Le maintien et le développement de l’identité juive, et non l’Alya, occupe le rôle central pour Israël. Une révolution se met en marche, avec des propositions surprenantes, mais en gestation depuis longtemps.
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Un site internet conjoint de l’Agence Juive et du Gouvernement israélien est à l’origine d’un remue-méninges pour savoir comment unifier le peuple juif, bien qu’il obtienne, pour le moment, des résultats mitigés.

Natan Sharansky est un homme plein de ressources et de contradictions apparentes. Dans la Russie soviétique, où seuls les mariages civils étaient autorisés, il a épousé illégalement sa femme Avital, au cours d’une cérémonie religieuse dans une synagogue à Moscou. Et, en 2009, lorsqu’il a été nommé Président de l’Agence Juive pour Israël (qui, entre autres missions, agit comme l’outil historique pour l’immigration des Juifs du monde entier), prenant une décision violemment critiquée, Sharansky a fermé son département de l’Aliya.

Dans les deux cas, le raisonnement est, pourtant, le même : démontrer l’importance de l’identité juive. Pour Sharansky, cela se réalise par le respect et la connaissance du Judaïsme et de l’histoire juive, dont Israël est l’aboutissement, et c’est la voie à suivre pour créer un peuple juif unifié.

“Ce qui paraissait, tout d’abord, inimaginable, c’était que le gouvernement israélien voudrait aussi que le renforcement de l’identité juive devienne une priorité”, confie Sharansky à Times of Israel, lors d’un bref entretien, visant à discuter la nouvelle initiative gouvernementale conjointe JAFI, une session Internet de 96h de brainstorming (remue-méninges) Article original appelée : “ Assurer l’avenir des Juifs Article original.”

Prévue à l’origine pour une durée de 3 jours, débutant le dimanche 16 février, la réunion internet animée s’est prolongée jusqu’à 9 h du matin, jeudi, alors que les personnalités et les Institutions de la Diaspora continuent de s’y faire enregistrer, de plus en plus nombreuses, avec quelques 2.100 utilisateurs au dernier recensement. Cet évènement Internet est organisé par l’Agence Juive, le Gouvernement israélien et l’Initiative Conjointe du Monde Juif, et a démarré par une rencontre de 120 experts professionnels du Judaïsme global, en novembre 2013.

Son but? Créer un débat le plus large possible, intégrant le plus de voix possibles sur une gamme de sujets variés, allant de l’éducation juive au Tikkun aolam et aux expériences israéliennes.

Déjà en août dernier Article original, on murmurait à propos d’une nouvelle initiative, en provenance du bureau du Premier Ministre, avec des commentaires sur un budget massif qui lui serait consacré, de l’ordre de 300 millions de $ (100 millions de la part du gouvernement et le reste provenant de donateurs) pour aborder des sujets comprenant l’éducation juive dans les institutions juives et la défense d’Israël sur les campus. Selon un récent reportage de JTA, le gouvernement d’Israël attribuera 1, 4 milliard de $ à l’ Initiative pour le Judaïsme Mondial , au cours des 5 prochaines années. L’idée fondamentale de l’Initiative est d’entraîner la communauté juive mondiale à se rapprocher d’Israël et Israël des Communautés juives, métaphoriquement et physiquement.

Sharansky daterait de bien plus tôt, cette préoccupation nouvelle sur l’importance réciproque des relations mutuellement bénéfiques Israël/Diaspora.

Dans les premières années de l’Etat, il existait une sorte de “paternalisme” mutuel entre Israël et la Diaspora, expliquait cette semaine Sharansky. Les dirigeants israéliens percevaient la Diaspora comme une source pour l’Aliya et les financements, et la Diaspora percevait Israël comme « son pauvre petit cousin qui avait besoin d’être sauvé » –de lui-même ?-. Récemment, une prise de conscience de plus en plus forte, se fait autour de l’idée que chaque communauté juive a besoin de l’autre.

“Ce qui a commencé de se produire, au cours des 10-15 dernières années, c’est que la Diaspora a découvert qu’elle avait besoin d’envoyer ses enfants vivre une expérience israélienne pour conjurer l’assimilation« >Article original et qu’Israël a compris que pour combattre les sentiments anti-israéliens, nous avons besoin de groupes menant la défense et construisant le plaidoyer » pour l’Etat juif, affirme Sharansky, pointant en direction de « nos meilleurs alliés », les Juifs de Diaspora.

