Deux ans après, Nice rend hommage aux victimes du 14 juillet

Deux ans après, Nice rend hommage aux victimes du 14 juillet

Le premier ministre Édouard Philippe a participé à cette commémoration avec la garde des Sceaux, Nicole Belloubet.

Ce samedi, Nice pleure les morts du 14 juillet 2016. L’an dernier, le chef de l’État, Emmanuel Macron, s’était rendu sur place à l’invitation du maire, Christian Estrosi. Cette année, le premier ministre, Édouard Philippe, a participé à cette commémoration avec la garde des Sceaux, Nicole Belloubet et la déléguée interministérielle à l’aide aux victimes, Élisabeth Pelsez. Le procureur de la République de Paris, François Molins, était également présent.

«4 minutes et 17 secondes de drame qui ont désormais l’éternité d’un cauchemar. Qui ont des noms, ceux des 86 personnes disparues. Qui ont des visages, ceux des centaines de blessés, dans leur chair comme dans leur âme», a déclaré le premier ministre lors de son discours à l’issue du défilé militaire niçois.

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Edouard Philippe

@EPhilippePM

4 minutes et 17 secondes de drame qui ont désormais l’éternité d’un cauchemar. Qui ont des noms, ceux des 86 personnes disparues. Qui ont des visages, ceux des centaines de blessés, dans leur chair comme dans leur âme.

Le 14 juillet 2017, Emmanuel Macron avait promis à la foule réunie pour commémorer le massacre de la «Prom»: «l’État ne vous abandonnera jamais pas plus qu’il n’abandonnera la recherche de la vérité, le châtiment des coupables, mais aussi le soutien humain, juridique, financier qu’il doit aux victimes. L’État ne se soustraira ni à son devoir de clarté ni à son devoir de compassion. (…) Nous devons à nos morts ce combat sans merci».

En marge des commémorations officielles, et de la prise en charge des victimes, souvent critiquée pour ses ratés, l’enquête pénale suit en effet son cours discrètement. Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, l’auteur de l’attentat au camion-bélier, qui a causé la mort de 86 personnes et fait près de 500 blessés, a été tué le soir du 14 juillet par les policiers. Son acte avait été revendiqué dès le 16 juillet par l’État islamique qui qualifiait le tueur de «soldat de l’EI».

Le mode opératoire correspondait au mot d’ordre diffusé en 2014 par feu Abou Mohammed al-Adnani, alors porte-parole de Daech: «Si vous ne pouvez pas trouver d’engin explosif ou de munition, alors isolez l’Américain infidèle, le Français infidèle, ou n’importe lequel de ses alliés. Écrasez-lui la tête à coups de pierre, tuez-le avec un couteau, renversez-le avec votre voiture, jetez-le dans le vide, étouffez-le ou empoisonnez-le.»

Neuf personnes mises en examen

L’enquête a mis en lumière la radicalisation du terroriste, chauffeur-livreur de profession, et l’adhésion aux thèses djihadistes de ce Tunisien de 31 ans, petit délinquant aux tendances violentes, à la sexualité débridée et au profil psychologique fragile. Les investigations n’auraient en revanche pas permis d’établir un lien direct entre lui et le commandement de Daech. Ce qui correspond à une situation qui s’est répétée depuis (avec par exemple les attaques de Marseille, Trèbes, Paris-Opéra…): le passage à l’action de terroristes «endogènes», aux profils divers, perpétrant des attentats sans «commande» directe de l’EI.

Pour l’heure, neuf personnes ont été mises en examen dans ce dossier. La question, qui sera au cœur d’un futur procès dont la date est encore inconnue, étant de savoir si ces complices présumés avaient connaissance du projet terroriste de Lahouaiej-Bouhlel. L’un de ces mis en examen, un individu d’origine albanaise soupçonné d’être impliqué dans la livraison d’armes, ne sera pas présent: il s’est suicidé en cellule le 8 juin dernier.

Les huit autres mis en examen, qui nient toute connaissance du projet d’attentat, sont notamment accusés d’avoir, à des titres divers, contribué à armer le tueur: c’est le cas d’un couple d’Albanais, âgé de 38 et 42 ans, et d’un Franco-Tunisien de 21 ans, accusés d’avoir fourni un pistolet. Deux autres suspects, âgés de 31 et 36 ans, auraient joué les intermédiaires entre ces trois individus. Le sixième mis en examen est présenté comme le «mentor» de Lahouaiej-Bouhlel. Il est soupçonné, d’avoir avec les deux derniers suspects proches du terroriste, d’avoir soutenu son projet. Les enquêteurs, qui ont notamment découvert des échanges suspects sur leurs téléphones portables, se demandent s’ils n’avaient pas l’intention de frapper une nouvelle fois à Nice, cette fois le 15 août 2016.

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