Enquête exclusive sur la mosquée de Bron, d’où vient le terroriste de Valence…

mosquée de Bron
Raouf El Ayeb, le « discret » et « sans casier » père de famille « forcené » de Valence habite à Bron. Suite à son dérapage incontrôlé contre quelques militaires de faction devant une mosquée de Valence en danger d’attaque à l’oreille de cochon, Alex Perrin, procureur de la République, via le Dauphiné.com, nous donne quelques informations éclairantes sur les activités de ce pieux Musulman, jusqu’ici « sans histoire », dont celle-ci, apparemment banale : Il fréquentait la mosquée de sa bonne ville de Bron…

http://www.ledauphine.com/drome/2016/01/01/valence-des-militaires-de-sentinelle-tir-sur-un-homme

« Alex Perrin : « Le conducteur âgé de 29 ans, de nationalité française et d’origine tunisienne, est musulman pratiquant. Il fréquente la mosquée de Bron où il habite. Il était en visite chez ses beaux-parents à Valence. Les perquisitions de sa voiture et de son domicile n’ont pas permis d’établir qu’il a des liens avec des réseaux terroristes. Il n’est pas connu judiciairement et n’est pas signalé en matière de radicalisation. Des témoins indiquent que lors de l’attaque, il aurait pu crier Allah Akbar. Lors d’un assaut, il semble également avoir fait une prière musulmane ». Puis : « Des images de propagande djihadiste ont été retrouvées dans le matériel informatique du conducteur en garde à vue ».

Une saine curiosité incite à chercher quelques renseignements sur une mosquée fréquentée par un tel individu, si représentatif de la « religion d’amour, de paix et de tolérance ». Passant d’un foyer SONACOTRA, déclaré insalubre, à l’hébergement tarifé (dans les locaux destinés au catéchisme) de l’église Saint-Etienne du Terraillon , grâce à la béate bienveillance du père Yves Bernin, les Musulmans de Bron parviennent aisément à acheter un terrain au Grand Lyon et à construire une base islamique polyvalente, la Mosquée de Bron Terraillon. Le 30 mai dernier, la sénateur-maire de Bron, Annie Guillemot, par ailleurs fraîchement nommée à l’Observatoire de la Laïcité ( ce qui laisse dubitatif ) , Michel Delpuech , Préfet de la Zone Défense Sud Est, Préfet de la Région Rhône-Alpes, Préfet du Rhône) et le dhimmi mitré, le cardinal Barbarin, Archevêque de Lyon, Primat des Gaules) se sont empressés d’ « honorer de leur présence » l’inauguration d’une portion de « dar al islam » irrédentiste sous l’œil goguenard et satisfait des différents acteurs de l’islamisation de la région dont Abdelkader Laïd Bendidi (Président du Conseil Régional du Culte Musulman Rhône-Alpes) et Kamel Kabtane (Recteur de la Grande Mosquée de Lyon). On appréciera la photo du préfet en chaussettes et de madame le sénateur-maire nu-pieds, un pansement élégamment exhibé au gros orteil…

mosquée de Bron sénateur-maire nu pieds

Pour bien comprendre ce qui est enseigné et promu dans une mosquée, rien ne vaut une visite attentive à sa page face book : Mosquée de Bron Terraillon ouhttps://www.facebook.com/associationlesenfantsdadam
Et là, fièrement, se trouve étalé le plus « pur » enseignement salafiste, parfaitement digne du gourou de Brest Houdeyfa dont on a étonnamment omis de fermer l’officine…
Concernant les femmes, voici un échantillonnage éclairant :

31 juillet 2015
Mettez votre voile (hidjab, niqab) correctement mes soeurs…

mosquée de Bron face book 2
Ne pas porter le hidjab est une faiblesse dans la foi. Cheikh Ibn Baz.

mosquée de Bron face book1

Un petit tour sur le site islamiste Islam Info nous éclaire sur le Cheikh Ibn Baz :
http://www.islametinfo.fr/2013/10/24/comment-loccident-corrompt-le-monde-musulman-sheikh-ibn-baz-rahimahu-allah/
Ce célèbre « savant » salafiste appréciait beaucoup Al Qaradawi, connu pour sa volonté de terminer le travail d’Hitler, et a dit de lui : « Ses livres ont leurs poids et une grande portée dans le monde musulman »