C’est ainsi qu’en 1998-99, le gouvernement israélien a décidé d’investir de l’argent pour le renforcement de l’identité juive de la communauté américaine, sous la forme du programme naissant Taglit

“Je me rappelle des débats au sein du gouvernement – “devrions-nous mettre l’argent des contribuables pour payer les voyages de riches Juifs-Américains ? », dit Sharansky.

Lors de son premier mandat en tant que Premier Ministre, Binyamin Netanyahu avait compris les avantages stratégiques pour Israël, dans ce programme « Droit de Naissance » et avait déclenché le financement gouvernemental. Actuellement, c’est encore un gouvernement dirigé par Netanyahu qui est prêt à investir lourdement pour les Juifs de Diaspora.

Sharansky a affirmé cette semaine que, déjà en 1998, on entendait des voix au sein du gouvernement, qui demandait pourquoi l’Agence Juive “s’implique dans le tourisme”. De la même façon, des Juifs à travers le monde, se demandent pourquoi Israël devrait s’impliquer dans des questions d’identité juive.

Aujourd’hui, le programme Taglit est considéré comme un succès et un tel financement est un acquis. Un sondage 2012, du B’nai B’rith Article original montre que 80% des Israéliens soutiennent le financement d’un programme d’expérience israélienne pour la jeunesse de la Diaspora.

Egalement dans ce sondage, 56% des Israéliens soutiendraient l’idée d’un “Parlement juif”, élu et choisi par les Juifs de Diaspora , mais les sondés objectent à l’idée que les Juifs de Diaspora puissent bénéficier d’une représentation au sein de la Knesset.

La semaine dernière, cependant, le Ministre des Affaires de la Diaspora, Naftali Bennett, a confié au JTA que les Juifs hors d’Israël devraient avoir leur « mot à dire » sur les affaires du gouvernement israélien, et a suggéré d’offrir une « semi-citoyenneté » aux Juifs de Diaspora , en disant : « C’est notre Etat, mais je veux que les Juifs de l’étranger puissent avoir leur mot à dire ».

Ce qui a d’abord, bien fonctionné, dans les relations Israël-Diaspora juive ne marche plus, affimait Bennett, faisant écho aux sentiments de Sharansky. « Plutôt que de voir la Diaspora comme un valet , le nouvel objectif est de garder les Juifs de Diaspora et de les connecter à Israël, même s’ils ne font pas l’Aliya… Cela représente un grand changement. Israël n’a jamais intensifié son action en ce sens » confiait Bennett au JTA.

Aliya par choix versus émigration par nécessité

En analysant les procédures de travail de l’Agence Juive, depuis 2009 qu’il en assume le poste, Sharansky a découvert un chevauchement d’émissaires multiples qui font doublon – l’un à l’éducation juive, l’autre à la défense d’Israël, à l’Aliya, etc. – entrant en compétition pour le même auditoire au sein des communautés de Diaspora. Réalisant que la clé pour la réussite d’une communauté juive, en Israël et à l’étranger, c’est d’avoir des Juifs fiers de s’identifier comme tels, Sharansky « a fait tomber le mur » et a confié à ses émissaires la mission de créer des opportunités visant à renforcer l’identité.

“Nous avons fait tomber le mur entre la lutte pour l’Aliya et la lutte pour l’éducation juive” affirme Sharansky.

De façon intéressante, l’antisémitisme , qu’on a longtemps pensé servir d’impulsion pour l’Aliya, est, à présent, un facteur dissuasif.

Comme l’a expliqué le porte-parole de JAFI, Avi Mayer, dans une conversation, cette semaine : « Nous entendons ces affirmations péremptoires disant que l’antisémitisme est « bon pour l’Aliya », et qu’ainsi les Juifs viendront en Israël, ce qui serait bon pour l’Agence Juive. C’est exactement le contraire qui se passe : pour chaque juif qui vient en Israël, huit autres tournent le dos et quittent leur communauté juive ».

L’Agence Juive recherche à ce que les Juifs fassent l’Aliya à partir d’une position de force, explique Mayer. Dans une époque d’Aliya de choix, opposée à l’émigration à grande échelle précédente, à cause d’influences extérieures négatives, le Juif qui décide de vivre en Israël est quelqu’un qui s’identifie fièrement comme tel et s’aligne en phase avec le narratif du peuple juif.

Selon la perspective de l’Agence Juive de Sharansky, les jeunes qui font l’expérience des programmes pour Israël et renforcent leur identité juive peuvent, tout autant, soit faire leur Aliya, soit rentrer chez eux dans leur communauté, en tant que leaders de groupes de jeunesse juive actifs et engagés, en phase avec le narratif du peuple juif unifié.

