Méthodes policières à Calais : le ton monte entre le préfet et Yann Moix

L’écrivain français Yann Moix à Paris, le 4 novembre 2013
ERIC FEFERBERG (AFP/Archives)

Le préfet du Pas-de-Calais a vivement critiqué jeudi sur twitter l’écrivain et chroniqueur Yann Moix, qui dénonce des « actes de barbarie » des forces de l’ordre à Calais, l’accusant de duplicité.

« Il y a à l’évidence deux Yann Moix », écrit le préfet Fabien Sudry dans une lettre qu’il lui adresse sur le réseau social.

« Le premier, à qui j’ai parlé au téléphone, m’expliquait en s’excusant qu’il avait été ‘outrancier’ sur le plateau d »On n’est pas couché’ (..) et mentionnait que ‘quelques pourcentages seulement’ des images qu’il avait filmées montraient ce qu’il appelait des ‘violences policières' », explique M. Sudry, se référant au documentaire de M. Moix devant être diffusé en mai, et dont certaines images sont déjà accessibles.

« Le second, auteur d’un brûlot dans Libération (lundi, ndlr), semble découvrir qu’il est très légitimement fait usage proportionné de gaz lacrymogène à chaque fois que cela est nécessaire pour empêcher l’intrusion de migrants dans le Tunnel sous la Manche ou dans le port de Calais (…) ou pour protéger les transporteurs routiers », poursuit le préfet, qui dit avoir demandé que les images en question soit « soigneusement examinées pour déterminer les faits » dénoncés.

« Il choisit de ne pas dire un mot du dispositif humanitaire mis en place par l’Etat à Calais (…) et ne prend pas la peine de donner la parole aux élus du Calaisis », écrit encore M. Sudry.

« Si le premier Yann Moix a raison, alors le second a tort. Si le premier Yann Moix dit vraiment en privé ce qu’il pense, alors le second Yann Moix écrit en public ce qu’il sait ne pas être la vérité », en conclut le représentant de l’Etat.

Il affirme aussi que certaines images présentées « comme des preuves de violences policières aujourd’hui semblent montrer en réalité des opérations de maintien de l’ordre » du temps de la « Jungle » de Calais, démantelée en octobre 2016.

Réfutant « les accusations les plus graves » portant sur « les violences physiques contres les migrants », M. Sudry dénonce des « affirmations infamantes pour les forces de l’ordre ».

L’écrivain et chroniqueur, dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron publiée dans Libération, l’accuse d’avoir « instauré à Calais un « protocole de la bavure », affirmant avoir filmé des « actes de barbarie ».

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