Hier, à 02:08 •
Le Prophète a dit :« La femme est une nudité, lorsqu’elle sort le diable lui accorde de l’importance ».
• Source : Rapporté par Tirmidhi dans ses Sounan n°1173 qui l’a authentifié et il a également été authentifié par Sheikh Albani dans sa correction de Soudan Tirmidhi.

mosquée de Bron face book 7

mosquée de Bron face book 8 jpg la femme doit obéir à son mari

Après cette « célébration » de la femme qui fleure bon le vieux « hadith authentique »et le viol institutionnalisé, voici d’autres obligations qui doivent régir la vie du « pieux »Musulman :

Comment dormir islamiquement, (on ne précise pas le type de matelas halal recommandé)

• 4 juillet 2015
Bonne nuit sous protection d’Allah Azawjdel. Dormez sur le côté droit.

mosquée de Bron face book 4.jpg comment dormir

Attention au déchaînement des djinns…:
11 juillet 2015 •
« Durant le mois du Ramadan, tout djinn est enchaîné, toutes les portes de l’enfer sont fermées, et toutes les portes du paradis sont ouvertes et chaque soir Allah sauve de l’enfer un certain nombre de croyants. »

[nous passons sur un long passage concernant la recommandation de ne pas fêter « Noël », ce qui serait logique quand on se revendique « musulman » et n’y voyons guère de marque de « Salafisme » sauf à condamner « l’objection de conscience » de ne pas se revendiquer « Chrétien » -travers propre à RIPOSTE DITE LaÏque »- …]

Pour se faire plaisir, une référence « culturelle » et sportive, tombée dans le chaudron islamique :

mosquée de Bron face book 3.jpg Ribéry

Et deux autres images à savourer :

mosquée de Bron face book 5.jpg Coran médicament

 

mosquée de Bron face book 6 jpg démon pet

En 2004, déjà, l’Express soulignait la présence du salafisme à Bron et en exposait le développement d’un communautarisme très actif. L’Express cite le vieux cheikh pondeur de fatwas adulé par la mosquée de Bron : « Les guides spirituels de ces ouailles dociles se nomment Nasiraddin al-Albani, disparu en 2001, et Abdel Aziz ben Baz, le grand mufti d’Arabie saoudite décédé deux ans plus tôt. Dans l’une de ses fatwas, ce dernier condamne à mort toute personne soutenant que le soleil est immobile, car cette théorie reviendrait à démentir les dires du Prophète… »
http://www.lexpress.fr/actualite/societe/religion/la-strategie-des-salafistes_489383.html

Certes l’idéologie obscurantiste salafiste déployée sur la page face book de la mosquée de Bron n’incite pas directement au terrorisme mais ceux qui en deviennent adeptes, tel Raouf El Ayeb, refusent en bloc toutes les valeurs occidentales, interdisent toute intégration, toute liberté de pensée, méprisent les « mécréants », juste bons à fournir les aides sociales. Forcément, une telle idéologie sectaire ne peut que prédisposer psychologiquement certains à basculer vers l’activisme et le terrorisme. Même si on a retrouvé de la propagande djihadiste sur l’ordinateur du « forcené », même s’il a pu trouver des soutiens sur les réseaux sociaux, il parait évident d’El Ayeb s’est d’abord nourri de l’activisme prosélyte diffusé depuis de nombreuses années par la communauté salafiste de Bron qui a trouvé, avec sa mosquée flambant neuve, un nouvel essor et une vigueur démultipliée.

Qui a permis, qui a laissé prospérer, qui a favorisé l’expansion salafiste à Bron et dans tout le Grand Lyon ? Qui a félicité chaleureusement ses adeptes obscurantistes, insultant chaque jour nos valeurs démocratiques, philosophiques, scientifiques, sapant chaque jour notre culture, notre civilisation, ruinant tout espoir en notre avenir ? Qui a permis, par complaisance, laxisme et clientélisme, qu’un individu prenne sa voiture dans le but de « tuer des militaires parce qu’ils tuaient des gens et d être tué par des militaires » ? Qui ? Certes, quelques larbins grotesques aux ordres, un préfet, un maire, un cardinal…et au dessus d’eux, qui ? Poser la question, c’est y répondre…

