La marine israélienne lance sa première frappe contre le port des Houthis
Pour la première fois, une attaque contre des cibles houthies au Yémen a été menée par la marine israélienne, marquant un changement par rapport aux opérations précédentes qui reposaient sur des frappes aériennes contre des infrastructures terroristes.
L’attaque fait suite à une déclaration publiée lundi soir par le porte-parole de Tsahal en arabe, appelant à l’évacuation des ports de Ras Issa, al-Salif et Hodeidah, dans l’ouest du Yémen. « Nous exhortons tous ceux qui se trouvent dans les ports à évacuer et à rester à distance jusqu’à nouvel ordre », avertit le communiqué, précisant : « En raison de l’utilisation des ports par les Houthis, vous devez évacuer la zone et rester à l’écart jusqu’à nouvel ordre. »
Sky News en arabe a rapporté que cette avancée significative fait suite à des rapports des services de renseignement israéliens révélant une faille de sécurité grâce à laquelle le Mossad a réussi à recruter des agents houthis intégrés au réseau du Hezbollah au Liban. Selon des sources bien informées, cette infiltration a permis à Israël d’obtenir des renseignements précis sur des sites stratégiques houthis au Yémen.
Dans le même contexte, Sky News en arabe a cité des informations yéménites indiquant que le Mossad aurait mené de vastes opérations d’espionnage au Yémen ces derniers mois. Ces efforts auraient permis à Israël de constituer une vaste base de données de cibles, comprenant des installations navales, des dépôts d’armes et des sites de lancement de missiles soupçonnés d’être utilisés par les Houthis pour cibler des navires israéliens et internationaux en mer Rouge.
Lundi, les Houthis ont lancé un missile en direction d’Israël, mais il a manqué sa cible et n’a déclenché aucune alerte. Le dernier tir de missile houthi à déclencher l’alerte en Israël remonte à jeudi soir, lorsqu’un missile balistique a été tiré lors de manifestations à Jérusalem et Tel-Aviv. Bien qu’intercepté, le missile a néanmoins déclenché l’alerte à Jérusalem, dans ses environs, dans la région de la mer Morte et dans les plaines de Judée-Samarie.
Environ deux heures après ce tir, les Houthis ont revendiqué la responsabilité de l’attaque, affirmant que le missile visait l’aéroport Ben Gourion. Le porte-parole militaire de la milice, Yahya Sarie, a déclaré que l’attaque était une riposte à la « famine » à Gaza et aux frappes israéliennes sur le quartier de Dahiya à Beyrouth.
Le mois dernier, Israël a mené des frappes aériennes sur les ports de Hodeidah et d’al-Salif, qui, selon Tsahal, servaient au transport d’armes vers le Yémen. Quinze avions ont participé à l’opération, et les responsables de la défense ont estimé qu’il faudrait environ un mois pour réparer les ports avant qu’ils puissent à nouveau accueillir des navires lourds. Selon le ministère de la Santé à Sanaa, un civil a été tué et neuf autres blessés lors des frappes.

Crédit photo : Chaim Goldberg/Flash90 Corvette de classe Sa’ar 6 de la marine israélienne, 1er août 2024.
Les Houthis représentent une menace non seulement pour Israël, mais aussi pour le trafic maritime mondial en mer Rouge et dans le canal de Suez. Leurs activités ces dernières semaines ont porté atteinte à la stabilité régionale. Israël, qui a déjà agi contre eux, continue d’opérer en utilisant diverses méthodes, tout en apprenant et en adaptant constamment ses stratégies. L’armée israélienne a déclaré que l’une des principales raisons du choix de la marine était sa capacité à opérer discrètement pendant de longues périodes tout en conservant sa flexibilité opérationnelle.
Les données indiquent une baisse du nombre de navires marchands entrant dans le port de Hodeidah suite aux attaques répétées, et l’opération actuelle reflète les efforts visant à consolider cette avancée. Israël coopère généralement avec les États-Unis, mais souligne son indépendance dans cette opération. L’espace maritime de la mer Rouge n’est pas stérile et les opérations sont menées en fonction des opportunités opérationnelles.
