Les effets désastreux de l’affaire Bernheim vont progressivement s’estomper.
Les partisans du Grand Rabbin de France continueront à regretter la haute stature intellectuelle de celui qui avait su donner une dimension nouvelle à sa mission. Ses détracteurs, quant à eux, poursuivront leur campagne de dénigrement, en insistant sur les effets négatifs directs et collatéraux de cette affaire.
Je voudrais, pour ma part , en tirer une leçon parmi tant d’autres qui ne manqueront pas de fleurir sous la plume des historiens du Consistoire.
Dans l’évolution de cette institution, les grands rabbins de France se sont signalés par leur totale discrétion, en restant actifs au sein de leur Communauté.
Il est cependant une exception notoire lorsque le Grand rabbin Jacob Kaplan a occupé avec succès le devant de la scène en 1952 lors de son combat dans la célèbre affaire Finaly, qui a donné lieu à des ouvrages, des thèses et même des films .

L’opinion publique française a eu peu d’occasions de connaître les réalisations de ces Grands Rabbins, même si elles ont eu un fort retentissement parmi les juifs.
Quel est le français moyen qui a entendu parler, par exemple, de David Sintzheim, nommé en 1808 par Napoléon 1er à la tête du Grand Sanhédrin ?
Aujourd’hui, les choses ont changé et c’est la communication à outrance qui contraint les dirigeants laïcs ou religieux à exposer en permanence leurs faits et gestes, à décrire publiquement leurs activités et à prendre position dans n’importe quel domaine.
Cette médiatisation permanente n’est pas sans danger.
Ne dit-on pas «qu’à trop s’exposer au soleil, le papillon se brûle les ailes» ?
L’excès de communication, déclarations et photos à l’appui, dans la presse, à la télévision ou sur Internet met en lumière les actions entreprises et les projets, mais elle présente aussi l’inconvénient de dévoiler la personnalité de ceux qui s’expriment.
Il s’ensuit un mélange des genres, un amalgame entre la personne et la fonction qu’il incarne.
Dans ce tourbillon de communication l’essentiel du message qu’on veut transmettre se dissout littéralement et ces hommes risquent à tout moment d’être pris au piège de leurs propres paroles.
Le Traité des Pères ( Pirke Avot), que nous lisons en ce moment nous invitent à la modération.
Abtalion dit «Sages ,prenez garde à vos paroles» ( chapitre I, Michna 11 )) et Chami déclare : « Fais de ta Torah une occupation constante, parle peu et agis beaucoup » ( chapitre I, Michna 15 ).
Jamais ces principes n’ont été aussi actuels.
Moïse Cohen
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cher Moise Cohen suite à votre courrier paru dans actu j et reproduit ici je me permets de vous préciser que l’Affaire Finaly n’est pas exclusivement conduite par le grand rabbin Kaplan zal mais que mon père le grand rabbin Schilli y a aussi participé conjointement etant également grand rabbin de france par intérim , il serait temps que cela soit dit 60 ANS APRES !
I
Bel article sur la Sagesse du Judaïsme : « ..parle peu et agis beaucoup…» Hélas , aujourd’hui combien de dirigeants dans tous les domaines parlent surtout pour briller ! Agir , bien sûr… c’est plus pénible et moins gratifiant !