Les Marranes oubliés: L’épopée des juifs de Perse et de Chine
Au 7ème siècle avant l’ère commune Nabuchodonosor détruisit le temple de Jérusalem et déporta en Babylonie dix tribus d’Israël. Que devinrent ces exilés essentiellement regroupés au départ en Babylonie et en Perse ? :
De nombreux faits vérifiés par des témoignages anciens et récents relatent l’exode de ces Juifs au-delà des frontières de Babylonie.
Nous allons nous intéresser aujourd’hui à certaines de ces communautés Juives. Les Juifs de Perse et de Chine.
En PERSE, tout d’abord où persiste une présence juive qui connut des périodes de tolérance et de persécution.
Au 19eme siècle tout près de notre époque, à Meched en Perse (l’Iran actuel), voici le récit d’un Juif qui quitta cette ville et s’installa à Jérusalem. Il relata les événements de 1839 : « c’était un jour de jeune pour les Chiites. Une femme Juive était allée consulter un médecin Persan pour se faire soigner une main atteinte d’un ulcère. Il lui recommanda de tuer un chien et de baigner sa main malade dans son sang.
La patiente demanda alors à un jeune Perse d’égorger un chien chez elle, mais elle eut une dispute avec le jeune homme sur le montant de son salaire. Ce dernier s’emporta et courut dans la ville en criant que les Juifs venaient d’abattre un chien -animal impur- et avait baptisé son cadavre Hussein pour se moquer du saint martyr de la foi Musulmane. Une foule fanatique se rua alors sur le quartier Juif, incendia les synagogues et tua 32 personnes durant deux jours d’émeute anti-juive. Sous la menace d’une extermination générale, les Juifs de la ville de Meched se concertèrent et se résignèrent à adopter la foi musulmane et furent surnommés jedid el Islam (nouveaux musulmans).
Musulmans qu’en apparence
Depuis, les Juifs marranes de Meched menèrent une existence religieuse double. Leurs liens avec le judaïsme restant très étroits, ils ne furent musulmans qu’en apparence. Beaucoup d’entre eux réussirent à quitter la Perse pour l’Afghanistan, la Boukharie, l’Inde et aussi la Palestine de l’époque.
A Boukhara, au Daghestan et en Crimée, d’autres communautés Juives survécurent à des siècles de persécutions et de calme relatif sous le régime de la dhimitude dans ce qui fut le royaume des Perses et des Mèdes après leur déportation par les Babyloniens. Il existe une allusion à ces migrations dans le livre d’Esther qui parle de l’envoi des messages adressés par Esther et Mardoché aux Juifs de Perse, dispersés dans tout l’empire des 127 provinces situés de l’Inde à l’Ethiopie (Esther VII,9).
Mais une communauté Juive Boukharienne s’exila loin, très loin
En CHINE à Kaifeng une ville située prés de Pékin. La communauté juive exista jusqu’à la fin du 19ème siècle avant de disparaitre par assimilation et mariage avec ses voisins Chinois et…réapparue il y a 30 ans…
Dès la fin du 9ème siècle de l’ère commune, des Juifs Boukhariens fuyant l’avancée de l’Islam s’enfoncèrent par la route de la soie dans le vaste empire du milieu. Voici plusieurs témoignages confirmant leur présence en Chine :
Ainsi en 916, le voyageur Arabe Abu Zaid signale dans « sa relation de la Chine et de l’Inde » des massacres de Musulmans, Juifs, Chrétiens et Parsi en Chine. En 880 le voyageur Juif Eldad Hadani, est capturé en Chine. Il ne doit son salut qu’au rachat de sa personne par un marchand Juif vivant en Chine. Cette dernière histoire fut prise très au sérieux par Rachi et Hasdai Ibn Shaprut.
Marco Polo lui affirme avoir rencontré en 1286 des Juifs à Pékin. De même, le voyageur Arabe Ibn Battuta remarque l’existence en 1346 de résidents Juifs à Hangzhou ainsi qu’une porte nommée « porte des Juifs ». Une présence confirmée deux siècles plus tard par le Portugais Galeote Pereira. Il écrit dans une missive datée de 1565 que les Juifs sont autorisés par les tribunaux locaux à prêter serment dans leur foi.
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Pierre Mamou Décembre 2018
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En CHINE à Kaifeng une ville située prés de Pékin. La communauté juive exista jusqu’à la fin du 19ème siècle avant de disparaitre par assimilation et mariage avec ses voisins Chinois et…réapparue il y a 30 ans…
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l’ excellent pouquin titré « Pivoine » de Pearl Buck, leur est entièrement consacré dans cet empire du milieu du 16 eme siècle
louis 14 qui ne doutait de rien y envoya ses missionnaires jésuites pour convertir les Chinois au catholicisme
leur « boss » , le jèze Mathieu Ricci, rencontra également les juifs de Kaifeng , ce qui donna lieu a un amusant quiproquo, le chrétien croyant avoir affaire a un autre chrétien « oublié » en rencontrant le Rabbin de la communauté
et le rabbin convaincu d’ avoir rencontré un juif oublié des « tribus perdues »
bel article trés intéressant
je ne connais pas Pierre Mamou, mais a t il publié un bouquin a ce sujet ?
dans notre communauté, nous pouvons nous ennorgueillir de Caroline Rebouh qui a publié un livre passionnant a propos des Juifs de Chine
j’ ai toujours aimé ces etudes a propos de ces juifs chinois, perses, boukhariotes ou encore ces « juifs des Montagnes » auxquels, même Staline evita de chercher des noises
la meilleure etude qui leur fut consacrée je l’ ai trouvée dans le livre de Jonathan Little, « les bienveillantes »