Pour rassembler les contributions de la base, dès à présent, sur ce sujet et d’autres thèmes évoqués cette semaine, l’Agence Juive et le Gouvernement israélien se tournent vers le peuple juif pour émettre des idées sur le façonnement de ce narratif, dans une nouvelle session en ligne, l’expérience « jam session » faire un bœuf »>Article original.

L’expérience du site Internet.

L’auteur de cet article s’est inscrite sur le site Internet, dès son annonce, la semaine dernière et a cherché instamment plus d’information concrète. Accès refusé.

Apparemment, pris par la décision stratégique de créer un buzz, les pouvoirs ont suspendu toutes les activités du site internet, excepté son existence tellement célébrée, jusqu’au lancement de la « jam session ». Dimanche, en même temps, j’ai commencé à recevoir une quantité d’e-mails.

Après m’être enregistrée, depuis le lancement de dimanche matin, j’ai été accablée d’une quantité de textes purs sur le site et renvoyée sur la page d’entrée « First Timers Article original . Là on nous demande de visionner deux courtes « vidéos » – essentiellement des présentations powerpoint de musique trans (assez ennuyeuse), pendant qu’une lent texte déroulant fait assez peu pour éclairer et pas mal pour irriter.

La deuxième “vidéo” conclut en demandant à l’utilisateur de visionner une ou deux des sept vidéos supplémentaires sur les divers sujets de conversation, avant de les rejoindre.

Malheureusement, bien qu’il semble que cela a donné lieu à une vive discussion, au cours des premiers jours, cette section est, maintenant, inactive. Regardant un peu loin, il semble que ce chat sur l’éducation ait été transféré vers une sous-section différente du site : “ 3 Modèles Article original.”. J’y suis donc allée.


L’illustration décrivant les tendances, qu’on peut voir sur la section ’3 Patterns’ section du Site Securing the Jewish Future. (screenshot)

Eureka! Là, j’ai trouvé une session enfin “active”, où il y a eu deux réponses en quelques heures. Après avoir lu des commentaires précédents, j’ai proposé un point de discussion. Alors que j’attendais d’autres commentaires, je suis allée flâner sur la page d’accueil du site et j’ai pris part à un court sondage : « Qu’est-ce qui est le plus crucial pour vous : l’infrastructure numérique, un parcours de vie, l’infrastructure humaine, les programmes existants et les projets ». Pas très sûre de ce que voulait dire « parcours de vie » et toujours contente de soutenir des opportunités de créer de l’emploi, j’ai voté pour : « l’infrastructure humaine », avec les 87 autres votants majoritaires.

Au total, ce site n’est peut-être pas fait selon mes goûts esthétiques ou musicaux, et bien qu’on s’égare parfois dans les slogans et le jargon, il est fonctionnel et permet, effectivement, un aller-retour dans l’échange d’idées .

Que fera t-on, ensuite, de ces suggestions?

Dimanche prochain, à Tel Aviv, une synthèse de propositions des professionnels, et ostensiblement, du public, sera présentée par le Directeur Général de l’Agence Juive, Allan Hoffman, à l’ouverture de l’assemblée plénière du bureau des gouverneurs d’agence.

Dans les mois à venir, ces idées seront formalisées dans des propositions de projets, par une équipe des professions juives et ensuite, présentées à la Knesset pour un financement de son budget 2015.

PAR AMANDA BORSCHEL-DAN 19 février 2014, 8:44 pm 0


Amanda Borschel-Dan est éditorialiste sur le monde juif pour The Times of Israel.

Identity, not immigration, takes center stage in online initiative | The Times of Israel Article original

Adaptation : Marc Brzustowski.

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Davidex

Je partage les mêmes avis et les mêmes objections développés ci-dessus. J’espère que mon idendité juive s’en remettra.
Oui, les Juifs de diaspora ont leur mot à dire jusqu’au moment où, bien ispirés, ils d’octroient le droit de vote en rentrant à la maison.
Je pense à des personnes comme Rony Broman et Shlomo Sand pour ne citer que ces deux Israéliens si peu fiers de leur origine et je me dis qu’il ne faut pas perdre de vue que l’hydre antisémite ne fera pas la difference à chacune de ses récidives.
C’est pourquoi tout Juif doit malgré tout bénéficier de la même solidarité dès lors qu’on veut tuer l’humain qui l’habite quand bien même malgré lui.
Rigolo, le titre de l’article. Statut de semi-citoyen poue les Juifs de diaspora, un plus, statut de semi-citoyen pour les Juifs en diaspora, une calamité !

kos22

Attention cependant à l’effet boomerang : l’idée de donner droits de vote a la diaspora,
bcp de cette diaspora sont assimilés et bobogauchos(70% des juifs US votent Obama!!..)
ça pourrait donner qqchose de grave en Israel (Meretz, partis arabes anti juifs…)
Avec la déconnection d’une part de la distance et le matraquage médiatique anti israélien
d’autre part,
malheureusement, bcp de juifs se laissent séduire par ces discours soit disant bien pensant
et soit disant libéraux!!

