4 juillet 1776: les Juifs américains et l’Indépendance?

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En cette Journée de l’Indépendance des Etats Unis d’Amérique  il est important de cerner la question du le rôle joué par les Juifs dans cet événement .

Le nouvel Etat en effet s’est constitué d’emblée en une démocratie, il était enraciné dans la Bible, et l’un de leurs principes fondamentaux était la tolérance religieuse.

 

Les premiers juifs américains

L’histoire de Juifs d’Amérique commence bien avant l’indépendance des Etats-Unis.

Les premiers Juifs sont arrivés en Amérique avec Christophe Colomb en 1492, et nous savons aussi que des Juifs fraîchement convertis au christianisme étaient parmi les premiers Espagnols arrivés au Mexique avec le conquistador Hernando Cortez en 1519.

L’Inquisition est venue vérifier à Mexico que les conversos juifs n’étaient pas en réalité des hérétiques.
En fait, les conversos juifs venus au Mexique ont été si nombreux que les Espagnols ont édicté une règle interdisant l’émigration à quiconque ne pourrait pas prouver son ascendance catholique sur quatre générations.
Il va sans dire que l’Inquisition est bientôt venue vérifier que les conversos juifs n’étaient pas en réalité des hérétiques, et les exécutions sur le bûcher sont devenues monnaie courante à Mexico.
En ce qui concerne l’Amérique du Nord, l’histoire juive enregistrée y commence en 1654 avec l’arrivée à la Nouvelle-Amsterdam, la future New York, de 23 réfugiés juifs venus de Recife (Brésil), une possession hollandaise passée aux mains des Portugais.
La Nouvelle-Amsterdam appartenait aussi aux Pays-Bas, mais le gouverneur Peter Stuyvesant n’a pas voulu de ces immigrants. Voici ce qu’écrit Arthur Hertzberg dans The Jews in America (p. 21) :
Deux semaines après qu’ils eurent débarqué, Stuyvesant reçut une plainte des commerçants locaux et de l’Eglise selon laquelle « les Juifs qui étaient arrivés resteraient presque tous ». Stuyvesant décida de les expulser. Utilisant les formules habituelles d’invective religieuse où il qualifiait les Juifs de « répugnants », de « fourbes » et d’« ennemis et blasphémateurs de Christ », Stuyvesant recommanda à ses directeurs… « de leur demander amicalement de s’en aller ».
La seule raison pour laquelle les Juifs n’ont pas été refoulés a été l’opposition de la Dutch West Indian Company, qui dépendait dans une large mesure des investissements juifs.
Les Juifs et la Guerre d’Indépendance

Au moment de la Guerre d’Indépendance, en 1776, il n’y avait aux Etats-Unis qu’environ 2 000 Juifs, hommes, femmes et enfants, ce qui n’a pas empêché leur contribution d’être significative.

Par exemple, à Charleston (Caroline du Sud), presque chaque adulte mâle juif a lutté dans le camp de la liberté.

En Géorgie, le premier patriote à être tué a été un Juif, Francis Salvador. En outre, les Juifs ont largement financé les combats engagés par les patriotes.

