Les attentats meurtriers à la bombe, qui ont fauché au moins 150 personnes et blessé plus de 300 à Damas et Homs, sont accompagnés d’offensives parallèles de l’EI (Daesh) sur le champ de bataille, selon des sources militaires. Lundi matin, les forces djihadistes de Daesh sont en marche au nord d’Alep, le groupe s’emparant de petites villes et villages préalablement détenus par diverses milices rebelles et dans la province de Deir-Ez Zor à l’Est, où les djihadistes progressent lentement mais sûrement en se jouant des bombardements russes (concentrés sur les opposants d’Assad) pour foncer sur les forces armées d’Assad clouées au sol. Sur le front Est, Daesh a bien l’intention de prendre le contrôle de la région des frontières syro-irakiennes.
L’EI frappe à Homs et à Saydé Zeinab : plus de 150 morts

SYRIEL’État islamique revendique les deux attaques, menaçant d’en mener de nouvelles.
Au moins 150 personnes ont été tuées hier dans une série d’attentats spectaculaires revendiqués par les jihadistes de l’État islamique (EI) dans des zones tenues par le régime en Syrie.
Homs, troisième ville du pays, a été frappée par le plus sanglant attentat du genre sur son sol depuis 2011 avec 59 morts selon une ONG. À Saydé Zeinab, localité à 5 km au sud de Damas et abritant un haut lieu du chiisme, 83 personnes ont été tuées et 160 autres blessées dans les attentats, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Au moins 19 autres se trouvaient dans un état de « mort clinique », d’après l’ONG, citant des sources médicales sur le terrain.
Revendiquant l’attaque, l’EI a affirmé que deux de ses kamikazes s’étaient fait exploser, menaçant de mener de nouvelles attaques. L’organisation extrémiste n’a pas fait état d’un troisième attentat comme l’ont rapporté l’OSDH et la télévision d’État syrienne.
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Un journaliste de l’AFP sur place a vu un amas de voitures calcinées et des débris de verre jonchant le sol dans la zone frappée. Les attentats se sont produits à 400 mètres du mausolée de Saydé Zeinab, l’une des petites-filles du prophète Mahomet vénérées par les chiites. Selon lui, au moins une soixantaine de magasins et beaucoup de façades d’immeuble ont été dévastés. Les attentats de Saydé Zeinab ont été menés quelques heures après la double attaque à la voiture piégée, également revendiquée par l’EI, dans un quartier à majorité alaouite à Homs, faisant 59 morts selon un dernier bilan de l’OSDH.
Double message
D’après Rami Abdel Rahmane, le directeur de l’OSDH, l’EI, visé à la fois par les frappes de la coalition internationale menée par les Etats-Unis mais aussi par les frappes russes, veut envoyer un double message.
« C’est un message d’abord à la communauté internationale pour montrer qu’ils (les jihadistes de l’EI) sont toujours puissants malgré les frappes », affirme-t-il à l’AFP. Selon lui, le groupe jihadiste profite aussi de l’affaiblissement des rebelles dans le nord de la Syrie face à l’armée pour « montrer qu’il est le seul capable de frapper le régime dans ses fiefs, ainsi que les chiites et les alaouites ». [Autrement dit, le choix politique Assad-Poutine du cynisme rend un immense service à Daesh en le préservant]
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La Syrie est un pays à majorité sunnite mais le pouvoir en place depuis plus d’un demi-siècle est aux mains du clan alaouite des Assad. Il est ravagé par une guerre sanglante depuis près de cinq ans qui a fait plus de 260 000 morts et jeté plus de la moitié de la population hors de chez elle.
Ailleurs dans le pays, les combats se poursuivent entre les forces du régime et les rebelles très affaiblis, car marginalisés par l’EI et al-Nosra. D’autres affrontements opposent forces kurdes et jihadistes, ou encore rebelles et jihadistes. Dans la province stratégique d’Alep, les forces du régime ont réussi à progresser à la faveur d’une offensive lancée le 1er février avec l’appui crucial de l’aviation russe et du Hezbollah. Au moins 50 jihadistes de l’EI ont été tués dans les combats avec l’armée qui avance notamment dans l’est de la province et dans les frappes russes, selon l’OSDH. Samedi, les troupes du régime se sont emparées de 18 villages de part et d’autre d’un axe d’environ 40 km reliant l’est d’Alep à Raqqa, le fief de l’EI en Syrie, selon l’OSDH.
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