L’islamiste Djamel Beghal est jugé mardi en appel à Paris, accusé d’avoir participé à un projet d’évasion de Smaïn Aït Ali Belkacem, un des auteurs de la vague d’attentats islamistes de 1995 en France.S’il a reconnu avoir été au courant du projet d’évasion de Belkacem, ancien membre du Groupe islamique armé (GIA) condamné en 2002 à perpétuité pour son rôle dans l’attentat à la bombe à la station RER Musée d’Orsay, à Paris, le 17 octobre 1995 (30 blessés), Beghal a nié toute implication directe.

A l’époque des faits, en 2010, Beghal, déchu de sa nationalité française, était assigné à résidence dans le Cantal après avoir purgé une condamnation pour un projet d’attentat contre l’ambassade des Etats-Unis à Paris.

Belkacem détenant illégalement un portable en prison, les enquêteurs avaient placé sur écoutes les deux hommes, qui s’étaient rencontrés en détention. Ils avaient lancé un coup de filet en mai 2010, saisissant notamment une kalachnikov et des munitions chez un complice, et dans la cellule de Belkacem des « recettes de poison », notamment pour fabriquer la très dangereuse toxine du botulisme, dont il a affirmé ne pas savoir d’où elles venaient.

En première instance, Belkacem et Beghal avaient été condamnés en décembre dernier respectivement à 12 et 10 ans de prison, avec périodes de sûreté des deux tiers, pour le projet d’évasion. Ils avaient en revanche été relaxés des accusations de projet d’attentat. Six complices poursuivis pour la seule tentative d’évasion avaient été condamnés à des peines moindres.

Seul Beghal avait fait appel, son avocat, Bérenger Tourné, dénonçant un caractère « disproportionné » de sa condamnation par rapport aux autres prévenus directement impliqués dans la tentative d’évasion. « Il a été reconnu innocent des accusations de terrorisme mais on a cru pouvoir le condamner pour un projet d’évasion auquel il n’est mêlé ni de près ni de loin », son seul tort étant selon son défenseur d’avoir « parlé au téléphone ».

« Le tribunal ne s’est pas caché de fixer la peine en raison d’un principe de précaution qui n’existe pas en droit pénal, » dénonce Me Tourné, estimant son client victime de sa réputation dans un contexte de dénonciation des menaces jihadistes. L’avocat avait dénoncé en première instance de graves manquements dans l’enquête, saisissant le Conseil supérieur de la magistrature pour sanctionner le juge d’instruction et déposant plainte pour faux concernant des pièces de l’enquête de la DCRI (devenue DGSI).

[AFP

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