Plaque située au 35 rue Cambon, à Paris

Theodor Herzl,  Binyamin Ze’ev

Theodor Herzl, également appelé Binyamin Ze’ev, du nom qui lui fut donné à sa Brit Milah, est un journaliste et écrivain austro-hongrois, né le 2 mai 1860 à Pest et mort le 3 juillet 1904 à Edlach. Il est surtout connu comme le fondateur du mouvement sioniste au congrès de Bâle en 1897 et l’auteur de Der Judenstaat (L’État des Juifs) en 1896. Il est aussi le fondateur du Fonds pour l’implantation juive pour l’achat de terres en Palestine à l’Empire ottoman. Il est l’un des premiers à mettre en place l’idée d’un État autonome juif. Herzl était devenu le premier homme d’État d’un peuple sans État, avec une activité diplomatique intense: rencontres avec l’Empereur Guillaume II, Le Sultan à Constantinople, le Pape Pie X, le roi d’Italie

Herzl dira plus tard que l’affaire Dreyfus a motivé son engagement

Herzl dira plus tard que l’affaire Dreyfus a motivé son engagement, même si cela n’apparaît pas dans son journal. En tant que correspondant à Paris du journal Die Neue Freie Presse, il suit l’Affaire depuis le premier procès de Dreyfus. Herzl est venu assister à la dégradation du Capitaine Alfred Dreyfus dans la Cour de l’ École Militaire à Paris le 5 Janvier 1895. C’est à cette époque qu’il estime absolument nécessaire la constitution d’un « abri permanent pour le peuple juif », thèse qu’il reprend dans son livre L’État des Juifs (Der Judenstaat), écrit en 1896. Le débat autour du titre français du livre intitulé Der Judenstaat bute sur certaines particularités linguistiques. Faut-il alors traduire « Judenfrage » — qui figure d’ailleurs en sous-titre de l’ouvrage de Herzl, « Versuch einer modernen Lösung der Judenfrage » — par « la question des Juifs » et non par « la question juive » ? Soulignons que Herzl surveilla de très près la parution française de son ouvrage et qu’il n’ignorait pas que le titre en était L’État Juif alors qu’une traduction stricte aurait dû être L’État des Juifs et non L’État juif, tout comme en anglais la traduction fut « The Jewish State ». Il y expose les trois principes fondamentaux du sionisme : l’existence spécifique du peuple juif ; l’impossibilité de son assimilation par d’autres peuples ; d’où la nécessité de créer un État particulier, qui prenne en charge le destin de ce peuple. À ces trois fondements du sionisme, le Premier Congrès sioniste de Bâle de 1897 ajoute un quatrième : le droit des Juifs à s’installer en Palestine, partie de l’Empire ottoman.

Un coup de tonnerre, peut-être différé

Contrastant avec l’opinion répandue selon laquelle l’affaire Dreyfus aurait joué un rôle central dans la prise de conscience d’Herzl, certains (comme Shlomo Aviner, professeur de sciences politiques à l’université hébraïque de Jérusalem et ancien directeur général du ministère des Affaires étrangères israélien), affirment que « quiconque chercherait dans le journal [de Herzl] — pourtant riche en introspection, et fourmillant de références historiques – un quelconque indice de la centralité de l’affaire Dreyfus dans le réveil de l’identité juive [de Herzl], ou son développement vers le sionisme, serait extrêmement déçu ». Ce qui tend à faire penser que l’affaire Dreyfus a eu un impact a posteriori sur la conscience de Herzl. Comme cela est écrit plus haut, il est couramment admis que l’affaire Dreyfus a été un « coup de tonnerre » pour Théodore Herzl. Cependant, Claude Klein, dans son ouvrage intitulé Essai sur le sionisme, estime que « la réalité est évidemment bien loin de cette fiction ». Selon ce dernier, la « question juive » et l’antisémitisme

Le 1er Congrès sioniste à Bâle, le sens d’un événement historique

Pour la séance inaugurale du 1er Congrès sioniste à Bâle le 29 aout 1878, Théo a exigé que tout le monde se mette en habit et haut de forme. Quelques minutes avant l’ouverture du Congrès, il doit parlementer fermement avec Nordau , arrivé en veston, pour qu’il retourne se changer : il faut que chacun ressente la solennité de l’heure ; et chacun s’affaire dans les rues de Bâle à s’improviser l’habit le plus solennel possible. A l’heure dite, un rabbin se lève et bénit le Seigneur, le Dieu d’Israël : «  Tu es béni Seigneur, Roi de l’Univers, qui nous a s donné la vie, l’être et la présence en cet instant. »
In Hebräisch: Keren kayemet le-Yisrael [Jüdischer Nationalfonds] und Wenn ich dein vergesse, Jerusalem, so vergesse meine Rechte! (Ps. 137,5) [Das Psalmzitat soll Herzl bei einem der ersten Zionistenkongresse gesagt haben.] – Wert: 5 – Abbildung: Theodor Herzl blickt vom Balkon auf eine Gruppe Menschen, die Richtung Jerusalem ziehen; im Hintergrund die aufgehende Sonne
« Par acclamation, Théo est porté à la présidence et déjà il s’identifie avec sa légende : …. Ce n’était plus l’élégant Dr Herzl de Vienne, mais le rejeton royal de la lignée de David, ressuscité d’entre les morts…Légendaire..Miraculeux…le rêve de deux mille ans devenu réalité… » Ces phrases paraissent dans un journal juif quelques jours après l’événement.
Dans la conclusion de son Essai sur le Sionisme, Claude Klein, écrit:  » Si l’on veut bien se situer en 1896-97, on constate qu’il y a dans l’œuvre d’Herzl une extraordinaire vision prémonitoire. La Shoah transparaît véritablement dans ses lignes. Nul n’a jamais décrit avec autant d’acuité le potentiel explosif de cette force sociale si particulière que constitue l’antisémitisme ». Alors que 40 000 nouveaux immigrants ont fait leur Alyah entre le précédent Jour de l’Indépendance et celui-ci, dont la moitié venant de Russie et d’Ukraine, alors que la hausse constatée de l’antisémitisme ne cesse de s’amplifier, la vue des émeutes , affrontements et attentats en Israël laisse entrevoir que la question d’un État juif, ou pour les Juifs, continue à secouer le monde.

JForum – André Chouraqui

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