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Yémen: l’Arabie saoudite lance une opération militaire

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■ «L’opération vise à défendre le gouvernement légitime» du président du Yémen, selon l’ambassadeur saoudien aux Etats-Unis Adel al-Jubeir.
■ Cinq pays du Golfe ont décidé de répondre à l’appel du président Hadi (Arabie saoudite, Qatar, Koweït, Bahreïn, Emirats arabes unis).
■ Selon l’Arabie saoudite, l’Egypte, le Maroc, le Pakistan, la Jordanie et le Soudan ont affirmé vouloir participer à l’opération militaire.
■ L’Egypte et la Jordanie confirment officiellement leur participation à l’intervention.
■ Les Etats-Unis vont également fournir un soutien «en logistique et en renseignement»
■ L’opération comprend pour le moment des frappes aériennes.

Ryad a pris la tête d’une coalition militaire arabe pour défendre le président du Yemen, avec le soutien de Washington et du Caire. Les forces loyales au président menacé par les milices Houthis ont repris l’aéroport d’Aden jeudi matin.

 

L’Arabie saoudite a lancé une opération militaire au Yémen impliquant «plus de 10 pays» pour défendre le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, confronté à une rébellion de la milice chiite des Houthis et réfugié à Aden. L’Egypte a confirmé sa participation à cette coalition arabe, à qui Washington a promis une assistance en logistique et en renseignements.   

L’opération a été déclenchée dans la nuit alors que des forces alliées aux rebelles chiites s’étaient emparées mercredi de l’aéroport international d’Aden. Jeudi matin, l’aéroport avaient été repris par les forces loyales au président Hadi. La veille, un ministre avait averti qu’une chute de la grande ville du sud marquerait le «début» d’une guerre civile.

Aden est le fief du président Hadi, où il s’était réfugié après la prise de la capitale Sanaa début février par les rebelles houthis, soupçonnés de liens avec l’Iran chiite et l’ex-président Ali Abdallah Saleh, poussé en 2012 au départ après 33 ans au pouvoir.

La coalition arable  «fera tout ce qu’il faudra»

L’opération militaire «vise à défendre le gouvernement légitime du Yémen et à empêcher le mouvement radical houthi de prendre le contrôle du pays», a expliqué l’ambassadeur saoudien aux Etats-Unis, Adel al-Jubeir, lors d’une conférence de presse. Les opérations se limitent pour le moment à des frappes aériennes sur différentes cibles au Yémen, mais d’autres forces militaires sont mobilisées et la coalition «fera tout ce qu’il faudra», a-t-il ajouté.

Selon des sources militaires au Yémen et des témoins, plusieurs sites sensibles tenus par la rébellion à Sanaa, dont une base aérienne et le palais présidentiel, ont été visés jeudi dans le cadre de cette opération et un incendie s’est déclaré dans le palais présidentiel.  Un premier bilan faisait état d’au moins treize morts dans un quartier résidentiel de Sanaa, touché par ces raids aériens qui ont cessé aux premières heures de la journée, selon des habitants.

Ils ont permis de «détruire les défenses aériennes des rebelles houthis, la base aérienne Al-Daïlami (attenante à l’aéroport de Sanaa), des batteries de missiles SAM et 4 avions de combat», selon un premier bilan cité par l’agence saoudienne Spa. L’aviation saoudienne «a pratiquement sécurisé l’espace aérien yéménite où elle s’emploie à mettre en place une large zone d’exclusion aérienne», a déclaré un conseiller saoudien.

L’Arabie saoudite, le Qatar, le Koweit, Bahrein et les Emirats arabes unis ont indiqué dans un communiqué avoir «décidé de répondre à l’appel du président Hadi de protéger le Yémen et son peuple face à l’agression de la milice des Houthis». L’Egypte, le Maroc, la Jordanie, le Soudan et le Pakistan sont volontaires pour y participer, a ensuite rapporté l’agence saoudienne Spa.

Guerre par procuration entre Iran et Arabie Saoudite 

«Vous avez une milice qui contrôle ou pourrait contrôler des missiles balistiques, des armes lourdes et une force aérienne. Je ne me rappelle aucune autre situation dans l’histoire où une milice dispose d’une force aérienne. […] C’est donc une situation très dangereuse», a fait valoir l’ambassadeur.

Dès mardi et après avoir maintes fois dénoncé un «coup d’Etat» des Houthis, le président Hadi avait confirmé avoir sollicité les monarchies sunnites du Golfe pour une «intervention militaire» et avoir exhorté l’ONU à adopter une «résolution contraignante» pour stopper l’avancée rebelle.

Les Etats-Unis ont fait état d’un contact téléphonique «plus tôt dans la journée» avec le président Hadi, leur allié dans la lutte contre Al-Qaïda, indiquant qu’il avait quitté sa résidence d’Aden mais qu’ils ne savaient pas où il se trouvait actuellement. Après la progression fulgurante des Houthis en direction d’Aden et alors que son complexe a été la cible d’un nouveau raid aérien, M. Hadi a été conduit vers un «lieu sûr à Aden», a indiqué son entourage.

La crise au Yémen, pays pauvre de la péninsule arabique, s’est envenimée depuis septembre 2014 quand les Houthis ont déferlé sur la capitale Sanaa pour y contester le pouvoir de M. Hadi et dénoncer un projet de Constitution sur un Etat fédéral qui priverait son fief dans le nord d’un accès à la mer.

Pour les experts, le Yémen, écartelé entre le nord dominé par les Houthis et le sud par les pro-Hadi, est le théâtre d’une guerre par procuration entre l’Iran chiite et le royaume saoudien sunnite, qui risque d’aboutir à une désintégration du pays.

A cela s’ajoute la poursuite d’actions du réseau sunnite Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), bien implanté dans le sud-est. Pour ajouter au chaos, le groupe jihadiste Etat islamique, qui sévit dans plusieurs pays arabes, vient de revendiquer sa première attaque au Yémen, qui a fait vendredi plus de 140 morts dans des mosquées à Sanaa.

AFP

 

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