Des petites mains qui jamais ne se retrouveront et Anthony Hopkins touché par la Grâce

Existe-t-il encore des mots pour dire toute la Beauté de ce film, toute sa profondeur, son élégance et sa sobriété pour un sujet aussi délicat et terrassant d’effroi? Une Vie est l’histoire vraie de Sir Nicholas Winton, jeune londonien agent de change qui lors d’un séjour en Tchécoslovaquie, découvre les menaces de déportation de milliers d’enfants juifs qui ont fui l’Allemagne et l’Autriche. Il décide alors d’accomplir l’impensable et d’en sauver le plus possible.

Le metteur en scène James Hawes, qui est d’abord écrivain, invite avec une humanité toute en discrétion et en émotion contenue, les spectateurs à tenter de comprendre ce qui a fait que ce citoyen britannique qui jusque- là n’avait pas conscience de l’abomination qui menaçait l’Europe, soit devenu à la constatation de l’immondice le plus sombre, un Homme à la détermination féroce et à la bonté aussi grande qu’emplie d’humilité. Il parviendra à sauver 669 enfants juifs de la déportation et donc d’une mort certaine. Il sera hantée toute sa vie, par ceux qu’il n’a pas réussi à extirper des griffes nazies.
Est-il nécessaire de dire combien Anthony Hopkins est chavirant et complètement habité par Nicholas Winton ? Un jeu subtil, un jeu qui n’en est presque plus un, un jeu d’une humanité à fleur de mots, de larmes, mais aussi de sourires et de bonheur. En vieux monsieur bientôt grand père, espiègle et un tantinet râleur que Nicholas Winton est devenu, l’acteur rend un hommage délicat et profond et nous amène, nous, modestes spectateurs qui ne sommes ni comédiens, ni de ces enfants par un miracle d’Homme sauvés, à nous interroger sur ce qui fait, qu’en des temps hostiles, qu’au bord de vertigineux dangers, d’homme ordinaire, on se met à devenir ce qu’il y a de plus noble dans l’Humanité.
On retrouvera avec beaucoup de plaisir la belle et lumineuse comédienne suédoise Léna Olin, l’inoubliable Sabina de « l’insoutenable légèreté de l’être » de Philip Kaufman et la trop rare Marthe Keller.
Et s’il ne fallait retenir qu’une seule scène pour définir toute la puissance de ce film, elle tiendrait sans doute dans ces quelques secondes de plans, où Anthony Hopkins se lève, s’appuie à la fenêtre de la maison de celle qui va rendre public tout ce sauvetage et le poing contre la vitre, persiffle, de rage, de chagrin, d’injustice, de frustration , de tout ce que l’impensable et l’abomination faits homme peut avoir de saisissant dans sa macabre brutalité : « Putain d’Hitler ! ». Quelques secondes à peine et l’essentiel nous torpille le ventre et la mémoire, et nous insuffle quelques doses de conscience….ce qui n’est peut être pas un luxe en ces temps si troubles.
Le film est Inspiré du livre de la propre fille de Nicholas Winton, « If It’s Not Impossible…The Life of Sir Nicholas Winton » de Barbara Winton.

JForum.fr avec E. R-Rilhac

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