L’Administration Obama n’a pas paru être bousculée par les découvertes de l’AIEA, prouvant que l’Iran a installé 180 centrifugeuses avancées, mises en place à Natanz. Effectivement, la Maison Blanche a déclaré, jeudi 21 février, « qu’une solution diplomatique est encore possible », pour résoudre le bras-de-fer nucléaire avec l’Iran.

Le rapport de l’Agence Internationale à l’Energie Atomique est sorti le jour suivant : les nouvelles centrifugeuses IR-1 m installées à Natanz sont prévues pour enrichir l’uranium trois fois plus vite que les machines obsolètes utilisées à Natanz jusqu’à présent, réduisant considérablement le délai qui reste à Téhéran avant d’obtenir l’arme nucléaire.

L’AIEA note également que les progrès réalisés à l’installation d’Arak sont plus rapides, dans la production de plutonium.

Ces découvertes signifient que la ligne rouge esquissée par le Premier ministre israélien Binyamin Netanyahou devant l’Assemblée Générale de l’ONU, en septembre dernier – où il a déclaré qu’on ne pourrait pas permettre à l’Iran de stocker 250 kgs d’uranium enrichi à une pureté de près de 20% – se rapproche plus vite que l’échéance de « la fin du printemps ou du début de l’été » qu’il a posée pour arrêter l’Iran avant qu’il ne soit en capacité de fabriquer une bombe nucléaire.

Pourtant, pour toute réponse aux découvertes de l’AIEA de jeudi, le bureau de Netanyahou a simplement répliqué que les résultats du rapport « prouvent que l’Iran continue d’avancer rapidement vers la ligne rouge » et que « l’Iran est plus proche que jamais de produire suffisamment d’uanium enrichi pour fabriquer une bombe nucléaire ».


Et oui, nous en sommes aussi près que ça!…

Les sources dans l’Administration révèlent que les Etats-Unis continuent de pousser l’Iran à accepter des pourparlers en face-à-face, après la confrontation entre les six puissances et l’Iran au Kazakhstan, le 26 février – même si un précédent cycle secret, il y a quelques mois, s’est soldé par un flop complet.

Gary Samore, le conseiller d’Obama, qui l’avait préparé, a, depuis, quitté la Maison Blanche et a muté vers l’Université Harvard.

Et pourtant, Obama reste droit dans ses bottes, accroché à son engagement diplomatique et à « des pressions croissantes » (sanctions) comme les uniques moyens d’empêcher l’Iran d’obtenir une arme nucléaire.

Le Guide Suprême de l’Iran, l’Ayatollah Ali Khamenei a mis le Président américain sur la sellette, rapportent les sources du renseignement de Debkafile : il réclame son dû.

Il a respecté la requête d’Obama de ne pas faire de vagues durant sa campagne pour sa propre réélection en novembre et s’est abstenu de provoquer la « surprise d’octobre », que les médias américains avaient largement répercutée.

Aujourd’hui, Téhéran est confronté à une élection présidentielle, en juin, et Khamenei veut être sûr que les Etats-Unis ne vont pas bouleverser ses plans.

Son aspiration la plus importante est de bloquer la voie vers la Présidence au beau-frère du Président sortant, Mahmoud Ahmadinedjad et de le remplacer par un personnage quelconque, dénué de charisme, qu’il aura personnellement trié sur le volet, qui sera aussi un administrateur compétent et qualifié pour tirer l’Iran de son marasme économique.

Tous les problèmes de l’Iran ne résultent pas des seules sanctions ; le règne d’Ahmadinedjad a été marqué par énormément de dysfonctionnement et de corruption.

L’extrême violence affecte déjà la campagne iranienne, qui passe, y compris par des menaces d’assassinat.

Le guide suprême offre un temps de répit à l’Administration Obama en l’échange d’un peu de quiétude sur le front diplomatique.

Selon nos sources, la campagne électorale tumultueuse en Iran tiendra Téhéran à l’écart de toute percée diplomatique réelle ou progrès véritable en vue de l’acquisition définitive d’un armement nucléaire, jusqu’à ce que le nouveau Président soit élu et ne forme son gouvernement, à un moment donné de l’automne.

En même temps, l’Ayatollah joue un double-jeu complexe, en maintenant des tensions diplomatiques maximales et en évitant tout dialogue véritable avec Washington.

Effectivement, il pourrait même accueillir favorablement des tensions plus fermes encore et des menaces militaires, afin de multiplier les chances de son candidat à la Présidence et laisser celui d’Ahmadinedjad se faire sanctionner, entre les mains de l’électeur iranien qui souffre des conditions qu’il lui impose.

D’où, les signaux croisés, de la part de Wahington, de l’Europe, d’Israël et de l’AIEA.

D’un côté, une alerte sur l’avancée rapide de Téhéran en direction de la capacité de produire une arme nucléaire, alors que de l’autre, on insiste pour ne rien faire de consistant, au-delà des palabres futiles affirmant qu’on va le stopper.

Tous les quatre ne sont qu’un jouet entre les mains de l’Ayatollah.

http://www.debka.com/article/22788/Obama-and-Netanyahu-aid-Khamenei%E2%80%99s-campaign-for-Iran%E2%80%99s-next-president

DEBKAfile Reportage Exclusif 23 Février 2013, 11:44 AM (GMT+02:00)
Adaptation : Marc Brzustowski/ Lessakele Blog Article original

TAGS : Nucléaire Iranien AIEA Netanyahou Obama Khamenei Natanz

Arak Politique Elections ONU

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