Ecouter ce que le Covid-19 nous dit…
Par Jean-Marc Alcalay
Avant…, après
En mars-avril 1915, dans Actuelles sur la guerre et la mort, Freud écrit qu’après une telle hécatombe de morts, (Ils allaient être 9 millions) il espère que l’homme puisse s’apercevoir enfin qu’il est mortel. Sachant, écrit-il encore, que le propre de l’inconscient, c’est d’ignorer la mort. Pour preuve, je peux ajouter qu’on ne meurt jamais dans un rêve. Rien ne se passa ainsi. En 1914, les soldats étaient partis à la guerre, la fleur au fusil, et en 1918, ils défilaient en chantant après la fin de la boucherie. La mélancolie avait régné sur la vie des combattants dans les tranchées. Ils avaient été confrontés à des conditions d’existence épouvantables. Mais cette première guerre d’extermination en masse avait fait place sitôt la victoire arrivée à une fête aux allures maniaques, oubliant le pire dont ils avaient triomphé. Seuls les mutilés, les veuves et les orphelins ne s’en remettaient pas. La vie avait encore une fois gagné contre la mort mais sans en prendre la mesure. Eros triomphait de Thanatos, mais seulement pour quelques années. L’entre-deux guerres fut turbulente, assassine, faite de malheurs et de pauvretés, comme toujours, mais toutefois sans conflit mondial. Et la seconde arriva comme si la première n’avait pas suffi à ce que l’homme se rende compte enfin qu’il était mortel. Alors, la seconde, entre 6O et 😯 millions de morts ! Je rappelle ces tristes événements pour insister sur le fait que l’homme est agi par une répétition inconsciente où se rejoue continuellement le duel Eros-Thanatos. Il n’en tire malheureusement que peu de leçons. Il en est de même pour la lutte contre les virus. Témoin la Chine qui une nouvelle fois nous en ramène un.

Si la Chine ne se réveille pas !
Nous connaissons la grippe espagnole importée de Chine avec ces milliers de travailleurs qui pendant la Grande guerre aident les Alliés. Cent millions de morts à partir de 1918 selon les dernières estimations. Elle touche d’abord les soldats américains. Elle est appelée grippe espagnole (ancêtre de l’H1N1) car c’est ce pays neutre qui pendant la première guerre mondiale la dénonce, alors que les armées en conflit n’en parlent pas pour ne pas alarmer les soldats. En cause, les animaux, volailles, porcs…, vivants dans une trop étroite proximité (appelée zoonose) avec les soldats. Elle ne venait donc pas d’Espagne mais bien de Chine. Je passe sur d’autres épidémies. En 2003, le SRAS (Syndrome Respiratoire Aigu Sévère) se développe à partir d’une grotte de la province Hunan dans sud-ouest de la Chine. Il infecte alors 8000 personnes et en tue à peu près 774. Il est véhiculé par des chauves-souris qui le transmettent sans doute par morsure à la civette, petit mammifère carnivore proche de la genette dont l’espèce est protégée, mais qui se retrouve sur les marchés de la province de Guangdong là où l’épidémie a commencé. Là encore, l’OMS, cette même année 2003, endigue rapidement l’épidémie.

Puis en 2016, toujours de venue de Chine, l’épidémie de la grippe aviaire (H7N9) tue des centaines de personnes dans ce même pays. Elle se propage à partir de la volaille parce que les Chinois les préfèrent fraîchement égorgées plutôt que congelées…Heureusement qu’il existe un vaccin pour cette épidémie qui revient régulièrement… Aujourd’hui, le coronavirus (Covid-19) arrive aussi de Chine et concerne encore les habitudes alimentaires de ses habitants. Elle vient de la consommation du pangolin, petit mammifère fourmilier protégé, mais très apprécié pour sa chair et ses écailles qui procureraient à l’homme un supplément de virilité, comme son fœtus ?? Animal, acheté donc sur le marché de Wuhan. Son virus qu’il transmet à l’homme provoque une pandémie mondiale dont on ne sait pas encore aujourd’hui quel sera le nombre de victimes…

