Côté « personnalités », c’était plutôt une petite année.

Ni Barack Obama – qui s’était fait représenter par son vice-président, Joe Biden -, ni les Clinton, ni les étoiles montantes du Parti républicain ne s’étaient déplacés. Hors échéances électorales, la conférence annuelle de l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), le lobby pro-israélien aux Etats-Unis, perd manifestement de son attrait pour la classe politique…

L’édition 2013, qui s’est tenue début mars à Washington, à deux semaines du voyage de Barack Obama en Israël, a adopté un profil bas, du moins à la tribune.

La salle était autant remplie que d’habitude : 13 000 participants, dont 2 000 étudiants, venus de 500 universités.

Mais l’AIPAC, qui penchait ostensiblement pour Mitt Romney, l’adversaire de Barack Obama lors de l’élection 2012, a pris acte de la réélection du président démocrate.

Recentrage de rigueur.

« La sécurité d’Israël est trop importante pour que nous reposions sur un seul parti », ont répété les responsables du mouvement.

Les débats ont montré un souci de diversité parmi les intervenants. Après avoir beaucoup fréquenté les évangéliques, l’AIPAC avait invité cette année des Latinos, tel le speaker de l’Assemblée de Californie John Lopez (qui est aussi gay). Jennifer Rubin, la très conservatrice chroniqueuse du Washington Post, a noté « une participation d’Afro-Américains plus importante que d’habitude ».

Une session a illustré « la remarquable diversité » du personnel de l’AIPAC : un mormon de Pennsylvanie, un Noir homosexuel, une immigrée chrétienne d’Ukraine…  »

L’AIPAC essaie de ressembler davantage à l’Amérique d’Obama », a titré Forward, l’influent magazine de la communauté juive new-yorkaise.

ALLIÉ STRATÉGIQUE MAJEUR

Le lobby pro-israélien s’inquiète que le contentieux entre Barack Obama et Benyamin Nétanyahou ne conduise à une distanciation de l’opinion américaine, particulièrement chez les démocrates, avec Israël.

Son principal objectif pour 2013 est d’obtenir le vote au Congrès d’une législation déclarant Israël « allié stratégique majeur » des Etats-Unis (Israël est déjà un « allié majeur non membre de l’OTAN »).

Cette qualification – une création sur mesure – ancrerait la coopération militaire entre les deux pays, l’élargirait à d’autres secteurs comme l’énergie et la recherche médicale.

Surtout, elle mettrait l’aide annuelle à Israël (3 milliards de dollars) à l’abri des coupes budgétaires automatiques déclenchées le 1er mars, en l’absence d’accord au Congrès sur le déficit.

Le projet de loi a été introduit à la Chambre, à la veille de la conférence annuelle du lobby, par la présidente républicaine de la commission des affaires étrangères et un représentant démocrate.

Les responsables de l’AIPAC souhaitent aussi présenter Israël « au-delà du conflit » pour signaler aux Américains que la relation leur profite également.

« Il ne s’agit pas que de l’Iran et du processus de paix, a dit David Pollock, chercheur au Washington Institute for Near East Policy.

Il faut montrer qu’il s’agit aussi d’emplois et d’argent.  »

L’expert David Pollock a cosigné le premier rapport sur les bénéfices que tirent les Etats-Unis de leur alliance avec Israël.

En matière d’armement, au premier chef : les trois quarts des 3 milliards d’aide sont réinvestis aux Etats-Unis.

« Israël est en tête dans le développement de technologies qui transforment la physionomie de la guerre moderne : les cybersystèmes, la robotique, les missiles et la défense antimissile, les minisatellites », poursuit le rapport.

Autant de disciplines qui intéressent au plus haut point les Etats-Unis. Les grandes entreprises de high-tech entretiennent des incubateurs de technologie en Israël, de Google et Apple à Microsoft, Cisco ou General Electric.

Corine Lesnes/ Le Monde.fr Article original

TAGS : AIPAC Obama Netanyhou Israel-USA High Tech Armements

OTAN Congrès

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