Le Qatar offre une bouée de sauvetage à l’économie iranienne en ruine

De nouveaux détails concernant des négociations secrètes à Doha révèlent que le Qatar accordera à Téhéran une ligne de crédit massive de 6 milliards de dollars, destinée, du moins officiellement, aux seuls achats civils. Cette aide vitale intervient alors que l’économie iranienne devrait se contracter de 10 % cette année et figure parmi les pays les moins résilients au monde.

par Danny Zaken

Un nouvel accord-cadre conclu entre l’Iran et le Qatar ouvre la voie à un contournement des sanctions américaines et du blocus naval imposé à la République islamique. Le Qatar a approuvé une ligne de crédit de 6 milliards de dollars pour l’Iran, destinée à l’achat de biens via Doha. Cette somme s’inscrit dans le cadre du réseau d’aide que le Qatar fournit à l’Iran, qui cherche des solutions pour contourner les restrictions économiques.

Selon des sources diplomatiques de la région qui se sont entretenues avec Israel Hayom , les détails de la ligne de crédit ont été finalisés lors de la visite à Doha, la semaine dernière, du président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, du ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, et du gouverneur de la Banque centrale d’Iran.

Les discussions entre les deux parties ont porté sur 12 milliards de dollars déposés au Qatar . Ces fonds, provenant de Corée du Sud, avaient déjà été mentionnés hier dans un article d’Israel Hayom comme faisant partie des accords en cours d’élaboration. Le dépôt avait été gelé auparavant, l’Iran n’ayant pas rempli les conditions requises pour son déblocage, et en raison du conflit armé.

Les Iraniens ont tenté d’obtenir le déblocage, au moins partiel, de la somme en espèces. Comme l’a révélé Israel Hayom , des négociations téléphoniques directes ont eu lieu avec Washington lors des discussions à Doha.

Selon des sources diplomatiques, le Qatar a accepté d’accorder à l’Iran une ligne de crédit pour l’achat de biens civils, de produits alimentaires et de médicaments, à condition que ces achats soient effectués via Doha. Concrètement, ce crédit équivaut au déblocage de 6 milliards de dollars, mais, du moins en apparence, son utilisation est strictement limitée à des fins civiles.

D’après une source diplomatique, le Qatar n’aurait pas évoqué cette possibilité sans un accord américain, même indirect. Lors des négociations, les Américains ont exigé que tout déblocage de fonds soit exclusivement destiné à des fins civiles et placé sous contrôle.

L’accord-cadre approuvé par le Qatar, prévoyant une ligne de crédit et des achats exclusivement via Doha, instaure des mécanismes de contrôle répondant aux exigences américaines. Il marque un changement de position par rapport à celle du président américain Donald Trump, qui avait initialement conditionné tout transfert de fonds à la remise par l’Iran de son stock d’uranium enrichi, une mesure qui s’était heurtée à l’opposition de hauts responsables du Corps des gardiens de la révolution islamique.

Le passage secret du détroit d’Ormuz

L’implication du Qatar dans les négociations est profonde et, de ce fait, Doha semble obtenir des concessions des deux parties. Hier, Israel Hayom a rapporté que des dizaines de navires et de pétroliers qataris transportant du pétrole et du gaz naturel liquéfié vers l’Europe et l’Extrême-Orient, principalement la Chine et l’Inde, ont franchi le détroit d’Ormuz avec l’accord de l’Iran et sans intervention de la marine américaine.

Ce passage a été rendu possible après que le Qatar, selon des sources diplomatiques et de renseignement, a transféré une aide financière à l’Iran déguisée en paiements de transit et par d’autres moyens, aidant ainsi le régime à faire face aux sanctions.

Les Américains n’ont pas empêché ces navires de passer, malgré les paiements effectués à l’Iran et contrairement à la politique de blocus déclarée. Le Commandement central américain (CENTCOM) affirme quant à lui que ses forces continuent d’appliquer le blocus dans son intégralité et ont même dérouté 116 navires commerciaux.

Rupture économique profonde à Téhéran

Parallèlement, la situation économique de l’Iran continue de se détériorer. Selon les rapports des économistes iraniens, le pays devrait se contracter d’environ 10 % cette année. L’inflation s’emballe et les prix des produits de première nécessité ont doublé depuis le début de l’année.

Des économistes iraniens préviennent que même si un accord est signé permettant le déblocage des fonds gelés et l’exportation de pétrole, le pays aura du mal à se redresser sans investissements étrangers et sans une aide extérieure généreuse.

D’après l’indice de résilience des entreprises établi par la compagnie d’assurance Factory Mutual, qui évalue la capacité de 130 pays à résister aux chocs économiques et à s’en remettre, l’Iran figure parmi les derniers, à la 125e place. Cela signifie que, sans une réforme en profondeur de sa politique et une sortie de son isolement diplomatique et économique, le pays n’a aucune chance de redressement.

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1 Commentaire
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Moses

Ceci est une illustration du caractère malsain de la relation qu’entretiennent les USA avec le Qatar. En laissant le Qatar abreuver l’Iran de milliards, ils empêchent le soulèvement contre le régime tyrannique des ayatollahs de la population iranienne par manque de ressources alimentaires