Grand Rabbinat d’Israël ouvre ses examens aux femmes
Un changement discret mais historique s’est produit en Israël. Le 11 février, le ministère des Affaires religieuses a publié un communiqué annonçant l’ouverture des inscriptions aux examens du Grand Rabbinat pour l’obtention d’un diplôme rabbinique. Pour la première fois, ces inscriptions ne sont plus réservées aux hommes : les femmes peuvent désormais se présenter aux épreuves.
L’annonce officielle ne soulignait pas explicitement la portée de cette évolution. Pourtant, elle marque un tournant majeur dans les relations entre l’institution rabbinique d’État et les revendications en matière d’égalité. Le Grand Rabbinat d’Israël, historiquement dominé par des autorités ultra-orthodoxes, n’a jamais reconnu de femmes candidates à l’ordination dans son cadre officiel.
Il ne s’agit pas d’une transformation doctrinale : les yeshivot ultra-orthodoxes ne s’apprêtent pas à accueillir des femmes rabbins dans leurs rangs. Toutefois, en Israël, le diplôme rabbinique délivré par l’institution d’État a une valeur administrative considérable. Depuis 2019, une loi promue par l’ancien ministre de l’Intérieur Aryeh Deri assimile ces certificats à un diplôme universitaire de deuxième cycle. Les institutions publiques sont ainsi tenues de les reconnaître lors des concours, recrutements et promotions, avec des conséquences directes sur les grilles salariales.
Cette reconnaissance officielle a eu des effets inattendus. Des offres d’emploi dans le secteur public ont parfois mentionné qu’un diplôme rabbinique pouvait équivaloir à un master universitaire. Ce statut académique et professionnel renforcé a suscité l’intérêt de femmes ayant suivi des études avancées en judaïsme, notamment dans des universités ou au sein de courants non orthodoxes.
En 2019, six candidates ont saisi la Haute Cour de justice d’Israël, dénonçant une discrimination fondée sur le sexe. Elles demandaient à pouvoir passer les examens du Rabbinat dans les mêmes conditions que les hommes et bénéficier des mêmes droits administratifs. Pendant plusieurs années, la procédure a connu des retards successifs.
En juillet dernier, la Haute Cour a finalement tranché : l’exclusion des femmes des examens constituait une discrimination illégale. Elle a ordonné que les plaignantes puissent se présenter aux épreuves et, en cas de réussite, recevoir le diplôme rabbinique. Cette décision a contraint le ministère des Cultes et le Rabbinat à adapter leurs procédures. Les examens prévus en novembre ont été annulés puis reportés, officiellement pour des raisons organisationnelles, dans un contexte où l’institution devait se préparer à accueillir des candidates.
Parmi les six femmes à l’origine du recours, une seule envisage à ce stade de passer les examens : Sarah Segal-Katz, 46 ans. Si elle se présente et réussit, elle pourrait devenir la première femme à obtenir un diplôme rabbinique délivré par le Rabbinat d’État israélien.
Au-delà du symbole, cette évolution s’inscrit dans un débat plus large sur la place des femmes dans les institutions religieuses officielles en Israël. Si les courants réformés et conservateurs ordonnent des femmes depuis plusieurs décennies, le Rabbinat d’État, structure centrale dans la gestion du mariage, du divorce et d’autres aspects du statut personnel, était resté fermé à toute candidature féminine.
La décision judiciaire ne transforme pas l’équilibre religieux du pays, mais elle modifie le cadre administratif et juridique. Elle ouvre un précédent qui pourrait avoir des répercussions sur d’autres instances religieuses dépendant de l’État. Reste à voir comment cette nouveauté sera intégrée, concrètement, dans une institution longtemps attachée à des pratiques exclusivement masculines.
Jérémie de Jforum.fr
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Deborah, prophètesse, jugeait le peuple d’Israel sous un palmier.
La femme de rabbi Meïr, Brourya, pouvait le remplacer dans son cours, de même que la femme et les filles de Rachi … les exemples sont très nombreux dans l’histoire juive.
Rabbin n’est pas une fonction de la thora, nous sommes tous égaux et en direct avec le Divin. Mais c’est une bonne chose que les femmes puissent exercer ce métier ou avoir ce titre, si elles le désirent, elles le feront aussi bien que des hommes, sinon avec plus de coeur et de dévouement.
Que dit la tora ? Si la tora ne s’y oppose pas je ne vois aucun problème.