L’armée israélienne s’inquiète des conséquences d’un changement de régime pour la sécurité de l’État hébreu.Les militaires israéliens ne cachent pas leurs appréhensions dès qu’ils abordent, en privé, la question syrienne.
Ils en viennent à se demander, toujours avec une pointe d’anxiété, à quoi ressemblera la Syrie après la chute d’Assad.
Ils envisagent déjà une possible implosion du pays voisin, un découpage selon des frontières ethniques ou religieuses, à la manière de l’ex-Yougoslavie.
Les spécialistes de Tsahal ont été parmi les premiers à remarquer que les Kurdes syriens réclamaient, avant la mise en place de la démocratie dans l’ensemble du pays, une large autonomie pour eux-mêmes, similaire à celle octroyée aux Kurdes irakiens.
Les Alaouites, repliés autour du port de Lattaquié, d’où est issue la famille Assad, reparlent, quant à eux, d’un territoire qui leur serait propre, tel qu’il existait sous le mandat français…
Apprenant la mort violente de son homologue syrien Daoud Rajha, tué dans un attentat, Ehoud Barak, ministre israélien de la Défense, a réagi en ces termes :
« C’est le début de la fin pour le régime du président Assad.
La famille va bientôt être contrainte de quitter le pouvoir… »
Un collaborateur du ministre israélien ajoutait aussitôt :
« Cet attentat, qui a aussi coûté la vie au général Hassan Turkmani et au beau-frère d’Assad, Assaf Shawkat, équivaut à un séisme de puissance 7 sur l’échelle de Richter ».
Et de poursuivre :
« Ces hommes composaient en quelque sorte le socle du régime… Leur disparition va l’affaiblir considérablement. »
En outre, les responsables israéliens craignent qu’en cas de chute du président Assad, les armes chimiques de l’arsenal syrien aboutissent entre les mains des miliciens du Hezbollah libanais.

Le général Koravi, commandant en chef des services de renseignements militaires israéliens, a décrit ce qui pourrait arriver après l’éviction de Bachar al-Assad :
« Les éléments islamistes sunnites, proches d’Al-Qaida, vont tenir le haut du pavé dans les principales agglomérations syriennes et se préparer à lancer des attaques contre Israël à partir du plateau du Golan ».
Ces sunnites, estime-t-il, chercheront à se rapprocher du président égyptien récemment élu, mais également de toute la mouvance islamiste au Moyen-Orient.
Le général Koravi, ainsi que d’autres officiers supérieurs de Tsahal, rappelle que les lignes d’armistice sur le Golan étaient les plus sûres depuis la guerre des Six Jours (1967).
Mais la situation serait susceptible de changer du tout au tout en cas de chute du régime en Syrie.
Ces derniers jours, le général Benny Gantz, chef d’état-major de Tsahal, passe en revue divers scénarios avec les autres chefs de l’armée.
Lui et le ministre Ehoud Barak sont en contact permanent avec le secrétaire d’État américain à la défense, Leon Panetta.
La rumeur veut que ce dernier pousse les Israéliens à bombarder les entrepôts où sont stockées les armes chimiques syriennes.
Autre rumeur : le chant du cygne du président Assad pourrait être un feu d’artifice de tirs de missiles sur Israël, accompagné par un déluge de tirs de roquettes en provenance de la frontière libanaise…
Serge Rabinovici/ L’Alsace.fr Article original
TAGS: Assad Syrie Barak Golan 1967 Armes chimiques Lattaquié
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