Danielle Moulins
Quelques liens supplémentaires :

Le « vivre-ensemble » à Bron :
http://www.fdesouche.com/490703-des-racailles-attaquent-des-policiers-et-les-lynchent-a-bron-69?utm_medium=facebook&utm_source=twitterfeed
http://www.lyonmag.com/article/70815/lyon-22-mosquees-salafistes-recensees-dans-l-agglomeration 17-02-2015
« Ce mardi, RTL a publié une note concernant des informations transmises par les services de renseignements. Cette note recense la prise de contrôle des mosquées par des imams salafistes. Dans la région lyonnaise on dénombrerait 22 mosquées dont l’orientation religieuse se rapprocherait du mouvement fondamentaliste. »
Le préfet Delpuech a fermé un lieu salafiste à Vénissieux ; il faut en fermer 30 !

http://www.lyoncapitale.fr/Journal/Lyon/Actualite/Actualites/Religion/Rhone-une-douzaine-de-salles-de-prieres-salafistes
« Dans une interview à paraître dans Lyon Capitale-le mensuel dès vendredi, le préfet Michel Delpuech explique : « Dès avant la commission des attentats, j’avais demandé de renforcer la surveillance et le contrôle de ces lieux et de vérifier leur conformité aux règles de droit, en particulier du point de vue de la législation des établissements recevant du public. C’est ce qui m’a conduit, en lien avec la mairie, à faire prononcer la fermeture de la salle de prière El Bilal à Vénissieux. D’autres mesures de ce type interviendront, y compris dans le cadre juridique que m’autorise l’état d’urgence. »

Publié le 5 janvier 2016 – par

http://ripostelaique.com/a-mosquee-de-bron-salafisme-nourrit-terrorisme.html

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Salafistes installés depuis plus de 12 ans par laxisme d’Etat.

La stratégie des salafistes

La prière vient juste de prendre fin. Des jeunes barbus vêtus d’unkhamis (tunique) à mi-mollet sortent de la mosquée d’Evry. Ils se disent «salafistes», du mot arabe salaf, qui désigne les pieux ancêtres, les disciples de Mohammed et ses successeurs des deux générations suivantes. Ce samedi de mai, un seul de ces jeunes accepte d’engager la conversation, à condition de rester anonyme. «Etre salafsignifie revenir à la tradition sincère du temps du Prophète, celle du Coran et de la sunna, explique le garçon, né en France il y a vingt-deux ans. Après le VIIe siècle, l’islam a été perverti par l’innovation, le pire des sacrilèges.» Le jeune homme durcit le ton, s’emporte contre «ces hommes et ces femmes qui se prétendent musulmans mais qui, sous prétexte de s’intégrer, ne portent ni voile, ni barbe, ni khamis,alors que ce sont des commandements de Dieu». Cet étudiant en informatique s’est converti il y a trois ans. «Avant, j’étais musulman non pratiquant, je sortais avec mes amis, j’avais des petites copines, j’allais même danser de temps en temps, dit-il. Aujourd’hui, je préfère éviter les femmes, car je n’ai pas encore la force de résister à la tentation. Et puis, une fille me détournerait de la prière.»

Ligne directe avec les théologiens saoudiens

Salafistes: le mot fait peur. Il est désormais sur toutes les lèvres, depuis l’expulsion hâtive, en avril dernier, d’Abdelkader Bouziane, imam à Vénissieux. Partisan des châtiments corporels à l’encontre des femmes adultères – le mari «peut frapper fort pour faire peur à sa femme pour qu’elle ne recommence plus», a-t-il affirmé en avril dernier dans un entretien au magazine Lyon Mag – ce religieux polygame, père de 16 enfants, a retrouvé ses pénates lyonnais après que le ministère de l’Intérieur eut échoué à prouver son implication dans un réseau terroriste. Qui sont ces fondamentalistes, nostalgiques d’un âge d’or mythique? Quel est leur poids dans la communauté musulmane française? Faut-il considérer ces fidèles d’Allah comme de simples illuminés en rupture de ban avec la République ou comme de futures têtes brûlées d’Al-Qaeda? Enfin, comment la France a-t-elle permis que grandisse sur son sol une communauté en rupture totale avec la société occidentale, ses règles et ses valeurs?