Non , une grosse partie(surtout parmis les juifs US) des notres se fourvoient dans un libéralisme, bobogaucho laiicard islamophile: = danger mortel pour Israël!!…
N’oublions pas, Israël n’est pas un droit automatic: nous devons remplir des devoirs et engagements
nous nous y sommes engagés, si non « la terre sainte vomira ses habitants » : parmi nous de nos jours trop
selon mon analyse se feraient « vomir » et donc une fois de plus danger pour TOUT Israël..

david c

Je serais de l’avis de A.Maruani ,… si « j’ai bien compris  » sa perplexité !
Pour moi , les demi-mesures n’ont jamais été les meilleures .
Mais ce dont je suis sûr , c’est de ne pas partager le coté « combinazione » de l’ami « Serge » !
Par contre , et pour « unir » la pensée de la diaspora …et je pense à l’américaine (!) , il serait urgent de faire le ménage dans certains services de l’état , les ambassades, les media ,…et les députés arabes (chrétiens ou pas !) pour éviter d’être attaqué de l’intérieur !

serge027

Quant au droit de vote pourquoi s’en priver? Les français de l’étranger votent bien pour élire leurs représentant à l’Assemblée Nationale. Alors pourquoi ne pas avoir des représentants de la diaspora juive à la Knesset?
Le statut de Jérusalem par exemple touche au plus profond le peuple juif tout entier et ne peut être déterminé par ses seuls habitants!

serge027

Les palestiniens comptent dans leurs rangs la « diaspora » palestinienne. Ils gonflent comme cela artificiellement le chiffre de leur population. A la limite tout arabe peut être considéré comme un palestinien en puissance, tant il est plus confortable pour un arabe aujourd’hui d’être palestinien plutôt que Syrien, Irakien, Tunisien, Libyen ou même Égyptien! Vous avez le droit à toute la sollicitude du monde, à des aides financières énormes, à une prise en charge de tous vos frais à comparer aux camps sans eau, sans chauffage et sans électricité où s’entassent les réfugiés syriens ou libyens…
Alors pourquoi Israël se priverait-il de l’apport démographique de millions de juifs de diaspora?

serge027

L’Espagne et le Portugal sont prêts à donner la citoyenneté aux juifs séfarades même s’ils ne sont pas résidents et même s’ils ne parlent plus la langue du pays. Dans ces conditions je ne vois pas ce qui s’opposerait à l’octroi de la nationalité israélienne à des juifs de diaspora qui en feraient la demande, même s’ils ne font pas leur alya!

Armand Maruani

{{En deux mots :}}

{{Les Juifs de la diaspora serviraient de Joker de réserve en cas de nécessité au service de l’intérêt vital et collectif de notre Peuple .}}

{{C’est un point de vue .}}

Armand Maruani

{{ {{Par contre si les palos qui vivent en Israël votent contre les intérêts d’Israël , du sionisme et du Peuple Juif alors je pourrai comprendre une politique  » d’équilibre  » en donnant de la  » voix  » aux Juifs de la diaspora}} .

{{Une manière de lutter contre une éventuelle cinquième colonne .}} }}

{{Je ne sais pas si je me suis fait comprendre ..}}

Armand Maruani

{{Cet article me touche énormément .}}

{{Le Peuple Juif ne forme qu’Un .}}

{{Quelle que soit la décision d’Israël , que l’on veuille ou non , chaque Juif de la diaspora est intimement lié à son destin sans intervenir dans les décisions politiques .}}

{{Seuls ceux qui y vivent ont le droit de vote , ce que je trouve tout naturel .}}

{{Les Juifs de la diaspora auront toujours le rôle de soutien actif et financier à la politique du Gouvernement en place élu par la majorité des israéliens . C’est un minimum car cette cette Terre et ce Peuple sont le moteur de notre existence en permanence .}}

{{Notre coeur ne bat qu’au rythme des évènements de ce qui se passe chez nos frères . Quand ils sont heureux nous le sommes , quand ils pleurent , nous pleurons .}}

{{Je pense qu’il n’y a pas besoin de longs discours , nous nous sommes compris .}}