15 février 1896 : PARUTION DE L’ÉTAT JUIF

Un ouvrage mystérieux apparaît dans la vitrine d’une librairie de Vienne: Der Judenstaat, Versuch einer Modernen Lösung der Judenfrage (L’État juif, recherche d’une réponse moderne à la question juive).

L’auteur, Theodor Herzl (35 ans), est un journaliste hongrois d’origine juive… mais très éloigné du judaïsme traditionnel.
Der Judenstaat (en français : L’État des Juifs ) est le titre du livre publié en 1896 par Theodor Herzl, considéré comme le fondateur du sionisme, dans lequel ce dernier analyse la question des Juifs et tient pour acquis les faits que :
• les peuples du monde ne pourront supporter, à longue échéance, ni le Peuple d’Israël en leur sein, ni son particularisme religieux, ni ses leaders, ni sa mentalité ;
• l’antisémitisme grandissant, à la base du réveil national du Peuple d’Israël, obligera, tôt ou tard, les peuples du monde à trouver une solution adéquate à ce problème. Il faut 6 semaines à Herzl pour écrire son livre Der Judenstaat, en 1895, et ce dans un contexte d’inspiration intense.

Dans son livre, Herzl propose un programme détaillé de la création d’un État pour les Juifs, avec son organisation interne et ses institutions. Theodor Herzl y défend l’idée de restaurer sous une forme moderne l’entité nationale juive qui avait existé en Palestine à l’époque antique. Seul cet État national juif offrirait une solution au problème de l’antisémitisme.
La publication du livre en 1896 entraîne simultanément une vive opposition dans le judaïsme officiel et chez les rabbins d’Europe occidentale, ainsi qu’un engouement et une reconnaissance importante parmi les Juifs d’Europe orientale. Der Judenstaat est traduit une première fois en hébreu par Michaël Berkovitz, puis une seconde par Asher Barash.

Theodor Herzl  (hébreu : תאודור הרצל Te’odor Hertsel ) est un journaliste et écrivain austro-hongrois, né le 2 mai 1860 à Pest et mort le 3 juillet 1904  Edlach,
Il est surtout connu comme le fondateur du mouvement sioniste au congrès de Bâle en 1897 et l’auteur de Der Judenstaat (L’État des Juifs) en 1896.
Il est aussi le fondateur du Fonds pour l’implantation juive pour l’achat de terres en Palestine à l’Empire ottoman. Il est l’un des premiers à mettre en place l’idée d’un État autonome juif.

Theodor Herzl  était au début si peu tenté par le sionisme qu’en 1894 il n’hésitait pas à écrire les lignes suivantes en faisant le compte-rendu pour La Nouvelle Presse Libre de Vienne d’une pièce d’Alexandre Dumas fils, La Femme de Claude, où un certain Daniel encourageait les Juifs à revenir à la terre de leurs ancêtres :
« Le bon Juif Daniel veut retrouver sa patrie perdue et réunir à nouveau ses frères dispersés. Mais sincèrement un tel Juif doit savoir qu’il ne rendrait guère service aux siens en leur rendant leur patrie historique. Et si un jour les Juifs y retournaient, ils s’apercevraient dès le lendemain qu’ils n’ont pas grand-chose à mettre en commun. Ils sont enracinés depuis de longs siècles en des patries nouvelles, dénationalisés, différenciés, et le peu de ressemblance qui les distingue encore ne tient qu’à l’oppression que partout ils ont dû subir »
— Cité dans Petite Histoire des Juifs de Jérôme et Jean Tharaud. Paris, Librairie Plon, 1927.

Herzl dira plus tard que l’affaire Dreyfus a motivé son engagement, même si cela n’apparaît pas dans son journal. En tant que correspondant à Paris du journal Die Neue Freie Presse, il suit l’Affaire depuis le premier procès de Dreyfus.
C’est à cette époque qu’il estime absolument nécessaire la constitution d’un « abri permanent pour le peuple juif », thèse qu’il reprend dans son livre L’État des Juifs (Der Judenstaat), écrit en 1896. Le débat autour du titre français du livre intitulé Der Judenstaat bute sur certaines particularités linguistiques. Faut-il alors traduire « Judenfrage » — qui figure d’ailleurs en sous-titre de l’ouvrage de Herzl, « Versuch einer modernen Lösung der Judenfrage » — par « la question des Juifs » et non par « la question juive » ?
Soulignons que Herzl surveilla de très près la parution française de son ouvrage et qu’il n’ignorait pas que le titre en était L’État Juif alors qu’une traduction stricte aurait dû être L’État des Juifs et non L’État juif, tout comme en anglais la traduction fut « The Jewish State ».

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