Les services de sécurité russes ont sorti le grand jeu, mardi 21 janvier, à la poursuite de la terroriste islamiste à la bombe Ruzana Ibragimova, 22 ans, connue aussi sous le pseudonyme de Salima, ou la « Veuve Noire », qui a été aperçue pour la dernière fois dans une rue de Sochi, un peu avant les Jeux Olympiques d’Hiver, entre le 7 et le 23 février. Ces projets d’attentats sont probablement à mettre en lien avec la découverte, autour de Jérusalem, de cellules prêtes à passer à l’action Article original, dès l’accueil de 5 terroristes Nord-Caucasiens déguisés en touristes russes, vraisemblablement aux mêmes périodes que les Jeux Olympiques de Sochi.

Les sources du contre-terrorisme de Debkafile dévoilent que le Premier Ministre Binyamin Netanyahu a présenté au Président russe Vladimir Poutine, lorsqu’ils se sont vus à Moscou, le 20 novembre, les détails dune enquête sur un complot d’al Qaïda, dont le projet de faire venir des terroristes caucasiens jusqu’en Israël.

En supplément du problème du programme nucléaire iranien, ils ont aussi discuté de l’expertise anti-terroriste israélienne, en vue d’aider la Russie à sécuriser les Jeux de Sochi, contre les terroristes islamistes du Caucase et de Syrie.

Selon certaines sources de sécurité russes, ils sont à la recherche, non pas d’une, mais de trois femmes bombes humaines, toutes connues comme “Veuves Noires”, utilisées par les Jihadistes, parce que les femmes- terroristes se fondent au milieu de leurs cibles plus facilement que les hommes.

L’armée des Etats-Unis a offert de mettre à disposition des moyens aériens et navals, dont deux bateaux, dans la Mer Noire, afin de soutenir les efforts de la Russie pour déjouer les plans des groupes armés islamistes, juste au-dessus des montagnes du Caucase, afin d’interrompre tragiquement les Jeux. Les bateaux et avions de guerre américains seront sur le qui-vive, en vue d’évacuer leurs citoyens de Sochi, dans l’éventualité d’un attentat terroriste majeur.

Cette collaboration contre-terroriste américano-russe est sans précédent. Après les attentats à la bombe de l’an dernier, lors du Marathon de Boston, par des islamistes caucasiens, les agences du contre-terrorisme de ces deux gouvernements se sont mises d’accord pour travailler ensemble contre la menace terroriste islamiste commune, particulièrement pour protéger les évènements sportifs à grande échelle, qui sont difficiles à sécuriser.

Les forces américaines travaillent aussi avec les unités de sécurité russes à l’intérieur du vaste périmètre de 2.400 kms de zone de sécurité délimitée autour des sites sportifs de Sochi. « L’anneau d’acier » est géré par 40.000 membres de la police et du personnel de sécurité russes et c’est la zone de sécurité la plus large jamais mise en place pour un évènement olympique. Cependant, certains malfaiteurs peuvent déjà avoir pris position à l’intérieur de ce cercle – comme « Salima ».

Les statistiques des incidents relevés par les sources du contre-terrorisme de Debkafile, pour le mois de décembre 2013, ne sont pas rassurantes, au vu de leur fréquence et de la prépondérance des civils et des officiers de sécurité tués, comparés au nombre de terroristes neutralisés.

Les forces de sécurité se sont heurtées avec les terroristes dans 11 combats à l’arme à feu.

Les attaques à l’arme à feu révèlent la mort de 10 responsables russes et officiers de sécurité et 19 civils. 15 terroristes ont été tués dans des heurts et des raids des forces de sécurité.

En tout, 14 engins explosifs ont été désamorcés à temps.

Le taux de mortalité fait un bond à 79 tués, avec les attentats-suicide de Volgograd à la fin décembre, qui ont fait 34 morts.

Puis, le 8 janvier, on a retrouvé six corps avec chacun une balle dans la tête, dans des parkings automobiles de Stavropol, une ville à 300 kms à l’Est de Sochi. Des engins piégés entourant les 4 véhicules où se trouvaient les corps ont explosé alors que les officiers de sécurité approchaient, mais les précautions qu’ils ont prises les ont prémunis contre le fait d’être blessés.

Cet incident a été interprété par le régime des opérations contre-terroristes de Russie comme un avertissement dun niveau et du type de violence qui attend les Jeux Olympiques. Toutes les divisions responsables d’assurer la sécurité des invités et des participants ont été mises en alerte de combat.

Le mois dernier, les membres du Comité Olympique International ont consulté des experts occidentaux et moyen-orientaux pour une évaluation indépendante et professionnelle des risques autour des Jeux de Sochi, exposés à des actions terroristes.

Leurs évaluations se divisent en trois parties :

1) Les attaques armées qui ont eu lieu jusque-là peuvent être interprétées comme les trois coups d’une campagne de terreur caucasienne appartenant à Al Qaïda contre les villes russes, qui reste encore à venir.

2) Bien que la ville de Sochi soit équitablement sécurisée, au constat de cet étroit cercle de sécurité qui l’entoure, les routes pour les transports entre la ville et les lieux des évènements sportifs, dans les montagnes ne sont pas suffisamment protégées contre les attaques terroristes. Ceci n’est pas dû à l’incompétence russe, mais aux grandes distances que les sportifs doivent effectuer, entre leurs logements et hôtels, dans la ville de Sotchi, et les installations sportives. Les routes des bus et les voies de chemin de fer sillonnent des vallées et des montagnes qui sont extrêmement difficiles à sauvegarder.

