Quel toupet ces Israéliens !
Par Michèle Mazel
La Syrie a été le théâtre lundi d’une opération israélienne d’une rare violence. Israël a attaqué en plusieurs vagues les bases avancées de l’Iran en territoire syrien, ainsi que les batteries de défense antiaériennes syriennes qui avaient ouvert le feu sur ses appareils.
Voici comment le Figaro commente cette information le même jour : « Israël a indiqué avoir ciblé des positions iraniennes en Syrie, tôt ce lundi…. selon Tsahal, l’attaque est une réponse au lancement d’un missile tiré dimanche par les forces iraniennes depuis la Syrie vers le nord du plateau du Golan, occupé par Israël. L’engin avait été intercepté par le Dôme de Fer, le bouclier antimissiles israélien. »
En clair : quel toupet ces Israéliens ! Non seulement ils occupent le plateau du Golan, mais encore ils se permettent de riposter à un missile envoyé à partir de la Syrie vers ce territoire syrien occupé ! Le journal se garde bien de s’étendre sur les raisons pour lesquelles ce sont des forces iraniennes et non syriennes qui ont lancé ce missile et encore moins sur la nature de l’objectif qui était visé. Pourtant les Ayatollahs ne font pas mystère de leurs intentions. Il s’agit de développer et renforcer l’influence chiite, de l’Irak au Liban à travers la Syrie – tout en établissant des positions leur permettant d’attaquer Israël.

Le général Aziz Nazirzadeh, chef de l’armée de l’air iranienne l’a déclaré crûment hier encore : « Nous sommes prêts pour la guerre décisive qui mènera à la disparition d’Israël. » Une déclaration qui n’a surpris personne : cela fait des années que les Ayatollahs proclament leur volonté d’anéantir le « petit Satan » qu’est à leurs yeux l’état juif. On attend toujours le concert de condamnations des pays européens et surtout l’indignation de Madame Mogherini envers cette menace claire contre un état indépendant membre des Nations Unies et avec lequel ces dits pays entretiennent des relations diplomatiques. En Israël, ces menaces sont prises très au sérieux d’où la série d’attaques menées par le passé pour mettre en échec les manœuvres iraniennes ; les Russes, patrons d’Assad dont ils ont assuré la survie puis la victoire, avaient, disaient-ils, « convaincu » Téhéran de retirer ses avant-postes près de la frontière. Apparemment les dirigeants iraniens ont changé d’avis et se trouvent toujours dans les faubourgs de Damas.
Mais revenons à ce missile iranien. Que visait-il au juste dans le nord du plateau du Golan ? Quelle cible militaire, quelle infrastructure essentielle étaient-elles visées ? La question semble avoir été longuement débattue par les stratèges iraniens et leurs alliés syriens puisque, selon diverses sources, l’opération aurait été programmée depuis plusieurs semaines. Il fallait frapper fort et montrer à Israël que ses interventions contre les installations iraniennes en Syrie et surtout contre les tentatives de transfert des missiles de haute précision au Hezbollah libanais ne seraient plus tolérées. D’où la décision de frapper la station de ski du mont Hermon. Ouverte pour la première fois de la saison après les abondantes chutes de neige des dernières semaines, elle accueillait ce matin-là quelques cinq mille visiteurs. Tous des civils. Des hommes, des femmes, et des enfants. Beaucoup d’enfants. Ce qu’on appelle une cible de choix.
Look at what Israeli families skiing in northern Israel saw above them yesterday… #StopIran pic.twitter.com/aRAEHCnKVX
— Israel Defense Forces (@IDF) January 21, 2019
Par ©Michèle Mazel
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