Pourquoi de nouvelles élections sont probables en Israël

Les élections israéliennes du 27 octobre n’ont pas permis de dégager une majorité claire, ouvrant la voie à une possible nouvelle élection ou à la formation d’un gouvernement fragile et temporaire. Selon l’expert politique Jack Drassinower, les divisions profondes entre les partis, notamment sur les alliances possibles, rendent improbable la constitution d’une coalition stable.

L’une des options envisagées serait une coalition dirigée par Gadi Eisenkot, soutenue de l’extérieur par des partis arabes. Toutefois, cette alliance pourrait ne durer que quelques mois. Par ailleurs, le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu pourrait tenter de rallier des figures de l’opposition, notamment Naftali Bennett et Avigdor Liberman, en proposant un partage du poste de Premier ministre via une rotation. Cette proposition, bien que stratégique, est rejetée publiquement par Bennett et Liberman, qui refusent de participer à un gouvernement dirigé par Netanyahu.

Les positions des partis d’opposition sont loin d’être homogènes. Les Démocrates, sous la direction de Yair Golan, se montrent ouverts à une coopération avec les partis arabes, tandis que Bennett et Liberman s’y opposent fermement. Cette divergence complique la formation d’une majorité parlementaire. En effet, les partis arabes, avec un total de 19 sièges, représentent une force non négligeable. L’ajout du parti Ra’am aux 48 sièges de l’opposition porterait le total à 56, insuffisant pour une majorité. L’inclusion des deux listes arabes pourrait atteindre 67 sièges, mais uniquement si toutes les formations d’opposition s’accordaient, ce qui semble peu probable.

Liberman, en particulier, exclut toute collaboration avec les partis ultra-orthodoxes ou le recours au soutien des partis arabes, limitant ainsi les options pour Eisenkot. Il rejette également le soutien à un gouvernement minoritaire, même de l’extérieur de la coalition. Ces restrictions rendent la tâche d’assembler une coalition alternative encore plus ardue.

Drassinower souligne que l’opposition ne peut ignorer les 19 sièges des partis arabes, qui traduisent une demande d’inclusion politique accrue et une réaction aux problèmes de criminalité et d’insécurité dans les communautés arabes. Toute négociation impliquant ces partis nécessiterait des accords sur des priorités politiques, des financements gouvernementaux et des mesures spécifiques pour améliorer les conditions dans ces communautés.

Une hypothèse plus spéculative évoque la possibilité que Netanyahu cherche à obtenir le soutien du parti Ra’am, ce qui lui permettrait d’atteindre une majorité exacte de 61 sièges avec ses alliés actuels. Cependant, cette option fait face à des obstacles politiques importants et aucune négociation concrète n’a été signalée.

Par ailleurs, la baisse significative des voix pour le parti ultra-orthodoxe Shas, passant de 11 à 6 sièges, influence également les calculs politiques. Cette chute est attribuée en partie à la position de Shas contre la conscription militaire, qui aurait éloigné certains électeurs sépharades plus modérés, moins attachés à la ligne ultra-orthodoxe. En revanche, le parti United Torah Judaism a maintenu ses sept sièges.

En résumé, l’impasse actuelle reflète des divisions profondes au sein de la scène politique israélienne, entre refus de collaboration avec certains partis, divergences sur les alliances possibles et enjeux communautaires cruciaux. La perspective d’une nouvelle élection ou d’un gouvernement éphémère semble donc la plus probable à court terme.

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