Plus d’un millier de membres de la communauté kurde de Marseille ont défilé mardi en signe de soutien à la ville kurde de Kobané en Syrie, une manifestation à l’issue de laquelle 15 interpellations ont eu lieu après des incidents près du consulat de Turquie.

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Les manifestants -1.500 selon les organisateurs, 1.300 selon la police- ont défilé dans l’après-midi le long de la Canebière, avant de se disperser sur le Vieux-Port dans le calme.

Au cours de la manifestation, les membres de la communauté kurde de Marseille, qui défilaient pour la quatrième fois en moins de 10 jours, ont appelé à une intervention internationale en faveur de la ville de Kobané, proche de la frontière turque, sur le point de tomber aux mains des djihadistes de l’organisation Etat islamique (EI).

Après la dispersion, un groupe de 30 à 40 personnes a pris à partie les forces de l’ordre déployées devant le consulat de Turquie, qu’elles surveillaient pendant la manifestation, a expliqué à l’AFP la direction départementale de la sécurité publique (DDSP).

Ces personnes ont jeté des pierres et des projectiles sur le bâtiment et sur les policiers, blessant légèrement l’un d’eux, a-t-on ajouté de même source. Le dispositif déployé dans le périmètre entourant le consulat de Turquie a permis dans la foulée d’interpeller au total 15 personnes.

Auparavant, dans la manifestation, sur des pancartes, on pouvait lire plusieurs slogans: « Réagissons avant qu’il ne soit trop tard », « Aujourd’hui des Kurdes, demain peut-être vous » ou encore « Les Kurdes de Syrie menacés de génocide ».

« Bien que résistant avec le plus grand acharnement depuis trois semaines, les forces d’autodéfense kurdes n’ont pas suffisamment d’armes pour freiner l’avancée de cette organisation surarmée », a souligné le Conseil démocratique Kurde de France dans un tract intitulé « Un massacre est en cours à Kobané! Qu’attendez-vous pour agir ? ».

« Hier (lundi), les hordes barbares sont entrées dans Kobané et ont commencé à se livrer à des massacres sur la population civile. Le massacre de milliers de civils est à craindre », souligne ce texte.

Des drapeaux du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) et des portraits de son leader historique, Abdullah Öcalan, qui purge depuis 1999 une peine de prison à vie en Turquie, étaient déployés en tête du cortège.

A Nice une manifestation de la communauté kurde a rassemblé une centaine de personnes.

AFP 07/10/2014.

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#Marseille : Dérapage en préfecture face aux Kurdes

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Déluge de paroles déplacées à la préfecture de police. photo Robert Terzian Copyright Journal La Marseillaise

Dans un enregistrement que s’est procuré « la Marseillaise », le directeur de cabinet du préfet de police invective une délégation kurde en des termes qui n’honorent pas la République.
Préfecture de police, jeudi à 15 heures. D’un côté de la table, le sous-préfet Gilles Gray, directeur de cabinet du préfet de police, entouré de représentants des forces de l’ordre et des ex-renseignements généraux. De l’autre, une délégation Kurde.

L’échange dont témoigne un enregistrement que s’est procuré La Marseillaise tourne rapidement au vinaigre. Très remonté contre leur tente plantée sur le Vieux-Port que la mairie refuse et leurs manifestations spontanées de solidarité avec les minorités visées par Daesh, le sous-préfet prévient : « Faites gaffe tous les trois parce que moi je commence à en avoir marre. »

« Si j’étais juif, je serais dans l’armée israélienne »

« Ne nous prenez pas pour des cons, vous parlez au sous-préfet de police, monsieur qui-n’êtes-pas-Français », lance-t-il à l’adresse d’un des délégués kurdes auquel il reproche de ne pas avoir déposé de demande d’autorisation de manifester. « Vous ferez ce qu’on acceptera, vous avez compris ça ? C’est pas le club clodo ici, c’est pas le bordel », explose-t-il en réitérant son refus de voir la tente kurde perdurer sur le Vieux-Port.