SALOMON
Les plus important des financiers était Haym Salomon, qui prêta de fortes sommes d’argent au Congrès Continental. Dans les derniers jours de la guerre, il avança au gouvernement américain 200 000 Dollars qui ne lui ont jamais été remboursés, et il est mort en état de faillite.
Le Président George Washington se souvint de la contribution juive quand la première synagogue fut inaugurée à Newport (Rhode Island) en 1790. (De rite séfarade, elle était appelée la Synagogue Turo.)
Il envoya la lettre suivante, datée du 17 août 1790 :
Puissent les enfants issus de la lignée d’Abraham qui habitent dans ce pays continuer de mériter et de savourer la bonne volonté des autres habitants. Que chacun soit assis en sécurité sous sa vigne et sous son figuier, et que personne ne l’effraye !
On notera la référence à « la vigne et au figuier », expression utilisée par le prophète Michée dans sa description de l’utopie messianique :
Et il arrivera, à la fin des jours, que la montagne de la maison de Hachem sera établie sur le sommet des montagnes, et sera élevée au-dessus des collines ; et les peuples y afflueront. Et beaucoup de nations diront : “Venez, montons vers la montagne de Hachem, et vers la maison du Dieu de Jacob, et Il nous instruira de Ses voies, et nous marcherons dans Ses sentiers. Car de Sion sortira la loi, et de Jérusalem, la parole de Hachem.” Et Il jugera d’entre beaucoup de peuples, et décidera sur de puissantes nations jusqu’au loin ; et de leurs épées ils forgeront des socs de charrue, et de leurs lances des serpettes : un peuple ne tirera plus l’épée contre un autre peuple, et l’on n’apprendra plus l’art des combats. Mais ils s’assiéront chacun sous sa vigne et sous son figuier, et il n’y aura personne qui les effrayera, car la bouche de Hachem des armées a parlé (Michée 4, 1 à 4).
Le choix de ces termes par Washington méritait d’être signalé, mais, il n’était pas étonnant compte tenu de l’influence exercée par la Bible hébraïque sur les « Pères fondateurs » de la nouvelle nation.
Les financiers juifs contribuent au rattrapage de Philadelphie par New-York en participant à l’accord de Buttonwood de 1792, sous un platane de Wall Street.
Parmi eux, Benjamin Mendes Seixas, Ephraim Hart et Alexander Zuntz, de la Synagogue de Shearith Israel, investissent aussi dans la création de la Bank of Rhode Island.
Réunis jusque-là au « Tontine’s Coffe House », ils ouvrent le New York Stock Exchange en 1817, sous la présidence de Nathan Prime.

 

L’ambivalence américaine envers les Juifs

On notera cependant que certains « Pères fondateurs » autres que Washington ont été moins accueillants envers les Juifs.

John Adams, successeur de George Washington à la présidence des Etats-Unis, s’il lui est arrivé d’émettre sur les Juifs des appréciations très élogieuses, a également noté qu’il était « très difficile d’aimer la plupart d’entre eux ».

Il espérait voir le jour où « les aspérités et les singularités de leur caractère » seraient déchirées et où ils deviendraient des « Chrétiens unitaires libéraux ».

Thomas Jefferson, successeur du précédent, souhaitait que les Juifs acquièrent de meilleures connaissances profanes pour pouvoir « devenir l’objet d’un égal respect », impliquant par là que sans de telles acquisitions ils ne pourraient s’attendre à être respectés.

Arthur Hertzberg remarque à ce propos dans The Jews in America (p. 87) :
Jefferson exprimait ainsi le sentiment du courant dominant du siècle des « Lumières », selon lequel tous les hommes devaient jouir de l’égalité dans la société, mais à la condition d’adopter les mœurs et les conceptions des gens « éclairés ». Jefferson ne considérait pas qu’un Juif parlant yiddish et connaissant le Talmud pût être aussi utile à la société qu’un penseur formé à la culture classique comme il était lui-même.

Cette idée que l’on pouvait jouir aux Etats-Unis d’une totale liberté à la condition de n’être pas « trop juif » eut pour conséquence de tenir beaucoup de Juifs à l’écart. En 1820, ils n’étaient qu’environ 6 000 !

Les choses ont changé après 1830 quand des centaines de milliers de  Juifs réformés allemands, ont commencé d’arriver.

Les grandes migrations de Juifs pauvres et opprimés venus d’Europe de l’est ont suivi vers la fin du XIXème siècle.

Toutefois, l’égalité devant la loi ne sera totale que lorsque tous les états auront aboli les règlements discriminatoires à l’embauche des fonctionnaires.

Le dernier état à supprimer une telle clause est le New Hampshire en 1877. En fait, des mesures discriminatoires à l’entrée dans certaines institutions universitaires ou bancaires continueront jusqu’à bien avant dans le xxe siècle. 

 

Dossier réalisé par Jforum

Emission: L’Histoire des Juifs d’Amérique

Source 1: Traduction et adaptation de Jacques KOHN  LE RABIN KEN SPIRO

 Source 2: fr.wikipedia.org

1 COMMENT

  1. Le Juif où qu’il aille doit …………” montrer patte blanche ” .

    ………Oublier qu’il est Juif

    Et avoir de l’argent pour pouvoir le prêter à celui qui l’accueille .

    Et si on ne le rembourse pas ce n’est pas grave .

    Etre Juif c’est aussi être patient et bien étudier ceux qui nous entourent .

    En fait s’adapter .

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