Les cartons d’invitation étaient déjà imprimés quand la Maison-Blanche a appris que Valérie Trierweiler ne serait pas du voyage. Il a fallu tout jeter, et tout recommencer.Gêne à la Maison-Blanche. Panique à l’ambassade de France : à Washington, l’ambiance, dans les hautes sphères, est au « no comment », même s’il s’agit simplement de donner l’heure. Les officiels ont les pieds en dedans et le regard fuyant. François Hollande exige que sa vie privée relève du privé.

Tout le monde a saisi la consigne. Mais pour sa visite d’État à Washington et à San Francisco, qui commence ce lundi, c’est mission impossible. Tout, absolument tout, tourne autour de cette visite de vieux garçon.

Les cartons d’invitation au dîner de gala du mardi 11 février, en relief et en lettres d’or, étaient déjà imprimés quand la Maison-Blanche a appris qu’il y avait un problème : l’ex-« First Girlfriend » ne serait pas du voyage. Donc, pas du dîner non plus. Tuile protocolaire. Il a fallu tout jeter, et tout recommencer.

Christine Lagarde à la rescousse

Le dîner à quatre qui devait réunir les deux couples présidentiels à la bonne franquette le premier soir, par exemple, est tombé à l’eau.

Mais Barack Obama ne pouvait pas laisser son invité d’honneur se morfondre jusqu’au lendemain matin. Pour occuper ce prestigieux touriste, Barack Obama le promène, à peine posé sur le sol américain, à Monticello, la demeure de Thomas Jefferson, le plus francophile des fondateurs. À bord d’Air Force One, s’il vous plaît. Comme dans les films. Et ensuite ?

À Washington, heureusement, il y a Christine Lagarde. Enfin, pas toujours, car elle voyage beaucoup. Mais là, coup de chance, elle revient juste de Londres. Donc, lundi 10 février, elle est libre.

Et son homologue de la Banque mondiale Jim Yong Kim veut bien lui aussi se dévouer. Où se retrouvent-ils ? Tout simplement à la résidence de l’ambassadeur. Mais celui-ci refuse de le confirmer. Les diplomates français ont vraiment les nerfs à fleur de peau.

Très Secret… Comic

Le plus haut degré de confidentialité de l’Otan, c’est « Très Secret Cosmic », mais pour les Américains, là, c’est « Très Secret Comic ». Cette visite d’État fait l’objet de cachotteries à la limite – pour rester aimable – du ridicule.

La Maison-Blanche se refuse à communiquer la liste des invités, les activités de Michelle Obama ou même le nom de l’artiste qui sera servi au dessert pour le dîner d’État.

Alors qu’ils parlent aux médias « off the record » vendredi 7 février, l’ambassadeur de France et son porte-parole refusent, eux, de confirmer… que François Hollande viendra bien en célibataire.

Vie privée : adressez-vous à l’Élysée ! Il n’en faut pas plus pour relancer l’intérêt pour… la vie privée.

Doit-on redouter que, dans un nouvel hommage au théâtre de boulevard ou aux séries à l’eau de rose, François Hollande convie une cavalière-surprise ?

Non, ce serait vraiment trop.

Réputation française

Les hauts responsables français ont déjà habitué l’opinion publique américaine à ne plus s’étonner de rien. En 2007, Nicolas Sarkozy était arrivé seul, et en retard, à un déjeuner informel avec le couple Bush : Cécilia souffrait d’une vraie-fausse angine.

Dominique Strauss-Kahn a explosé toutes les frontières du discrédit. François Hollande et ses démêlés conjugaux inspirent partout, jusque dans les cercles les plus progressistes et francophiles, ce commentaire laconique et désabusé : « ridiculous ».

Sophie Coignard/ Le Point.fr Article original

TAGS: White House Protocole DSK Hollande-Gayet-Trierwelier

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