Dans une enquête inédite dont L’Express a eu la teneur, la Direction centrale des renseignements généraux (DCRG) dresse pour la première fois un état des lieux précis du salafisme en France. D’après ce rapport confidentiel, ce mouvement contrôle 15 mosquées sur les 150 lieux de culte tenus par des radicaux sur le territoire. En clair, les présidents des associations gérant ces mosquées et leurs imams appartiennent à ce courant fondamentaliste, qui rassemble une centaine de prédicateurs, toujours d’après le document des RG. Précision d’un officier supérieur des renseignements: «Les salafistes seraient aujourd’hui entre 5 000 et 6 000 rien qu’en Ile-de-France, soit dix fois plus qu’il y a dix ans.» Des chiffres qui affinent les données d’un précédent rapport des Renseignements généraux de la préfecture de police (RGPP), rendu public en février 2004. D’après ce compte rendu, qui ne portait que sur l’Ile-de-France, 32 mosquées radicales noyautaient la grande couronne parisienne. On sait donc maintenant, grâce au dernier constat des RG, que les salafistes non seulement sont implantés dans plusieurs villes de cette région – Sartrouville, Stains, Aulnay- sous-Bois, Longjumeau, Villeneuve-la-Garenne, Ecquevilly, Nanterre et Pontoise, mais aussi ont essaimé un peu partout en province : Amiens, Orléans, Grenoble, Valence, Beauvais, Pau, Bron, Roubaix ou Marseille. Les auteurs de la synthèse soulignent la «montée sensible du prosélytisme, essentiellement auprès des jeunes, musulmans ou pas, des quartiers sensibles».

Résultat de ce mouvement de fond: un net repli communautaire. Les «petits commerces de quartier» cèdent de plus en plus la place aux boutiques «communautaires», souligne le rapport, et les activités sportives sont prises en main par des associations musulmanes très militantes, également à l’origine de la création de «structures éducatives alternatives», telles que les crèches clandestines. A Mantes-la-Jolie, le jeune imam itinérant Mamoun Abdellali a, lui aussi, constaté la présence accrue des salafistes au coeur des banlieues. «Après le succès du Tabligh [mouvement piétiste] dans les années 1970, puis celui des Frères musulmans [rigoristes], dans la décennie suivante, nous assistons aujourd’hui à l’apogée du salafisme», assure ce religieux très populaire dans les Yvelines.

Tout bon musulman doit «revenir au véritable islam», martèlent ces intégristes. Mais qu’est-ce que le véritable islam? «Pour ces croyants, le temps s’est arrêté en 661, au début de la dynastie des Omeyyades, explique le chercheur Rachid Benzine (Les Nouveaux Penseurs de l’islam, Albin Michel). Ils annulent quatorze siècles d’histoire, passent sous silence les quatre écoles juridiques de l’islam – parce qu’elles proposent des interprétations différentes sur certains points du Coran – nient l’apport de la civilisation musulmane à l’Europe. Ils prêchent un islam essentialiste, en apesanteur.» Ainsi est-il facile aux salafistes de faire dire aux textes ce que bon leur semble. Par exemple, le verset qu’ils citent fréquemment pour ébranler les sceptiques – «Ma communauté se divisera en 73 sectes. Toutes iront en enfer, à l’exception d’une seule : celle qui suivra ma voie et celle de mes compagnons» – est totalement apocryphe. Réduire ce mouvement à une secte de fanatiques serait toutefois trop simple. «Il y a plusieurs sortes de salafismes, distingue le chercheur Samir Amghar, qui termine une thèse sur le sujet. Le salafisme littéraliste et le salafisme dit «réformiste». Le «réformisme» apparaît au XIXe siècle en réaction au déclin de l’influence musulmane. Progressiste, ce courant ne refuse pas la modernité et prétend même s’intégrer dans la société, à l’instar du mouvement des Frères musulmans.