Cette attaque met en évidence la complexité des opérations à longue distance et dans des conditions maritimes changeantes. La marine prépare en effet un ensemble complet d’outils pour faire face à des scénarios complexes. L’objectif est d’infliger des dommages importants aux capacités des Houthis tout en conservant un avantage stratégique dans le domaine maritime.
Sources: ILH et jewishpress.com
JForum.fr
Une flottille de navires de la marine israélienne lève l’ancre lors d’une cérémonie d’accueil du navire de guerre Atzmaut, une corvette Saar 6, après son arrivée d’Allemagne, le 10 août 2021, en mer Méditerranée, à une quarantaine de kilomètres des côtes israéliennes. Photo de Menahem Kahana/AFP via Getty Images.
![]() |
![]() |







































Une excellente décision stratégique, après des années de tergiversations, Israël commence à reconnaître les houthis comme nos ennemis, parmi tant d’autres, et cesse de les sous-estimer. Je sais, des ennemis nous n’en manquons pas, dans le Monde Entier, mais c’est la Réalité et nous devons l’accepter.
Israël manque de porte-avions, mais commence à prendre conscience de l’importance d’être sur place pour frapper l’ennemi avec ses corvettes et sous-marins. C’est une évolution de la pensée stratégique israélienne. Les Juifs commencent à prendre l’affaire au sérieux. L’Armée de l’Air est utile certes, mais insuffisante.
L’étape suivante pour tarir définitivement les tirs de missiles houthis, sera le débarquement d’un corps expéditionnaire, de 20.000 à 50.000 hommes selon les besoins, avec des dizaines de chars merkavoth. Ce sera le seul moyen, aidé et guidé par le renseignement militaire bien-sûr, pour détruire radicalement les caches d’armes et de lances missiles enfouis et inaccessibles aux bombardements aériens et navals.
Pour l’iran, ce sera la même situation. Israël n’arrivera pas à éliminer la menace nucléaire sans une intervention terrestre, à la manière des américains pour l’Irak de Saddam Hussein en 2003. L’idée est déjà dans l’air à l’État Major de Tel Aviv, puisqu’on ne parle plus seulement de bombarder les sites nucléaires connus, par voie aérienne, mais aussi d’envoyer des commandos au sol pour achever la destruction définitive des sites profondément enfuis ou non encore détectés. Mais, comme Saddam Hussein en 2003, le régime des mollahs ne tombera que suite à une guerre totale contre Israël. Je sais, c’est un gros morceau, mais il n’y aura pas d’autre solution, sinon une pluie de bombes nucléaires sur l’iran. En 2003, les américains et leur coalition n’ont mis qu’un mois pour faire tomber l’Irak. Dans tous les cas, l’intervention terrestre au Yémen sera un excellent exercice de préparation de l’Armée Israélienne pour l’iran.
Je suis rassuré de voir qu’Israël commence à comprendre l’importance d’intervenir à 2000 km de son sol, certes actuellement sur les plans aérien et naval, mais bientôt sur le plan terrestre. Israël n’aura la paix que quand il aura adopté et mis en oeuvre une stratégie de défense, conventionnelle et nucléaire, à l’échelle mondiale. Am Israël hay!
Le plus important est de faire des éliminations ciblées sur les têtes de pont mêmes pour commencer à introduire la panique, la paranoïa et la désorganisation dans leurs rangs…On progresse peut-être en terme de cibles « militaires » qualitatives, mais çà ne demeure encore que des infrastructures, ce qui peut ne pas encore intimider des ânes décérébrés…
Vous êtes bien psychologique sur la manière de mener la guerre. Je ne dis pas que ce n’est pas valable, mais c’est insuffisant. L’intimidation ne fonctionne pas avec les arabes. Tant que les houthis disposeront de missiles et lance-missiles, ils les tireront sur Israël, et le seul moyen de détruire ces stocks, actuellement connus ou inconnus, sera l’offensive terrestre, certes aidée et guidée par le renseignement militaire.