Ca y est ! Les républicains pensent avoir enfin trouvé la brèche qu’ils espéraient depuis le début de la campagne.
Depuis le temps qu’ils la cherchaient. Dix jours après l’assaut du consulat Américain à Benghazi (Lybie) dans lequel l’ambassadeur Chris Stevens a trouvé la mort avec trois autres diplomates, le président Américain aurait délibérément menti: Il aurait d’abord minimisé les risques pris par les diplomates, et surtout, il aurait travesti les faits, parlant d’émeutes spontanées, alors que les services secrets l’auraient averti très vite qu’il s’agissait d’une attaque terroriste.
On connaît le rapport épidermique des Américains au mot « mensonge ».
Toujours dans la nuance, le gouverneur de l’Arkansas Mike Huckabee n’y est pas allé avec le dos de la cuillère sur Fox News, affirmant que tout cela était bien pire que le Watergate qui avait forcé Nixon à démissionner alors qu’il s’agissait d’une affaire où « au moins, personne n’était mort ».
Toute la journée, les twittos républicains, célèbres ou anonymes, soudain ragaillardis, se sont littéralement déchainés, le « #benghazigate » devenant le
« hashtag » de la journée.

Traité de menteur voire d’assassin, sans qu’on sache toujours ce qui était le plus grave, Barack Obama s’est fait méchamment pilonner.
Sans surprise le site conservateur «Breitbard» a été l’un des premiers à s’engouffrer dans la brèche, réclamant la démission de l’ambassadeur aux Nations-Unies Susan Rice pour avoir raconté « les yeux dans les yeux » aux Américains une histoire que la Maison Blanche savait fausse depuis plusieurs jours.
Trop tôt pour savoir le fond de l’affaire.
Vendredi, le directeur national des Renseignements James Clapper, a reconnu dans un communiqué qu’ils avaient « révisé leurs déclarations initiales à la lumière de nouvelles informations montrant qu’il y avait eu une attaque délibérée et organisée par des extrémistes « .
Susan Rice le savait elle quand elle s’est exprimée ?

La Maison Blanche a t elle menti, et pourquoi ?
Pour l’instant les porte-parole affirment que les preuves n’avaient pas encore été apportées, mais rien n’est très clair.
Pour l’équipe de Romney, c’est du pain béni.
Mais c’est vrai, certains démocrates commencent eu aussi à poser des questions, souhaitant que toute la lumière soit faite sur ces assassinats qui ont ému le pays.
Reste à savoir si ce vrai ou faux « Benghazi Gate » suffira à faire vaciller Obama, qui tient toujours la corde dans les sondages.
Difficile de l’affirmer avec certitude, mais c’est peu probable.
Peu probable en effet que l’élection se joue sur des questions de politique étrangère.
Les critiques, maladroites c’est vrai, de Mitt Romney au lendemain de l’attentat de Benghazi, quasi unanimement désavouées, montrent que la politique étrangère de Barack Obama reste pour l’instant peu remise en question.
Romney n’a pas montré qu’il apportait une alternative crédible.
Ici, l’attention est quasi exclusivement concentrée sur la situation économique du pays et la lutte contre le chômage.
En tout cas pour l’instant.
Natacha Tatu/ Blogs Nouvel Obs Article original
TAGS: Benghazi Terrorisme Chris Stevens Présidentielles USA
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