Base Américaine en Espagne

L’Espagne bloque des navires américains transportant des armes vers Israël

Les relations entre Madrid, Washington et Jérusalem connaissent une nouvelle zone de turbulence. Selon des révélations parues dans la presse espagnole, plusieurs navires américains chargés de matériel militaire destiné à Israël n’ont pas pu transiter par les bases de Rota (province de Cadix) et de Morón de la Frontera (près de Séville). Ces deux installations, essentielles à la coopération de défense hispano-américaine, sont officiellement gérées conjointement mais demeurent sous souveraineté espagnole.

Un haut responsable militaire espagnol cité par la presse a insisté sur ce point : « Rota et Morón sont des bases espagnoles, commandées par des officiers espagnols. Toute opération doit être autorisée par Madrid. » Cette affirmation reflète la volonté du gouvernement d’exercer un contrôle strict sur les flux militaires, en particulier lorsque ceux-ci concernent le conflit israélo-palestinien.

Contexte politique et décisions espagnoles
Depuis octobre 2023, l’Espagne a suspendu ses exportations d’armes vers Israël. En mai 2024, Madrid a franchi une étape supplémentaire en reconnaissant officiellement un État palestinien, s’alignant sur une position diplomatique revendiquée comme « cohérente » par le gouvernement de Pedro Sánchez. Parallèlement, plusieurs contrats d’armement conclus avec des entreprises israéliennes ont été annulés.

Cette orientation politique a nourri des tensions avec les États-Unis. Les bases de Rota et Morón jouent en effet un rôle stratégique pour le Pentagone, qui les utilise comme hub logistique pour ses opérations au Moyen-Orient. Durant l’été, elles ont accueilli pas moins de quinze avions ravitailleurs KC-135 américains lors de la confrontation israélo-iranienne de juin, prélude à l’opération baptisée Midnight Hammer.

Un cadre juridique contraignant
Le traité de coopération militaire signé entre Madrid et Washington en 1988 encadre précisément l’usage de ces infrastructures. L’article 25 du texte stipule que tout transport de « cargaisons ou passagers controversés » doit recevoir une autorisation expresse de l’Espagne. De plus, un amendement de 2011 impose aux États-Unis de détailler l’origine et la destination des missions, ainsi que la nature du fret.

Si, dans le passé, Madrid fermait les yeux sur la destination finale des cargaisons, la situation a changé. Désormais, l’Espagne exploite ces marges de manœuvre pour bloquer ou retarder les mouvements liés à Israël. Selon certaines sources, six chasseurs F-35 israéliens, livrés en mars depuis les États-Unis, ont dû éviter les bases espagnoles et passer par les Açores afin de rejoindre Israël.

La réaction américaine
Du côté de Washington, la frustration est manifeste. Un porte-parole du département d’État a déclaré en septembre que « limiter l’accès aux ports et à l’espace aérien espagnols pour les armes destinées à Israël est profondément préoccupant ». Il a ajouté que cette décision, prise le jour même où un attentat faisait six victimes à Jérusalem, « envoie un signal d’encouragement aux terroristes ».

Les États-Unis rappellent que l’Espagne est membre de l’OTAN et soulignent que l’alliance repose sur une solidarité entre partenaires. En restreignant les opérations américaines liées à Israël, Madrid crée un précédent que certains à Washington jugent dangereux.

Une décision aux conséquences stratégiques
L’affaire dépasse la simple question d’acheminement de cargaisons militaires. Elle interroge la place de l’Espagne dans l’architecture sécuritaire occidentale. D’un côté, Madrid affirme sa souveraineté et affiche une ligne politique favorable aux Palestiniens. De l’autre, les États-Unis et Israël considèrent que ce choix affaiblit la capacité de réaction commune face aux menaces régionales, notamment iraniennes.

Ce bras de fer risque également de fragiliser les relations bilatérales Madrid-Washington. En dépit de leurs différends, les deux pays restent liés par des intérêts stratégiques majeurs : lutte contre le terrorisme, contrôle des routes maritimes et stabilité en Méditerranée.

Face à cette situation, Israël se retrouve une fois de plus confronté à des obstacles diplomatiques et logistiques qui fragilisent sa sécurité. Or, la lutte contre le terrorisme et la défense de la population israélienne nécessitent un soutien clair de ses alliés occidentaux. Espérons que les décisions européennes, loin d’entraver la sécurité d’Israël, n’aient pas pour effet indirect d’encourager ceux qui menacent son existence.

 

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Damran

Faisons confiance à notre ami TRUMP, il va chercher et trouver de nouvelles bases dans le coin, et au final, c’est l’Espagne de Sanchez le cinglé qui en pâtira….