Les expulsés de l’échange de prisonniers contre l’otage Shalit forment des cellules djihadistes indépendantes en Judée-Samarie.
Les ex-prisonniers du Hamas libérés et exilés à Gaza, en Turquie et au Qatar pensent que les cercles dirigeants de l’organisation islamiste dans les territoires n’en font pas assez au niveau « civique » et prennent sur eux d’organiser leurs propres mouvements d’agitation, de protestation et d’affrontements contre Tsahal.
Les ex-prisonniers sécuritaires palestiniens qui ont été libérés dans le cadre de l’accord Shalit et expulsés vers Gaza, le Qatar et la Turquie, ont travaillé d’arrache-pied afin de former leurs propres cellules djihadistes dans la bande cisjordanienne de Judée-Samarie et à l’Est de la ville réunifiée de Jérusalem, dans le but de lancer des attaques contre Israël, selon ce que rapportent des sources du Hamas à Ynet, ce jeudi 10 décembre.
A cette fin, ces ex-prisonniers exilés, membres de la branche armée du Hamas, les Brigades Ez-Ed-Din Al Qassam, utilisent les relations qu’ils ont tissées dans les villages et les villes de la bande cisjordanienne de Judée-Samarie et à l’Est de Jérusalem, avant d’être arrêtés.
Chacun d’entre eux agit séparément, de manière cloisonnée, en travaillant avec un contact dans les territoires, chacun dans un secteur différent. Les prisonniers expulsés fournissent à leurs contacts dans les territoires des financements et des orientations pour mener des actions nuisibles, alors que leurs contacts sont chargés de former des cellules locales. Le fait que les communications entre les prisonniers expulsés et leurs contacts en Judée-Samarie se font directement, fait que ces cellules militaires restent décentralisées et très compartimentées, donc d’autant plus difficiles à cerner et neutraliser.

Membres de la branche armée du Hamas (Photo: EPA)
Ces opérations sont dirigées et financées par le chef de la Division cisjordanienne de la Branche armée du Hamas, Salah al-Arouri, dont le quartier-général se situe à Istanbul en Turquie.
Les sources au sein du Hamas ont aussi expliqué à Ynet que les dirigeants de Gaza encouragent leurs fidèles dans la bande cisjordanienne de Judée-Samarie et à l’Est de Jérusalem à commettre des attentats-suicide, avec pour objectif de provoquer une escalade radicale de la situation. Jusqu’à présent, toutes ces tentatives ont échoué.
Selon ces sources au sein du Hamas, une escalade de la situation en Judée-Samarie apporterait à l’organisation Hamas une forme de sortie de crise, compte-tenu de celle qu’elle rencontre dans la Bande de Gaza.
Pendant ce temps, sentant que les cercles dirigeants du Hamas en Cisjordanie/Judée-Samarie n’en faisaient pas assez pour prendre la tête d’un véritable soulèvement populaire dans les territoires, parce qu’ils ont peur d’être arrêtés par Israël et les forces de sécurité de l’AP, ces prisonniers expulsés ont formé leur propre organisation de l’ombre afin de diriger ces protestations, défilés et émeutes à coups de jets de pierre, cocktails-Molotov contre les forces de sécurité israéliennes, tout en encourageant toute forme d’incitation, notamment sur les réseaux sociaux.

Une manifestation du Hamas à Naplouse.
This independent civic activity has caused tensions within the Hamas leadership. The organization’s West Bank leadership claims the expelled prisoner’s operations only serve to weaken Hamas’ military presence in the West Bank.
Ce mouvement « civique » qui se veut indépendant a provoqué des tensions au sein même des cercles dirigeants du Hamas. Le groupe de pilotage de l’organisation en Judée-Samarie prétend que les opérations conduites par ces prisonniers expulsés ne servent qu’à affaiblir la présence paramilitaire du Hamas en Judée-Samarie.
Par Elior Levy
|
![]() |
![]() |




































![turkey-2[1]](https://r2.jforum.fr/wp-content/uploads/2015/12/turkey-21.jpg)