3) Les experts estiment que les sportifs et les femmes qui prennent part aux Jeux sont confrontés à la plus grande menace, parce que les pentes enneigées où ils concourent restent exposées. Les terroristes indigènes caucasiens sont rompus à se mouvoir tout autour très vite et furtivement sur ces zones escarpées et enneigées et sont très durs à localiser – même depuis l’espace aérien.

DEBKAfile Reportage spécial 21 Janvier 2014, 11:13 AM (IST)

debka.com Article original

Adaptation : Marc Brzustowski.

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Pourquoi tant d’attentats en Russie sont-ils commis par des femmes ?

Les Jeux n’ont pas commencé que Sotchi connaît déjà un gros problème de sécurité, relève ABC. Les autorités russes sont à la recherche d’une femme, soupçonnée de préparer un attentat-suicide et qui pourrait être déjà à l’intérieur de la zone sécurisée fermée où se dérouleront les épreuves.

Des photos de la suspecte, une aux cheveux lâchés et l’autre couverte d’un foulard ont été diffusées et montrent une jeune femme de 22 ans originaire du Daghestan. Elle s’appellerait Ruzanna Ibragimova et serait la veuve d’un militant qui aurait été tué par la police l’an dernier au Daghestan.

Christopher Swift, un professeur de l’université de Georgetown qui a étudié les groupes militants dans le Caucase du Nord explique qu’« habituellement, dans le passé, quand on a été confronté à une femme kamikaze, il y a à chaque fois eu deux femmes qui étaient toutes les deux des kamikazes ».

Les femmes kamikazes sont un phénomène qui n’est pas inconnu dans les conflits, d’Israël et de Palestine au Sri Lanka, mais le rôle des « veuves noires », comme elles ont été désignées dans la presse, semble particulièrement important et de haut niveau dans l’interminable insurrection du Caucase du Nord.

Une femme kamikaze est soupçonnée d’avoir commis l’attentat du 29 décembre 2013 Article original à la gare de Volgograd, comme celui d’un bus qui a tué cinq personnes dans la même ville en octobre. Des femmes kamikazes sont aussi soupçonnées d’avoir commis l’attentat du métro de Moscou Article original qui a fait 38 morts en 2010 et d’avoir pris part aux deux pires attaques terroristes qu’a connu la Russie moderne : le siège du théâtre Nord-Ost en 2002 et l’attaque de l’école de Beslan en 2004 Article original.

La première attaque de veuve noire a eu lieu en 2000, quand Khava Baraeva « envoya un camion rempli d’explosif dans un bâtiment qui abritait les forces spéciales russes en Tchétchénie ». En août 2013, la journaliste Anna Nemtsova écrivait dans le Daily Mail que « durant les douze dernières années, 46 femmes se sont tuées dans des attentats-suicides en Russie, commettant 26 attaques terroristes (certains attentats impliquaient plusieurs femmes). La plupart des kamikazes étaient originaires de Tchétchénie ou du Daghestan ».

La plupart des études se penchant sur les femmes kamikazes tchétchènes ont montré qu’elles avaient tendance à avoir connu des traumatismes personnels sérieux et sont ensuite exposées au recrutement par des groupes paramilitaires djihadistes. Comme le terme « veuve noire » le suggère, beaucoup ont perdu des proches durant les deux dernières décennies depuis que la guerre a éclaté en Tchétchénie.

Une étude de 2006 des psychologues Anne Speckhard et Khapta Akhmedova publiée par le Centre Jaffee d’Etudes Stratégiques à l’Université de Tel Aviv a mis en évidence que « tous les individus du panel ont connu de profonds traumatismes, et la preuve de symptômes de stress post-traumatique et de phénomènes dissociatifs en résultat direct de traumatismes personnels était présente dans tout l’échantillon. Le chemin vers le terrorisme commence presque toujours avec des individus qui, à cause de leur état psychique traumatisé, sont attirés par des groupes radicaux et se tournent vers l’idéologie djihadiste tout en se débattant avec des pertes assez extrêmes et violentes ». Les auteurs notent qu’aucune femme n’« apparaissait être forcée, droguée ou autrement entraînée dans ces actes ».

Anna Nemtsova développe certains des facteurs qui peuvent conduire ces femmes au terrorisme :

« Dans le Caucase, les sujets de l’amour et de la frustration sexuelle sont tabous, trop honteux pour en discuter, même avec des amies proches. Les femmes sont supposées loyalement museler leurs désirs et garder leurs frustrations secrètes. Une activiste des droits de l’homme, Kheda Saratova, a interviewé ces femmes dans l’objectif d’explorer le traumatisme intime qui pousse une femme musulmane à rejoindre le mouvement militant radical. “Elles ne parlent que des problème de routine de la maison, jamais des problèmes relationnels ou de leur vie sexuelle –elles ont peur d’une humiliation publique”, dit-elle. Pour les femmes dont les maris sont en prison, disparus ou morts, et qui sont ostracisées par leur société, aucun exutoire n’existe pour exprimer leur peine. »

Malheureusement, comme le remarque Anna Nemtsova, l’importante couverture donnée aux veuves noires conduit à un ostracisme encore plus grand et même à des abus officiels sur les épouses de militants tués, contribuant davantage à ces facteurs.

Joshua Keating

Traduit et adapté par Alice Bru

Par Joshua Keating | publié le 21/01/2014 à 18h13, mis à jour le 21/01/2014 à 18h29

slate.fr Article original

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