objectifs, des dirigeants politiques, et parfois, des intellectuels se sont tournés vers la conspiration pour justifier leur propre défaite. Cette mentalité a généré un état d’esprit qui, comme l’a expliqué l’érudit Mahdi Elmandjra, refuse de se livrer à la moindre autocritique . De cette façon, une obsession congénitale de l’étranger, qu’il s’agisse d’une Europe ou/et d’une Amérique impérialiste –« l’Occident » – ou simplement d’un « Juif » mythique, est toujours là pour qu’on puisse l’accuser.
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Par Aomar Boum,
tabletmag.com Article original
Adaptation : Marc Brzustowski.
La rédaction de JForum, retirera d'office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.
que ce soit avec les petro-dollars ou avec les genreuses aides sociales Francaises ou autres, tout ce que les arabes ont developpe ou recupere est la haine envers nous, a croire qu’ils sont une degenerecense de l’occident.
cette logorrhée absurde prouve que n’importe quelle idiotie pourrait générer des quantités de développement, par n’importe qui (pour éviter de qualifier de manière désobligeante son auteur).
{{Nous sommes 17 936 100 Juifs dans le Monde et on représente un danger pour la planète .}}
{{Je pense que ce sont les Juifs du Botswana ( 100 ) qui sont les plus dangereux aprés ceux qui vivent dans la bande de Gaza ( 0 )}}
{{ {{Quand les Juifs vivaient avec les arabes ils avaient comme seuls alliés ……….. les moutons .}}
{{Moutons ou Dhimmis c’est KIf Kif .}}
Les arabes de gaza appelaient les juifs « les juifs de la pluie » car avec eux est arrivée la pluie et le désert a refleuri. Ce bel article montre bien le paradoxe dans lequel sont plongés les arabos-musulmans à l’égard des juifs: fascination-répulsion. Je sais par ailleurs qu’ils consultent régulièrement les sites juifs ou pro-israéliens et à ce titre je salue tous nos frêres musulmans en leur disant de laisser tomber le coté répulsion car celui-ci vous bouffe l’ame et vous rend malade. N’écoutez plus les faiseurs de haine qui vous rongent le cerveau, les dieudonné et compagnies…Lisez par vous-même le coran et voyez toutes les sourates qui appellent au retour des juifs sur la terre d’Israel, bref reprenez votre vie en main…Shalom, salam