Les rues de Lausanne désertes le 17 mars 2020. © Jean-Christophe Bott/ AP/ SIPA

Coronavirus: et la Suisse dans tout ça?

La Suisse se distingue notamment par un équilibre complexe entre les compétences de l’Etat fédéral et celles des cantons. Mais comme partout ailleurs, le coronavirus vient ébranler les habitudes institutionnelles. Comment le pays voisin gère-t-il cette crise? Revue de presse.

C’est la panique à bord. Voilà que le virus venu de Chine se déploie plus vite dans la nation helvétique qu’en France ou en Espagne.

La proximité des Suisses avec leurs voisins italiens n’y est pas pour rien. Ce lundi 16 mars, l’état de nécessité est décrété.

Face à ce défi de taille, un pays divisé

Divisé, le pays l’est déjà depuis les balbutiements de cette histoire, bien avant qu’elle ne devienne une crise sanitaire en Europe. Entre les uns qui se méfient d’une hystérie non justifiée et les autres qui en font une affaire de vie ou de mort, la conscience peine à être collective. Une grande partie de la presse qui en a trop fait à un moment donné tient sans doute sa part de responsabilité. Le Temps en tête.

Après le clivage, l’incompréhension dont témoigne une part de la population à l’endroit de ses dirigeants. Le Conseil fédéral a en effet tardé à annoncer des mesures qui avaient déjà été prises par l’Italie ou la France.

A savoir une fermeture de toutes les écoles et des manifestations de plus de 50 personnes, ainsi que le contrôle des frontières. Certains détails même ne passent pas, comme la report répétée de l’heure des conférences de presse.

Certains y voient un signal d’incompétence. «Maintenant, on pourra être plus gentil avec les CFF(1) quand ils auront du retard quand on voit le sérieux de notre gouvernement», ironise un certain Botan Silver sur Twitter.

Après l’incompréhension, l’agacement face au manque de cohérence, des rives du Léman au lac de Constance

C’est plutôt un lac de l’Inconsistance qui se dessine dans la tête des Suisses, qui a vu le Tessin fermer ses frontières avec l’Italie quand Genève laisse encore passer tout le monde. Le corollaire du fédéralisme, qui montre ici ses limites. Pire, pourquoi les contrôles sanitaires sont-ils tabou? Une partie de la droite réagit. Le sénateur UDC Marco Chiesa s’exclame ainsi dans Le Temps du 13 mars: «Je suis furieux. Les permis de travail ne sont pas des certificats médicaux. Les travailleurs frontaliers nécessaires au système suisse doivent venir ici et y rester. Cela ne va pas s’ils continuent de faire des allers-retours.» (2)

Reste que le mot d’ordre principal est clair: restez à la maison. Mais ce n’est pas pour autant que le climat s’améliore dans le pays. «Les camps se durcissent», note le journaliste Jacques Pilet dans un article publié ce lundi 16 mars sur le site bonpourlatete.com. «Les uns: « Faites-en plus, et plus pour nous protéger! » Lire la suite

Rédacteur en chef de la revue Le Regard Libre. Journaliste et éditeur à Bon pour la tête.

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