La Turquie pourrait contourner la Syrie pour le commerce régional « si les conditions se dégradent » avec ce pays voisin qui poursuit la répression d’un mouvement de contestation, a déclaré mardi le ministre turc des Transports, Binali Yildirim.
« Nous prévoyons d’orienter les transports (routiers) via l’Irak, en inaugurant de nouveaux postes-frontières, si les conditions de dégradent avec la Syrie », frappée par des sanctions internationales, a-t-il dit à l’agence de presse Anatolie.
Le ministre a souligné que la Turquie soutenait dans l’ensemble les sanctions économiques adoptées dimanche par la Ligue arabe contre la Syrie pour la contraindre à faire cesser la répression sanglante de la révolte contre le régime du président Bachar al-Assad.
Mais, a-t-il dit, « la Turquie vise à ne jamais causer de préjudices pour le peuple syrien, nous y prêtons beaucoup d’attention ».
La Syrie, ancien allié régional de la Turquie avant la répression brutale du mouvement de contestation, est un important pays de transit pour le transport routier effectué par la Turquie à destination des pays du Proche et du Moyen Orient.
Ankara a appelé au départ du président syrien.
La Turquie souhaite dissocier le peuple syrien et son gouvernement dans les sanctions qu’elle envisage d’appliquer à l’égard de Damas.
Elle a notamment menacé de couper l’approvisionnement en électricité de son voisin mais pas l’eau, une mesure qui aurait des conséquences directes sur la population, qu’Ankara veut à tout prix épargner.
La Syrie est très dépendante du partage des eaux de l’Euphrate, qui prend sa source en Turquie, et lui fournit 60% de son énergie hydroélectrique.
Selon les observateurs, les sanctions décidées par la Ligue arabe et que la Turquie s’est engagée « dans une grande mesure » à appliquer devraient avoir un impact défavorable sur un commerce bilatéral jusque-là florissant entre Ankara et Damas.
Les deux pays avaient signé plusieurs accords commerciaux pour renforcer les échanges et supprimé les visas.
La balance commerciale est largement favorable à la Turquie, avec des échanges annuels d’un montant actuel de l’ordre de 2,5 milliards de dollars (1,87 md d’euros). Les deux pays avaient pour objectif de porter ces échanges à 5 mds de dollars (3,75 mds d’euros) en 2012, une prévision qui semble désormais compromise.
ANKARA, 29 nov 2011 (AFP)
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