Sous forme de : Je-vous-l’avais-bien dit!
Le dernier pari de stabilité arabe au Moyen-Orient, – appuyé par deux administrations américaines, dont la dernière en vogue, celle d’Obama, qui en a fait son allié « le plus sûr »,- est un vrai fiasco. La Turquie vole en éclats. La coalition islamiste qui a écrasé l’appareil laïc militaire et politique – se disputant le pouvoir entre le pari gouvernement de l’AKP d’Erdogan et le mouvement islamiste autour de Fetulah Gulen – a finit par craquer. Les Gulenistes, qui prédominent au sein des forces de sécurité, ont arrêté les fils des Ministres les plus importants, pour avoir aidé l’Iran à blanchir son argent et à contourner les sanctions, et dix membres du cabinet d’Erdogan ont démissionné. La monnaie turque est en chute libre, et ce n’est que le début des troubles dans le pays : environ deux cinquièmes de la dette incorporée en monnaies étrangères, soit l’équivalent du coût de gestion augmentent, pendant que la lire turque décline. Les stocks turcs se sont effondrés ( et ont encore perdu 5% de leur valeur en dollar, dès l’ouverture des marchés, vendredi dernier). Comme les diagrammes ci-dessous l’illustrent, voici ce qu’il en est du miracle économique turc.

Il y a deux ans Article original, j’avais prédit un effondrement économique turc. Le miracle tant vanté par Erdogan découlait principalement d’une vaste expansion des crédits, pour alimenter une explosion des importations, laissant le pays avec un déficit des comptes courants de 7% du PIB ( environ le même que la Grèce , avant qu’elle n’entre en faillite) et un empilement constant des dettes étrangères de court terme. Les Etats du Golfe ont continué à financer la liste des importations d’Erdogan, de toute évidence, parce qu’ils voulaient maintenir une puissance sunnite aux affaires, comme contrepoids à l’Iran ; peut-être se sont-ils lassés du double-jeu de la Turquie envers les Perses. Et les investisseurs crédules ont continué de verser leur argent vers les stocks turcs.
J’ai, à plusieurs reprises, réitéré mes avertissements, disant que la Turquie se disloquait à intervalles réguliers, par exemple ici Article original.

Rien n’y fit. La Turquie dispose, au mieux, d’une économie médiocre et d’une force de travail de faible niveau d’éducation, n’a pas de capacité en matière de haute-technologie et des marchés qui plongent, entre l’Europe déprimée et le monde arabe instable. Son avenir pourrait bien résider en une économie tributaire de la Chine, comme une « nouvelle route de la Soie » qui développe des voies de chemin de fer rapides vers le Bosphore.
Au cours des dix dernières années, on nous a rabattu les oreilles ad nauseum avec le “modèle turc” de “démocratie musulmane”.
L’Administration George W. Bush courtisait Erdogan, même avant qu’il ne devienne Premier Ministre, et Obama s’est donné beaucoup de mal pour faire d’Erdogan son principal comparse en matière de politique étrangère au grand détriment d’Israël »>Article original . J’ai ridiculisé cette conception, depuis des années, par exemple, dans cet essai de 2010, pour Tablet Article original.
Cette idée toute entière était erronée du début jusqu’à la fin. La Turquie n’était pas en bonne voie pour devenir une quelconque puissance économique, de quelque ordre que ce soit : il lui manque les individualités et les compétences pour faire quoi que ce soit de mieux que de monter des usines de fabrication de technologies moyennes. Ses Islamistes n’ont jamais été des démocrates . Pire que tout, ses taux démographiques sont aussi médiocres que ceux de l’Europe. L’ethnie turque a un taux de fertilité proche d’1, 5 enfants par famille, alors que celui de la minorité kurde s’élève à 4 enfants par famille. Dans la génération à venir, les jeunes hommes de Turquie proviendront de familles dont le Kurde est la langue maternelle. alliés culturels d’Israël »>Article original.


L’appareil qui décide de notre politique étrangère, aussi bien du côté Démocrate que Républicain, s’était tellement amouraché de cette notion de « démocratie musulmane » qu’il s’est mépris sur la nature de la dictature d’Erdogan depuis son avènement et l’a aidé à gonfler sa bulle économique, jusqu’à prendre ses rêves pour des réalités. En juin 2012, par exemple, David Ignatius du Washington Post vantait l’adoption d’Erdogan Article original par Obama, en s’exclamant que cette stratégie « avait rapporté de gros dividendes ». A écouter Ignatius journaliste très proche d’Obama »>Article original :
“Alors que le Président Barack Obama flairait sa voie, en matière de politique étrangère, au cours des premiers mois de son mandat, il a décidé de cultiver son amitié avec la forte tête truque, le Premier Ministre Recep Tayyip Erdogan. Au cours de l’année passée, l’investissement en Turquie a commencé à rapporter de gros dividendes – ancrant la politique des Etats-Unis dans une région qui semble, parfois, à la dérive.
L’influence d’Erdogan était en grande représentation, cette semaine, alors qu’il accueillait une réunion du Forum Economique Mondial à Istanbul, pour célébrer la stabilité « du Modèle Turc » de démocratie musulmane, au beau milieu de la tourmente des Printemps Arabes. Un des ateliers portait le titre enchanté de : « La Turquie comme source d’Inspiration »…
Maintenant que la fumée de Hashich s’est dissipée, la Caverne d’Ali Baba Erdogan s’est transformée en tas de sable , et l’appareil chargé de la Politique étrangère n’a rien à déclarer, après des années d’éloge pour ce prétendant anatolien, si ce n’est un gros mal de crâne.
Maintenant que la Turquie tourne au fiasco, aux côtés de la Libye, de l’Egypte, du Liban, de la Syrie, de l’Irak, nous devrions en conclure que le projet tout entier d’apporter la stabilité au monde musulman était un rêve tout droit sorti du narguilé. Excepté en ce qui concerne l’Etat Juif et une poignée de monarchies sunnites qui survivent par la seule force de leur prospérité pétrolière, nous assistons à l’effondrement du Moyen-Orient. Le mieux que nous puissions faire serait de nous protéger de ses effets de contagion.
David P. Goldman est chercheur principal au Centre de Recherche Politique Londonien et chercheur associé au the Middle East Forum.
Par David P. Goldman
PJ Media Article original
27 Décembre 2013
meforum.org Article original
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