Est-ce que Bashar el Assad peut se permettre de riposter massivement aux récents bombardements effectués (selon des sources étrangères) par l’armée de l’air israéliennes ?
Ou bien préfèrera-t-il opter pour la pondération ?Malgré l’ultimatum apparemment lancé lundi, la réponse reste encore floue.
Ou plutôt, elle n’est plus vraiment entre ses mains… Analyse.
Au cours des dernières années, l’Etat d’Israël a lancé plusieurs avertissements sévères à la Syrie de Bashar El Assad et à son allié du Hizbollah: la destruction de la centrale nucléaire de Dir A Zour
(septembre 2007), l’élimination au cœur de Damas du chef des opérations du mouvement chiite, Imad Mournieh(fév. 2008) et plus récemment, en janvier, le bombardement en territoire syrien d’un convoi de missiles iraniens destiné au Hizbollah.

Sans parler des opérations top secrètes réalisées par des unités d’élites avec le soutien logistique du Mossad.
La question est maintenant de savoir comment Assad , dans la situation précaire où il se trouve actuellement, réagira aux deux dernières attaques israéliennes, de vendredi matin et de dimanche matin, qui auraient détruit un convoi de missiles de type Fatah 110 iraniens, destinés au Hizbollah et peut-être également un centre renfermant des armes chimiques situé à proximité du palais présidentiel syrien.
Selon un journal koweitien, Assad aurait posé un ultimatum à Israël via la Russie afin que ces attaques cessent.
Et il aurait même ordonné à son armée de déployer des batteries de missiles en direction du territoire israélien.
Dans le passé, c’est-à-dire au lendemain de l’attaque de Dir A Zour, Assad avait pourtant joué la carte de la passivité.
Mais, la constellation était totalement différente.
Le président syrien était en pleine offensive de charme en direction de la communauté internationale, offensive dont le paroxysme avait été son invitation quelques mois plus tard par Nicolas Sarkozy à la tribune officielle du défilé du 14 juillet 2008.
Et qui plus est il avait été tellement stupéfait par l’attaque israélienne, qu’il n’avait pas réagi.
Aujourd’hui, la situation du rais syrien est fondamentalement différente.
Considérablement affaibli par les rebelles, discrédité par la communauté internationale pour ses massacres, il pourrait être tenté de restaurer l’union nationale syrienne en rouvrant un front face à l’ennemi absolu, le seul capable de canaliser une haine farouche et unanime : l’Etat d’Israël.
Ce serait pour lui l’occasion inespérée de détourner l’attention des exactions auxquelles son régime se livre contre son propre peuple et de récupérer le soutien du monde arabe.
Dimanche, ses lieutenants ont qualifié les bombardements (israéliens) dans Damas de casus belli et se sont réservé le droit de riposter.
Et lundi, Assad aurait donc lui-même lancé un ultimatum.
Pourtant, coté israélien on estime peu probable que le despote syrien ouvre ce front, et prenne le risque de provoquer un véritable embrasement régional.
Assad sait qu’Israël a bombardé ces convois de missiles avec le feu vert, même tacite, de Barack Obama : « Israël a le droit de se défendre » avait dit le président américain quelques heures avant le second bombardement de dimanche matin .
Et il sait donc que s’il s’en prend à Israël, les Américains, plutôt timides jusqu’à présent dans le dossier syrien, ne pourront pas rester les bras croisés.
D’ailleurs pour le Pentagone, ce serait là l’occasion de régler, au passage, le problème autrement plus préoccupant des armes non conventionnelles détenues par Damas.
Autre point important : même si Assad veut riposter, il n’est pas certain qu’il en ait actuellement les moyens.
On a en effet du mal à imaginer qu’il ose détourner les divisions ou brigades qui lui sont encore loyales et protègent Damas, vers la frontière israélienne!
Voilà pourquoi, à Jérusalem on estime que si les Syriens ripostent, ce sera par le biais du Hizbollah, peut-être en envoyant quelques uns des dizaines de milliers de missiles pointés en permanence vers l’Etat hébreu.
Cela pourrait expliquer la décision israélienne, prise dimanche, de fermer l’espace aérien du nord du pays et de déployer dans cette région deux batterie du système « Dôme d’acier ».
Peut-être également en tirant plusieurs obus en direction du plateau du Golan.
Ou encore en mandatant les terroristes du Hizbollah pour commettre des attentats contre des cibles israéliennes à travers le monde.
Enfin, et si l’on veut vraiment aller au bout des choses, une conclusion s’impose: la décision d’une riposte syrienne contre n’est pas vraiment entre les mains d’Assad, mais plutôt entre celles d’Ahmedinedjad.
Aujourd’hui Assad est entièrement dépendant de Téhéran.
Ce sont les Iraniens qui ont donné l’ordre au Hizbollah de voler au secours de l’armée syrienne ébranlée par les rebelles.
Ce sont des armes iraniennes qui transitent sur le territoire syrien.
Et puis, Téhéran a ouvertement affirmé qu’elle était garante de la sécurité de la Syrie.
L’intensité d’une riposte contre Israël sera donc déterminée par les Iraniens.
Ceux-ci ont déjà pu mesurer ces derniers jours, l’impressionnante précision des services de Renseignements de l’état hébreu.
Ils comprennent certainement que l’avertissement israélien leur était aussi destiné et savent qu’eux aussi sont dans le collimateur des avions de chasse israéliens.
C’est donc eux qui devront décider s’ils embrasent la région ou bien si au contraire, ils préfèrent calmer le jeu.
La réponse à cette question ne devrait pas tarder.
Danny Israeli
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Vous trouverez ci-dessus le lien permettant d’avoir accès à la rediffusion d’un débat sur BFM sur la question et qui y répond de façon judicieuse. Notamment qu’Israël n’a pas intérêt à un changement de régime en Syrie.