Une jeune femme violée par des policiers se retrouve accusée d’atteinte à la pudeur. La population se mobilise et craint un retour en arrière en matière de droits des femmes.« La police me viole, la justice m’accuse »

Place des Droits-de-l’Homme à Tunis, des centaines de femmes ont crié leur colère samedi.

« Dans mon pays, la police me viole, la justice m’accuse. » Le slogan dit l’inquiétude et la colère des quelque deux cents personnes rassemblées samedi, place des Droits-de-l’Homme à Tunis. Une mobilisation en soutien à une jeune femme accusée, avec son compagnon, d’« atteinte à la pudeur » après avoir porté plainte pour viol contre deux policiers. « Nous vivons sa douleur », explique Fatma, 61 ans, venue avec sa fille de 25 ans.


Les faits remontent à la nuit du 3 au 4 septembre. Les fiancés, selon leur témoignage, stationnent dans une voiture, dans la banlieue nord de Tunis, quand trois policiers en civil les abordent. L’un conduit l’homme de 26 ans, menotté, à un distributeur de billets pour lui extorquer 300 dinars (environ 150 €). Pendant ce temps, la femme de 27 ans est emmenée à l’arrière du véhicule des policiers, et violée.

Trois agents écroués

Écroués, les trois agents assurent qu’à leur arrivée, le couple se trouvait dans une « position immorale », ce que démentent les intéressés. « L’accusation d’atteinte à la pudeur (un délit passible de six mois de prison) se base uniquement sur le témoignage des policiers, relève Radhia Nasraoui, avocate de la jeune femme et célèbre militante des droits de l’homme. Ça ne tient pas ! »

Ce n’est pas l’avis du procureur, ni du gouvernement. « Les deux agents ont commis un crime, mais ça n’empêche pas qu’elle était dans une position illégale » avec son compagnon, a commenté un représentant du ministère de la Justice. C’est le porte-parole du ministère de l’Intérieur qui, le 11 septembre, avait le premier évoqué la « position immorale » de la jeune femme, tout en précisant que cela ne justifiait pas le viol.

Terroriser les victimes

L’association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) et la ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) dénoncent une procédure qui « transforme la victime en accusée, qui vise à la terroriser et à les obliger, elle et son fiancé, à renoncer à leurs droits ».

Assemblée Constituante, le 19 et 20 septembre 2012.
Karima Souid s’adresse au ministre de l’Intérieur à propos de la victime violée par « 3 policiers » ; et laquelle victime sera accusée du délit « d’atteinte à la pudeur  » !

Tunisie
Tunisie. Violée et accusée d’atteinte à la pudeur Vidéos »>Article original
Faits diversdimanche 30 septembre 2012
Photos12

Place des Droits-de-l’Homme à Tunis, des centaines de femmes ont crié leur colère samedi.
Anouk Legrand

Infographie Ouest-France

Une jeune femme violée par des policiers se retrouve accusée d’atteinte à la pudeur. La population se mobilise et craint un retour en arrière en matière de droits des femmes.

« La police me viole, la justice m’accuse »

« Dans mon pays, la police me viole, la justice m’accuse. » Le slogan dit l’inquiétude et la colère des quelque deux cents personnes rassemblées samedi, place des Droits-de-l’Homme à Tunis. Une mobilisation en soutien à une jeune femme accusée, avec son compagnon, d’« atteinte à la pudeur » après avoir porté plainte pour viol contre deux policiers. « Nous vivons sa douleur », explique Fatma, 61 ans, venue avec sa fille de 25 ans.

Les faits remontent à la nuit du 3 au 4 septembre. Les fiancés, selon leur témoignage, stationnent dans une voiture, dans la banlieue nord de Tunis, quand trois policiers en civil les abordent. L’un conduit l’homme de 26 ans, menotté, à un distributeur de billets pour lui extorquer 300 dinars (environ 150 €). Pendant ce temps, la femme de 27 ans est emmenée à l’arrière du véhicule des policiers, et violée.

Trois agents écroués

Écroués, les trois agents assurent qu’à leur arrivée, le couple se trouvait dans une « position immorale », ce que démentent les intéressés. « L’accusation d’atteinte à la pudeur (un délit passible de six mois de prison) se base uniquement sur le témoignage des policiers, relève Radhia Nasraoui, avocate de la jeune femme et célèbre militante des droits de l’homme. Ça ne tient pas ! »

Ce n’est pas l’avis du procureur, ni du gouvernement. « Les deux agents ont commis un crime, mais ça n’empêche pas qu’elle était dans une position illégale » avec son compagnon, a commenté un représentant du ministère de la Justice. C’est le porte-parole du ministère de l’Intérieur qui, le 11 septembre, avait le premier évoqué la « position immorale » de la jeune femme, tout en précisant que cela ne justifiait pas le viol.

Terroriser les victimes

L’association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) et la ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) dénoncent une procédure qui « transforme la victime en accusée, qui vise à la terroriser et à les obliger, elle et son fiancé, à renoncer à leurs droits ».

« Ces derniers mois, plusieurs femmes modernes ont été harcelées par des policiers, s’indigne de son côté Bochra Belhaj Hmida, membre de l’ATFD et avocate de la jeune femme. Elles n’ont reçu aucun soutien des autorités et certaines ont été traduites en justice ». Depuis l’arrivée au pouvoir du parti islamiste Ennahda, la société civile craint un retour en arrière en matière des droits des femmes et des libertés individuelles.

Après une première convocation devant le juge d’instruction le 26 septembre, le couple est à nouveau appelé à se présenter ce mardi 2 octobre. Un appel à manifester devant le palais de justice de Tunis a été lancé, ce jour-là, sur les réseaux sociaux, sous le titre « Nous nous aimons : violez-nous. »

Anouk LEDRAN. Article original_39382-2117955_actu.Htm »>Article original

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0 Commentaires
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Armand Maruani

Un printemps sans fleurs ni couronnes . Il ne reste que les corbeaux .

andrep

Les faux culs ,ce sont aussi et comme d’habitude les occidentaux qui savaient que les islamistes uti lisaient ce soi disant printemps arabe à leurs fins.Printemps qui n est rien d autre que le debut d une longue ère glaciaire…..

Bzcom

Ils ont voulu le printemps arabe et la démocratie. Le viol fait-il partie de la démocratie en Tunisie ?