Le sous-préfet, un ancien de la DST et de la police nationale, les incite ensuite plusieurs fois à partir combattre. « Nous sommes des civils pas des militaires », lui répond un militant kurde. « Vous avez vos soeurs et vos frères qui sont là-bas, il faut les aider, d’une manière ou d’une autre. C’est pas en faisant les cons sous l’ombrière que vous allez les aider. Ils ont besoin de kalash, d’hommes… »

Lorsque les délégués lui répondent qu’ils font signer une pétition pour demander l’aide militaire de la France, Gilles Gray rétorque : « Mais attendez, les Marseillais s’en foutent, les Français de manière générale ont tellement de soucis, les gens s’en foutent. Franchement ne croyez pas que les gens s’intéressent à votre cause. C’est pas un jugement de valeur, c’est un constat. »

Puis pour adoucir un peu son propos, il affirme aux militants avoir, par le passé, « lutté aux côtés des combattants kurdes, pour vous. Je me suis fait tirer dessus, j’étais dans la tranchée, je n’ai rien contre les Kurdes. On a des pilotes français au-dessus de chez vous contre Daesh mais vous n’y êtes pas. (…) Je ne suis pas Jo le Clodo, je connais la région ! ».

Quand une militante lui fait remarquer : « On n’est peut-être pas des Français mais on est des humains », il dérape à nouveau : « La question n’est pas là. Je ne comprends pas. Vous êtes Kurdes, c’est un grand peuple le peuple kurde. Vous avez vos frères là-bas et vous êtes en train de mettre la merde à Marseille mais vous n’y êtes pas [au Kurdistan, ndlr]. C’est comme la communauté juive. Moi si j’étais juif à Marseille, pensant à mon peuple et à mon pays, ben je serais dans l’armée israélienne, pas à Marseille. »

« Foutez le camp ! »

Un délégué kurde tente une réponse : « Je pense que ça doit être possible de rester civil, de ne pas s’engager en guerre et d’attirer l’attention… » Il est coupé par un tonitruant « et de pas foutre le bordel chez nous ?! » La militante kurde insiste : « Mais on est pas contre vous on est avec vous. » « J’espère que vous êtes avec nous, vous êtes chez nous ! »

« On n’est pas là pour foutre le bordel ! », s’indigne un Kurde. « Alors foutez le camp ! », assène le haut fonctionnaire.

Alarmée par la menace « d’un nouveau Rwanda » et particulièrement par le sort des habitants de Kobanê, ville assiégée par les combattants de Daesh, la délégation tente de négocier une « exception » pour manifester sans autorisation si un massacre a lieu. « Pourquoi on vous traiterait mieux que les autres ? Vous avez une tête comme ça vous les Kurdes. Vous croyez que vous êtes les rois du monde ? Vous êtes des gâtés. On vous a gâtés un peu trop d’ailleurs. »

Pour le défilé d’aujourd’hui prévu à 14 heures au départ des Mobiles, les militants demandent de pouvoir aller jusqu’au consulat de Turquie pour dénoncer ce qu’ils estiment être la duplicité de l’État turc dans le conflit en cours. Refus catégorique du côté des forces de l’ordre. « Le consulat c’est non ! Et ça va tripper grave, le premier qu’on choppe il va en taule. C’est clair ? S’il est pas Français, il est mort ! », menace le sous-préfet, directeur de cabinet du préfet de police, suggérant une expulsion.

A la fin de l’entretien alors que Gilles Gray évoque la nécessité pour ses services de se concentrer sur la prévention de la menace terroriste « pendant qu’on s’occupe de vous on protège pas les écoles », un des Kurdes lui dit « j’espère que vous ne bluffez pas » Réponse : « Je ne mens jamais, je suis protestant. C’est mon défaut. Je dis les choses cash. »

C’est un euphémisme.

Écrit par Léo Purguette samedi 4 octobre 2014 17:30

[lamarseillaise.fr

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marman68

Mais Kurdes ou pas en France, il y’a des lois et il faut que tous les respectent sinon ça devient l’anarchie
et ceux qui ne veulent pas respecté les lois de la France, ils sont toujours libres d’aller dans un autre pays

marman68

les nationalité et les les religions sont diverses en France, cela ne veut pas dire qu’on peut régler tous les problèmes du monde comme sont tentés de croire beaucoup de gens
La France ne peut pas régler tous les problèmes du monde