Une image archaïque de l’islam

Le salafisme littéraliste – auquel adhèrent les salafistes installés en France – puise sa source dans l’islam rigoriste d’Ibn Taymiyya, penseur du XIIIe siècle, et d’Ibn Abd al-Wahhab, un cheikh du XVIIIe siècle à l’origine du courant puritain qui domine l’Arabie saoudite depuis la fondation du royaume des Saoud, en 1926. Ses partisans rejettent tout effort d’interprétation du Coran, ne croient pas aux vertus de la démocratie, considèrent toutes les autres cultures et civilisations comme impies, mais ne cherchent pas – du moins la majorité d’entre eux – à s’opposer aux gouvernements en place. Plus que la politique, ce sont la morale et la pratique religieuse qui les obsèdent, au point de vouer à l’enfer tous les «mécréants» qui ne souscrivent pas à leur vision du monde. Même leurs parents, adeptes d’un islam souvent beaucoup plus tolérant, sont suspects à leurs yeux. Dans les faits, toutefois, les choses sont plus compliquées. Croisée dans le département d’arabe de l’Institut national des langues orientales, à Nanterre, une jeune fille voilée de pied en cap argumente: «S’il faut ôter son voile à la fac parce que la loi française l’exige, je le ferai, mais c’est à la France de s’adapter à notre religion.» Entre la loi du pays et la loi islamique, la dernière l’emporte toujours aux yeux de ces fondamentalistes qui préfèrent garder leurs filles à la maison jusqu’à l’âge de 6 ans, plutôt que de les envoyer tête nue à l’école.

Disciples zélés du Prophète, les salafistes ont pour livres de chevetLe Licite et l’illicite, d’Ibn Abd al-Wahhab, leur père spirituel, et surtoutLa Voie du musulman, du célèbre théologien algérien Abou Bakr Djazairi. Au moindre problème de la vie quotidienne – faut-il regarder la télévision, accepter une invitation chez un non-musulman? – ils écoutent et appliquent à la lettre ce que disent les théologiens saoudiens de Médine et de La Mecque. «Quand on interroge les jeunes salafistes des banlieues sur un point de doctrine, ils appellent directement l’Arabie saoudite de leur portable», confirme le chercheur Bruno Etienne. Les guides spirituels de ces ouailles dociles se nomment Nasiraddin al-Albani, disparu en 2001, et Abdel Aziz ben Baz, le grand mufti d’Arabie saoudite décédé deux ans plus tôt. Dans l’une de ses fatwas, ce dernier condamne à mort toute personne soutenant que le soleil est immobile, car cette théorie reviendrait à démentir les dires du Prophète… C’est de cette branche si peu éclairée du salafisme qu’a surgi dans les années 1970 le terrorisme jihadiste, avec les Takfir, des sunnites qui se considèrent – eux aussi – comme les seuls vrais musulmans et cherchent à créer le premier Etat islamique «authentique». En 1992, les Groupes islamiques armés (GIA) algériens viendront grossir les rangs de cette soldatesque fanatique, requinquée aujourd’hui par les groupes salafistes de prédication et de combat algériens et surtout Al-Qaeda.

Comment le mouvement salafiste a- t-il pu faire souche en France? Retour aux années 1990. A l’époque, le désormais célèbre Abdekalder Bouziane et Abdelhadi Doudi, l’imam de la mosquée du boulevard National, à Marseille, introduisent le salafisme dans l’Hexagone. Les deux hommes ont de nombreux points communs: algériens tous deux, ils sont arrivés sur le territoire français dans les années 1980 et sont passés par l’université islamique de Médine. Le nec plus ultra, aux yeux des fondamentalistes musulmans. Abdelhadi Doudi prône cependant un salafisme nettement plus belliqueux que son coreligionnaire de Vénissieux. Beau-frère de Mustapha Bouyali, fondateur de la première organisation islamiste armée, il est un compagnon de route d’Ali Belhadj, fondateur du FIS algérien. Emprisonné en Algérie, Doudi est relâché en 1986. Il immigre en France, berceau des droits de l’homme… «Beaucoup d’islamistes ont profité impunément de notre hospitalité», glisse un policier de la région parisienne. Il faudra attendre 1995 pour que les autorités réagissent en démantelant des réseaux islamistes de Roubaix, de La Courneuve et d’Avignon. Et 2004 pour que le ministère de l’Intérieur sonne la fin de la partie pour les imams fondamentalistes, en ordonnant l’expulsion de cinq d’entre eux depuis janvier. Trop tard?