Médecine naturelle ?
C’est Mao qui sachant qu’il ne pouvait pas offrir à tous les Chinois une médecine occidentale prôna l’usage de la médecine naturelle avec toutes ses exagérations et ses dérives magiques. Une médecine de pauvre donc et qui a continué aux cours des années, jusqu’à aujourd’hui. Le Chinois qui atteignent un milliard cinq cent millions d’habitant mangent de tout : des chats, des chiens, des singes, jusqu’aux animaux protégés qu’ils consomment goulument, associée à une pensée qui défie la médecine classique « scientifique » si l’on peut dire…Pour beaucoup de Chinois, la médecine naturelle est devenue culturelle même en dehors de toute efficacité médicale.
Le Covid-19, symptôme de notre modernité ?
Je reviens donc à la question de la répétition soulevée par Freud comme étant un mécanisme propre à l’inconscient humain. Autrement dit, si le gouvernement chinois, si prompt, jadis, à imposer un nombre d’enfant à ses habitants, si « efficace » pour réprimer entre avril et juin 1989 les révoltés de Tienanmen avec à peu près 10 000 morts selon les estimations occidentales, et « sans aucune pitié » pour les Ouïghours comme le disait le Président chinois Xi Jinping en 2014… Si donc, le gouvernement chinois n’interdit pas de façon drastique et éducative ces consommations folles d’animaux, nous aurons, à l’heure de la mondialisation des échanges et selon le principe de la répétition, d’autres épidémies et d’autres pandémies avec leurs milliers de morts. Depuis Darwin, nous savons que le monde animal et végétal cherche continuellement une homéostasie, mais avec le temps qu’il faut à l’animal et au végétal pour s’adapter aux changements de l’environnement, si rapidement bouleversé par l’homme depuis la révolution industrielle du XIXe siècle et s’accélérant aujourd’hui de telles façons que ni les animaux, ni les végétaux n’ont le temps de s’adapter à ces transformations. Je ne suis pas écologiste, mais quand même ! Si l’humanité donc, continue à ne pas considérer la nature comme un immense corps vivant qui fait ce qu’il peut pour lutter contre les symptômes que lui apportent l’homme dans sa jouissance dominatrice, alors, cet Eros qui jusqu’à présent l’a aidé à vivre rencontrera bientôt son contraire, jamais loin de lui, car imbriqué à lui, Thanatos !
Autrement dit, pulsion de vie contre pulsion de mort encore et toujours ! La jouissance touche de près à la mort écrivait encore Lacan. Le Covid-19 est bien un symptôme de notre modernité, en mal de bouffe massive, alliée à des pratiques magiques dépassées. La nature n’a pas d’autres moyens que d’utiliser ses « armes virales » pour se venger de l’agression de l’homme du fait de ses pratiques alimentaires. Comment écouter ce virus au-delà de ce qu’il nous dit, un peu comme un psychanalyste écouterait son patient ?, sinon à admettre une fois pour toutes, qu’on ne peut pas manger n’importe quoi, n’importe quel animal surtout quand il est protégé.

En 1996, l’épidémie de « la vache folle » a montré qu’on ne pouvait pas bouleverser l’alimentation de ces animaux, autrement dit, les nourrir avec de la farine animale… Il nous faut donc renouer avec le monde animal et végétal, le pacte de vie rompu il y a déjà bien longtemps, sans quoi notre pulsion dominatrice et destructrice nous mènera à la mort. On ne peut pas non plus construire n’importe quoi, n’importe où, n’importe comment, sans quoi la mer, avec la puissance naturelle qu’on lui connaît, reprend, mais avec le temps qu’il lui faut, ce que l’homme lui a dévoré comme littoral. Ne pas pratiquer la déforestation de façon anarchique, sans quoi la nature s’emballe et se venge sur l’homme. Comme quelqu’un qu’on agresserait, elle brûle ses forêts, inonde les villes, provoque des cyclones, et autres catastrophes dites naturelles…La liste est longue !
Hier, 16 mars 2020, dans son allocution, le Président de la République française a martelé 11 fois que nous étions en guerre contre le Covid-19. Malgré tout cela, il est à craindre, comme l’écrivait Freud pour la première guerre mondiale (comparaison n’est pas raison) que l’homme ne reprenne ses tristes habitudes, une fois le Covid-19 vaincu et toujours au nom du principe de répétition et de sa croyance inconsciente en son immortalité. Bref, l’homme dont les pulsions le poussent à toujours plus de satisfactions, à force de ne rien vouloir céder sur ses jouissances mortifères, risque de provoquer, la disparition de sa propre espèce. Elle, n’aura finalement vécu, comme certains groupes d’animaux, que quelques milliers d’années…
Par ©Jean-Marc Alcalay
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et tout ce qui est recommandé contre le réchauffement climatique se fait grace au coronavirus : pas de voitures , pas d’avions , pas de bateaux de croisières , pas d’usines , bref une très très grande réduction de la pollution . En somme même le climat sait dire « stop à vos conneries , messieurs les humains » !!
Que les Chinois etc… mangent Cacher! Que Diable !
Ou qu’on respecte les animaux sauvages
Un jour une épidémie nous effacera définitivement de la surface de la terre .
Tout se paye .