Un conte de fée qui s’est réalisé, dans une épicerie de Jérusalem pendant shabbat
Le billet quotidien / Sivan Rahav-Meir
Le soir de shabbat, Meir Shua s’apprêtait à fermer l’épicerie familiale, « Super Hatachana », rue Oussishkin à Jérusalem. Mais il découvrit que la clé avait disparu. Il chercha, chercha, mais ne la trouva pas. Il vérifia auprès des membres de sa famille qui tenaient l’épicerie avec lui : la clé la plus proche se trouvait à Ashkelon. Le soleil allait se coucher, shabbat allait commencer, et c’est le cœur lourd que Meir rentra chez lui et laissa l’épicerie ouverte. Sans clé, impossible de baisser le grand volet de l’entrée. Il quitta donc l’endroit laissant toutes les marchandises exposées.
Attendez un instant. Que pensez-vous qu’il s’est passé ? Eh bien, 24 heures passèrent, des milliers de personnes de toutes sortes traversèrent la rue Oussishkin pendant shabbat, et à l’intérieur, il y avait une caisse avec de l’argent liquide et d’innombrables produits, dont des cigarettes et de l’alcool. Des marchandises valant des dizaines de milliers de shekels. Samedi soir, Meir est retourné sur place et a été surpris. Agréablement surpris.
« Toutes les marchandises étaient là », m’a-t-il dit. « Rien n’a été volé. De plus, des voisins bienveillants, qui pensaient que l’endroit avait été cambriolé, ont placé une grande poubelle à l’entrée pour la bloquer.»
Quel est donc son message ? « Il n’y a rien de comparable au peuple d’Israël, rien de comparable au shabbat, rien de comparable à la Torah. Après tout, à shavouot, on lit : Tu ne voleras pas. Non seulement nous ne sommes pas des voleurs, mais nous sommes des justes. Cette histoire a fait sensation dans tout le quartier, chacun vient pour que je la lui raconte personnellement.»
Voilà, vous l’avez entendue aussi. Juin 2025
Béha’alotékha: à propos de la Manne envoyée du ciel
Commentaire de David Banon
Innombrables sont les thèmes relatés dans cette paracha de sorte qu’il est difficile d’en choisir un au détriment des autres.
Nous proposons cependant de refléchir sur les deux signes distinctifs insérés dans le rouleau de la Torah qui sert à la lecture publique, les deux nounim (pluriel de noun, nom de la lettre de l’alphabet hébraique correspondant au n) inversés encadrant deux versets 35 et 36 du chapitre 10 des Nombres. “Et lorsque l’on transportait l’arche, Moise disait Lève toi YHVH que tes ennemis se dispersent et ceux qui te haissent s’enfuient de devant ta face. Et à son repos, il dit, retourne YHVH aux multitudes des milliers d’Israel.”
Quel sens donner à ces nounim inversés ? Pourquoi sont-ils obligatoirement consignés à cet endroit précis sous peine de rendre le rouleau de la Torah inapte à la lecture publique?
“Nos maîtres enseignent, le Saint, béni soit-Il, a délimité cette paracha par des signes en haut et en bas. Pourquoi? Rabbi ensiegne parce que c’est un livre à part entière. R. Shmuel bar Nahmani explicite le dire de R. Yonathan en citant un segment de Proverbes 9,1. Elle [la sagesse] aélevé sept colonnes. Ce sont, dit-il, les sept livres.” (Shabbat 116 a)
Si ces deux versets constituent un livre en soi, Bémidbar se trouve donc divisé en trois parties, chacune formant un livre, le premier s’étendant jusqu’au premier noun, le second entre les deux nounim et le troisième, après le second noun.
Si bien que la Torah ne se compose pas de cinq parties (Pentateuque), mais de sept. Et peut-être ces sept parties font un clin d’oeil au sept branches de la ménorah dont ilest question au début de la paracha, aux sept sciences fondamentales.
Mais la majorité des commentateurs attirent l’attention du lecteur sur le fait que ces deux versets avec leurs signes distinctifs marquent une frontière séparant une catastrophe d’une autre…comme pour laisser du répit au peuple.
La première selon R. Hama bar Hanina consiste à avoir tourné le dos à Dieu/sarou méah’aré hachem. (Nb 10, 33).
Et les Tossafistes ajoutent, comme si la métaphore n’était pas assez claire, en reprenant un enseignement du Midrach Tanhouma, “pareils à des enfants qui s’enfuient de l’école afin de ne pas étudier la Torah”. En effet, cela s’est passé trois jours après la révélation sinaitique, les enfants d’Israel ont jeté leur cartable derrière leur dos et fait l’école buissonière.
Cette catstrophe est la conséquence des plaintes injustifiées, des contestations et des doléances inventées de toutes pièces consistant à masquer une révolte contre le pays d’accueil, Israel. En fait c’est un désamour du pays. (Nb 11,1 et Rachi ad loc.)
Ces deux versets ne sont donc pas à leur place. Ils ont été décontextualisés pour sevir de rempart aux catastrophes. Dès lors, quelle est leur place ? Il convient de les recontextualiser au chapitre 2 du livre des Nombres.
Badégalim/dans les étendards. C’est là que le texte expose l’organisation du campement des enfants d’Israel dans le désert. L’arche d’alliance se tenait au milieu du campement, la tribu des Lévites tout autour et l’ensemble du peuple d’Israel autour de la tribu des Lévites de la sorte, trois tribus à l’est, trois autres au sud, trois à l’ouest et trois au nord.
La seconde catastrophe , elle, résulte “d’une avidité, une avidité/hitavou ta’ava”. “Le ramassis qui est au plus profond de lui, a eu une avidité une avidité et ils ont recommencé et ils ont pleuré même les enfants d’Israel et ils ont dit qui nous donnera à manger de la viande. Nous avons le souvenir du poisson que nous mangions en Egypte pour rien/h’inam, des concombres, des patèques,du poireau, des oignaons et des auls.” (Nb 11, 4-5)
Rav et Shmuel sont en désaccord sur l ‘interprétation de ces versets. L’un dit, il s’agit effectivement de poissons, l’autre des lois leur interdisant de s’unir sexuellement à leurs proches/‘arayot. (Yoma 75 a).
Il n’est donc pas question de viande à manger, mais de “chair à consommer” autrement que comme un aliment, comme on dit consommer un mariage. Et surtout, ils ne voulaient pas que unions fussent interdites ou soumises à des règles, à des commandements.
Ils réclamaient qu’elles fussent libérées des commandements/h’inam min hamitsvot. En fait, ils voulaient renouer avec les moeurs sexuelles de l’Egypte. Et c’est pourquoi ils ont protesté contre la manne qu’ils refusaient car cette nourriture leur ôter tout désir et avait, de surcroit, la faculté de dévoiler les secrets des alcoves, alors que la viande réchauffe le corps et provoque le désir.
La manne que le peuple a refusé est considérée comme le pain de la foi/na’ama déméhémanouta. Un pain qui satisfait les besoins de tout humain. Un pain des valeureux/léhèm abirim ou ainsi interprêté comme léhèm évarim, un pain entièrement consommable par l’organisme, entièrement absorbé par les membres du corps humain. Un pain qui suscitait donc des questions et qui était pour ces raisons contesté.
L’on sait qu’ils mangeront de la viande jusqu’à ce qu’elle sorte de leurs narines et qu’ils en soient dégoutés (Nb 11, 20)…
DB raphaeldrai.wordpress.com
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