Les salafistes, il est vrai, savent s’y prendre. Prosélytes hors pair, ils battent le pavé des cités miteuses où les jeunes qui tiennent les murs sont sensibles à leur discours. «Ils ne font jamais de grands débats théologiques, mais citent des cas concrets en se donnant en exemples», raconte Kamel Kabtane, recteur de la grande mosquée de Lyon et président du conseil régional du culte musulman de Rhône-Alpes. L’islam que proposent les salafistes a réponse à tout, à condition d’abdiquer tout esprit critique. Selon les spécialistes, ils vont chasser sur les terres du Tabligh, ces témoins de Jéhovah de l’islam qui ont pour défaut originel d’être un mouvement moderne, fondé dans les années 1920. Il s’agit souvent de jeunes à la dérive qui ont coupé les ponts avec leur famille. Les filles s’enrôlent par amour, mais aussi à titre personnel, séduites par l’absolu de la doctrine. C’est aussi l’opinion des hommes, qui trouvent dans le salafisme un soutien et une dignité que, croient-ils, la société française leur refuse. «Sur le marché de l’identité, le beur laïque du type Malek Boutih est aujourd’hui très critiqué, explique le sociologue Samir Amghar. Le modèle du jeune voyou «caillera», traqué par la police, a perdu de son lustre. Il ne reste plus que le musulman inséré dans la grande famille de l’oumma, la communauté des croyants dans le monde.»

Les salafistes peuvent compter sur l’aide de leurs maîtres à penser saoudiens. En septembre 2001, la Direction de la sûreté nationale (DST) s’alarmait déjà dans une note interne de la «présence d’ulémas d’Arabie saoudite venus animer des séminaires dans les mosquées La Rose-des-Vents, à Aulnay-sous-Bois, Al-Ihsan, à Argenteuil, ou Tariq-Ibn-Zyad aux Mureaux.» Abdullah el-Boukhri, Sali al-Zubaydi et Mohammed Bazmoul ont ainsi réuni en juillet 2001 plus de mille jeunes à la mosquée d’Aulnay-sous-Bois. Leur but? Recruter les jeunes fidèles aptes à suivre des études théologiques en Arabie saoudite. Mamoun Abdellali, l’imam modéré des Yvelines, a lui-même assisté aux réunions organisées en 1999 et 2000 à la mosquée de Mantes-la-Jolie en présence des responsables de l’université de Médine. «Plus de 80 garçons ont posé leur candidature pour décrocher une bourse», se souvient-il. Un prosélytisme d’autant plus gênant qu’ «à leur retour, souligne un responsable des RG d’Ile-de-France, ces jeunes musulmans deviennent des référents: ils structurent la communauté salafiste locale, organisent les vidéoconférences avec l’Arabie saoudite, la Jordanie ou l’Algérie, cooptent les nouveaux convertis…»

Repli communautaire et discours victimaire

Exemple de prise de pouvoir dans une mosquée traditionnelle: Longjumeau. A l’hiver 1998, des jeunes salafistes de la cité des Aunettes, à Evry, se mettent à fréquenter la mosquée de la ville. Ils entraînent dans leur sillage des «frères» de Sartrouville, de Poissy et de Stains. Six ans plus tard, la mosquée accueille 150 fidèles, en majorité salafistes. «Les vieux ouvriers marocains et algériens qui géraient la salle de prière n’ont eu d’autre choix que de leur laisser la place», raconte un musulman de la région. Ailleurs aussi, des lieux de prière ont subi la même OPA islamiste, telles la mosquée d’Ecquevilly ou celle de Stains, outre certaines en province. «Les associations qui gèrent les mosquées sont sans le sou, observe Kamel Kabtane. Lorsqu’un jeune salafiste se présente en disant qu’il veut prêcher gratuitement, elles peuvent difficilement refuser!»

