Les administrateurs du consistoire de Paris ont tous le même statut, les mêmes droits, les mêmes devoirs et la même légitimité qu’ils tiennent des électeurs, et d’eux seuls.
A partir de là, la politique actuelle de l’équipe dirigeante de l’ACIP qui consiste à écarter systématiquement ceux des administrateurs qui n’ont pas été élus sur la « bonne » liste il y a quatre ans ou le 24 novembre dernier, est antidémocratique, immorale, et donc inacceptable. On ne peut pas, par le fait du prince, pardon, du Président, effacer le choix des électeurs quand il ne convient pas.
– Que le Bureau ait été décrété zone interdite à tous les administrateurs qui n’ont pas prêté allégeance est une chose.
– Que les commissions soient toutes des chasses gardées exclusives du camp gagnant est une autre chose.
– Que la délégation envoyée au consistoire central ait été épurée de tout administrateur jugé indésirable en est une troisième.
Mais il est parfaitement inacceptable que lors de la récente rencontre avec les présidents de communautés qui s’est tenue la semaine dernière salle Jerusalem à l’invitation de la commission des communautés, puis lors de celle avec les rabbins qui s’est tenue hier à l’invitation du Grand Rabbin de Paris, les administrateurs n’ayant pas les grâces de l’équipe dirigeante n’ont été ni prévenus de l’existence même de ces rencontres, qu’ils ont découvert par le plus grand des hasards, et encore moins conviés à y participer. N’étaient présents que certains membres du Bureau, comme si les autres administrateurs n’existaient tout simplement pas.
Un tel ostracisme n’a jamais été vu dans l’histoire récente du consistoire, ni bien sûr dans aucune autre institution juive.
Faute d’avoir pu, totalement, verrouiller le vote des électeurs en novembre dernier en s’assurant une tranquillité absolue, on décide donc que le vote des électeurs n’a pas eu lieu pour certains des administrateurs élus, et que ces mêmes administrateurs qui dérangent ne le sont finalement pas. Ils sont purement et simplement effacés du décor.
On a beau avoir une majorité écrasante et les coudées franches sans contre-pouvoirs aucun, il y a au-moins une limite qu’il faut se fixer, c’est le respect des électeurs, et donc de la communauté.
On a beau ne plus respecter les règles depuis bien longtemps, il y en a au-moins une avec laquelle il ne faut pas transiger, c’est le respect des électeurs, et donc de la communauté.
Le consistoire n’appartient à personne et chaque administrateur a été élu par la communauté, dont certains sur leurs seuls noms et non sur celui d’un autre.
Mais avant tout, c’est l’institution elle-même qui est la première victime de telles pratiques, sauf à supposer que les administrateurs ainsi écartés n’ont aucune utilité ni aucun rôle à jouer, même ceux qui la connaissant bien depuis de nombreuses années.
Une telle dérive autoritaire, clanique et antidémocratique est particulièrement préoccupante. Il faut espérer pour l’institution, qu’au-delà des considérations partisanes qui sont ici bien secondaires, tous n’accepteront pas de telles dérives, même s’ils y participent indirectement et involontairement, et qu’un réveil salutaire permettra de rétablir pour l’institution des pratiques plus conformes à son histoire, à sa dignité et à son honneur.
Philippe Meyer
Administrateur du Consistoire de Paris
NDLR – Il y a suffisamment de médias communautaires qui servent la soupe à nos braves dirigeants, pour qu’il y en ait au moins un qui dise quelques vérités qui dérangent un peu. Même si d’une manière générale, il y a un « jemenfoutisme » assez majoritaire qui de toute façon se retourne contre la communauté, à cause d’une gouvernance de moins en moins représentative. Mais la communauté reste entièrement responsable de cette situation, et paie le prix de son désintérêt
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Ca part en sucette chez les représentants de la communauté, un grand nettoyage s’impose s’ils veulent garder une certaine crédibilité…