Le 29 novembre 1947, l’Assemblée générale de l’ONU adopte, à la majorité absolue, la résolution 181 qui partage la Palestine en deux États, un État juif et un État arabe.
Ce plan de partage fut accepté par les représentants de la communauté juive en Palestine et refusé par la Ligue Arabe et les représentants de la communauté arabe de Palestine. L’État d’Israël fut créé non sans combats et l’Etat palestinien, pour reprendre la formule employée par François Mitterrand «resta en rade».
Soixante cinq ans après guerres et intifada, cet État reste toujours virtuel.

Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne demande, à l’Assemblée Générale de l’ONU, ce 29 novembre 2012 date anniversaire symbolique, l’admission de la Palestine à cette instance, en tant qu’État observateur non membre ; un statut identique à celui du Vatican.
C’est moins que membre de plein droit mais la Palestine pourra avoir accès aux différentes agences de l’ONU, et non des moindres, puisqu’elle pourra adhérer à la Cour pénale internationale.
On n’a certainement pas oublié que l’an dernier le président de l’Autorité palestinienne souhaitait obtenir le statut de membre à part entière qui ne pouvait être attribué que par le Conseil de Sécurité mais là, il se serait heurté au véto américain.
Pour contourner cet obstacle, Nicolas Sarkozy avait suggéré aux palestiniens de se contenter de ce statut intermédiaire qui serait obtenu sans difficultés.
Il n’y a pas de droit de véto, la résolution est votée à la majorité simple, et les palestiniens disposent d’un large soutien au sein de l’Assemblée.
Mais au-delà de la majorité automatique qui leur est acquise, il sera intéressant de connaitre le nombre de Capitales occidentales, en particulier européennes, qui auront soutenu la demande palestinienne.

La France a décidé d’appuyer la demande des palestiniens, «par souci de cohérence» a déclaré Laurent Fabius, «la reconnaissance d’un État palestinien constituant la position constante de la France».
Il y a donc continuité entre Nicolas Sarkozy et François Hollande mais aussi, nécessité de renforcer la légitimité de l’Autorité palestinienne et de Mahmoud Abbas par rapport au Hamas qui vient de sortir, malheureusement, grandi de sa confrontation avec Israël, comme le pensent de très nombreux israéliens.
Une décision positive de l’ONU, même si on considère qu’elle est symbolique confirmera la légitimité de la création d’un État palestinien, surtout si le vote en sa faveur approche la majorité des deux tiers.
Certes, elle ne changera rien sur le terrain, le lendemain de l’admission de la Palestine à l’ONU les palestiniens se retrouveront dans la même situation que la veille, mais elle pourrait renforcer l’option politique.
La France demande une négociation sans condition et immédiate entre les deux parties israéliennes et palestiniennes ; sera-t-elle entendue ?
Les américains qui vont voter contre l’admission de la Palestine à l’ONU, la demandent aussi et ils peuvent être, s’ils le souhaitent, bien plus persuasifs que les français ou les européens ; mais le feront-ils ?
Paradoxalement, une fenêtre d’opportunité s’ouvre pour les deux protagonistes : Mahmoud Abbas sait, que sa marge de manœuvre est étroite, que le temps lui est compté pour profiter de cette embellie et conforter sa position.
Il doit donc retourner à la table des négociations sans conditions préalables pour faire la preuve que l’option politique est plus payante que l’option militaire qui ne provoque que ruine et misère.
Il sait aussi que le Hamas a été obligé de faire profil bas en se ralliant à la demande d’adhésion à l’ONU, mais qu’il reste opposé à toute tentative de règlement pacifique du conflit.
Il a tout à y perdre, il n’hésitera pas à user de tous les moyens à sa disposition, la rupture du cessez le feu en est un, pour la torpiller.

Quant à Israël, dès qu’il s’est rendu compte qu’il ne pourrait s’opposer à ce que la Palestine obtienne le statut d’État non membre, il a décidé de ne pas mettre à exécution les mesures de rétorsion dont il avait menacé l’Autorité palestinienne.
Une prise de position qui permet de ne pas insulter l’avenir et de n’appliquer certaines de ces sanctions que si les palestiniens utilisaient leur nouveau statut pour affronter Israël dans l’arène internationale.
Israël appelle aussi les palestiniens à revenir à la table des négociations, sans conditions préalables.
Aurait-il compris qu’il lui faut renforcer la position de Mahmoud Abbas et négocier avec lui s’il ne veut pas avoir le Hamas et les Frères musulmans aux portes de Tel- Aviv ?
L’entrée de la Palestine comme État non membre à l’ONU est certes symbolique mais, en choisissant cette date anniversaire du 29 novembre 1947, et avec 65 ans de retard pour les palestiniens, elle consacre le partage de la Palestine entre deux États, un État juif Israël et un État arabe la Palestine dont les frontières restent à définir.
Les États arabes, en votant pour ce nouveau statut de la Palestine, légitiment enfin, à leur corps défendant sans doute, l’existence d’Israël.
Benyamin Netanyahou se grandirait en émettant un vote favorable, à l’entrée de la Palestine à l’ONU : il confirmerait ainsi son acceptation de l’existence de deux États, et les palestiniens comprendraient enfin que leur avenir ne pourra se construire que par la paix et non par la guerre.
On peut rêver.
Gérard Akoun/ Benillouche Blog Article original
Judaïques FM
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