C’est sous l’influence de ce type de jeunes leaders religieux que Yashar Ali, l’imam irakien de la mosquée As-Salam d’Argenteuil, interpellé le 10 mai dernier et écroué pour non-respect des règles d’assignation à résidence, est devenu une tête de pont du salafisme sur le territoire français. A son arrivée, en 1983, ce réfugié politique d’origine kurde n’a rien d’un intégriste. C’est en s’installant en Seine-Saint-Denis qu’il entre en contact avec le Kaplan, la mouvance islamiste turque la plus extrémiste. Il épousera même la soeur d’un des leaders du mouvement. Au cours des années 1990, il prend en charge la mosquée de Montfermeil, et commence à fréquenter les salafistes. Les fondamentalistes wahhabites l’aideront, au cours de l’année 2002, à prendre la tête de la mosquée d’Argenteuil. Grisé par son nouveau pouvoir, l’imam tentera même d’installer une crèche clandestine dans les locaux de la salle de prière.

A Lyon, Kamel Kabtane connaît bien ces intégristes. «Ils sont souvent du même quartier, arrivent et repartent ensemble de la mosquée», raconte-t-il. Par leur attitude, ces adorateurs du Prophète se démarquent des autres musulmans: à leur entrée dans le lieu de culte, ils ne font pas la traditionnelle prière de salut à la mosquée. Ils s’abstiennent aussi de réciter tout haut le Coran lors des invocations collectives, la voix humaine ayant pour effet, selon eux, de pervertir la parole divine. «Les salafistes donnent une image très archaïque de l’islam et mettent les autres musulmans mal à l’aise», reconnaît Kamel Kabtane, que ces mêmes salafistes refusent de saluer parce qu’il ne porte ni barbe ni djellaba.

Les «salafs», comme on dit en banlieue, sont en effet d’un ritualisme exacerbé: leur barbe ne doit pas dépasser deux longueurs de main à partir du menton, et le pantalon doit se porter au-dessus des chevilles. Ils vivent au rythme des cinq prières quotidiennes. Leur monde s’organise en vase clos, comme si la société française n’existait pas: ils ont leurs propres commerces – sandwicheries halal, pizzerias, magasins de sport – leurs forums Internet et leurs librairies en ligne. Les grandes victimes de cet obscurantisme sont évidemment les femmes. Un inspecteur de police raconte que, à l’occasion de ses perquisitions dans ces milieux, il est arrivé dans des appartements aux volets fermés, comme en Arabie saoudite, pour empêcher quiconque de regarder les filles de la maison. Il a aussi découvert une photo de famille sur laquelle le visage de l’épouse était raturé, afin que nul ne puisse découvrir ses traits. Quand il se convertit, le salafiste refuse d’embrasser sa mère ou même de lui serrer la main: aucun contact physique avec les femmes, hormis l’épouse, n’est envisageable. Ces puristes exècrent l’innovation culturelle, mais sont friands de technologie. Ils possèdent des graveurs de CD, des ordinateurs, des mobiles dernier cri et raffolent de la Golf 4 avec un volant sport. Ils portent des survêtements remontés sur le mollet ou une veste Lacoste sous leur khamis.

Faut-il avoir peur de ces jeunes islamistes nés sur le sol français et aveuglés par leur intégrisme? «Au contact des salafistes, les jeunes s’immergent dans une théologie qui refuse en bloc toutes les valeurs occidentales et qui désigne tous les non-salafistes comme des impies, souligne le sociologue Samir Amghar. Forcément, cela prédispose psychologiquement certains à basculer vers l’activisme.» Bien sûr, le chômage et les ratés de l’intégration confortent ces musulmans sectaires dans leur repli communautaire et leur discours victimaire. Bien sûr, la pénurie d’imams formés en France ne contribue pas à les éclairer dans leur foi. Bien sûr, les sanglants échos quotidiens de l’interminable conflit israélo-palestinien nourrissent leur ressentiment. Mais il est tout aussi vrai que ces jeunes, entretenus par leurs parents dans l’idée d’un retour dans leur pays d’origine, ont du mal à se sentir français. En poussant à l’extrême la logique du refus de l’intégration, les salafistes posent donc un problème évident à la République française. Ils jettent aussi le discrédit sur l’ensemble des disciples d’Allah. Pour Mohamed Bechari, président de la Fédération des musulmans de France (modérés), «c’est à nous, musulmans, de travailler à réformer l’islam. Il faut clarifier le rapport entre le politique et le religieux». Une lourde tâche.

lexpress.fr

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