Derrière Éric Ciotti à la présidence de LR, le retour de Laurent Wauquiez

Le député des Alpes-Maritimes a fait de la candidature de Laurent Wauquiez en 2027 son principal argument de campagne.

« Mon souci sera de faire revenir ceux qui nous ont quittés et qui nous ont conduits au score de l’élection présidentielle. (…) Ceux qui partent c’est un soubresaut, je ne les retiendrai pas. Je veux faire revenir ceux que nous avons déçus. (…) Il faut par la fermeté et la clarté faire revenir les électeurs de droite », a balayé Éric Ciotti sur RTL ce lundi matin. Il vise là, tous ceux qui ont rejoint Eric Zemmour et qui ont fini à cause du vote utile chez Marine Le Pen.

Dimanche soir, le maire de Metz François Grosdidier a annoncé qu’il quittait LR « pour ne pas se rabougrir, non pour aller ailleurs, mais pour rester lui-même », a-t-il indiqué sur Twitter. Plus tôt, la patronne de la fédération LR de Haute-Garonne Laurence Arribagé avait confirmé à l’AFP qu’elle quittait LR pour Horizons, le parti d’Édouard Philippe, comme l’avait annoncé La Dépêche.

« Il n’y aura aucune alliance », promet Éric Ciotti

« Les LR ne sont pas morts, nous le démontrons, ils gagneront l’élection présidentielle en 2027 », a renchéri Éric Ciotti. Grâce à des alliances, notamment à l’extrême droite ? « Il n’y aura aucune alliance. Quand la droite est de droite il n’y a pas besoin d’extrême droite », a prévenu le nouveau président du parti.

La bataille sera rude en 2027: Wauquiez- Ciotti, Édouard Philippe, Marine Le Pen. Les trois possèdent des forces sur le terrain, et une base électorale, ce que n’a pas Eric Zemmour .

C’est donc Éric Ciotti le vainqueur. Mais pas seulement. En triomphant face à Bruno Retailleau pour la présidence des Républicains ce dimanche 11 décembre, le député des Alpes-Maritimes ne s’installe pas vraiment tout seul.

« Je veux supprimer les primaires, c’était un engagement majeur de ma campagne. Et je considère que Laurent Wauquiez doit incarner cette espérance », a déclaré Éric Ciotti. Ce qui n’a pas manqué d’être raillé par ses adversaires politiques.

« On a demandé aux adhérents, non pas de désigner leur président, mais le directeur de campagne de Laurent Wauquiez », a commenté le patron de Renaissance Stéphane Séjourné.

« Cette victoire est la juste reconnaissance de ton courage, de ta pugnacité et de ta fidélité à nos valeurs. Président des Républicains, tu pourras compter sur moi pour que nous menions tous ensemble le combat pour redresser la France », a réagi Laurent Wauquiez après l’annonce des résultats.

L’intéressé, qui jouit d’une certaine cote de popularité en interne, avait posé une première pierre de son retour sur la scène nationale. « Je vais vous dire les choses très clairement et comme je les pense : en 2027, soit ce sera moi, soit ce sera Marine Le Pen », a-t-il déclaré fin novembre dans L’Obs, quelques jours avant d’annoncer son soutien (logique et attendu) à Éric Ciotti.

Lors d’un meeting organisé ce 8 décembre à Paris, Laurent Wauquiez a promis aux adhérents LR de « rallumer la voix de la France ». Côté coulisses, l’ex-maire du Puy en Velay multiplie ses « immersions » sur le terrain et autres consultations politiques.

« Wauquiez n’est pas si puissant » 

Avant de prévenir : « le parti risque le rétrécissement, car manifestement l’option Wauquiez ne bénéficie pas d’un très large consensus. Loin s’en faut ». Ce que le score de ce dimanche, moins de six points d’écart entre les deux finalistes, ne fait que confirmer.

Soit peu ou prou ce qu’a répété le camp Retailleau durant l’entre-deux tours, en soulignant qu’il était trop tôt pour désigner un candidat qui fermerait la porte à d’autres hypothèses, dont celles de Xavier Bertrand ou de David Lisnard.

Raison pour laquelle il a apporté son soutien à Bruno Retailleau, en soulignant sa « capacité à écouter et à rassembler malgré les diverses sensibilités ». Une façon policée de dire que cette garantie n’existera pas sous Éric Ciotti qui, au nom de la « clarté », a d’ores et déjà mis Laurent Wauquiez sur la rampe de lancement.

De quoi entériner la candidature de l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur en 2027 ? À voir, puisque avant la présidentielle, le parti de la rue Vaugirard aura à mener la bataille des élections européennes en 2024. Un scrutin intermédiaire dangereux qui, dans le passé, a déjà anéanti les plans élyséens de Laurent Wauquiez.

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